Une machine nommée Johnny Hallyday

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Johnny Hallyday au Centre Bell? Deux soirs de suite? Il y a 10 ans, voire 5, personne n'aurait parié là-dessus. Mais le rockeur français était bel et bien là, pour le premier de ses deux concerts à Montréal - une version proche des spectacles qu'il avait donnés aux plaines d'Abraham l'été dernier.

Encore une fois, Johnny avait sorti l'artillerie lourde. Des tonnes de matériel, des lasers, des projections à grand déploiement, 13 musiciens, une chorale, un orchestre, des effectifs dignes des plus grosses tournées rock américaines. On ne voit pas ça souvent chez les chanteurs français.

Sauf que voilà: Johnny n'est pas qu'un chanteur français. C'est un monument. Et son spectacle est à cette image.

Fidèle à ses entrées fracassantes, le rockeur arrive sur scène suspendu dans une grosse boule de métal et lance les hostilités avec Allumer le feu et Je suis né dans la rue, sur un magma de riffs hard rock. On n'entend pas grand-chose, mais ça «déménage», comme ils disent.

Après ce départ canon, le jeu se calme... un peu. Veste de cuir, pantalons de cuir, main gantée (une seule main, précisons), la star enchaîne avec Ma gueule, une chanson qui lui va de mieux en mieux avec le temps qui passe, et Oh Marie, livrée en mode acoustique.

Puis, on tombe dans le grand déploiement. Une chorale fait son entrée pour Deux étrangers, un orchestre symphonique pour Diego, Quelque chose de Tennessee et Poème sur la 7e. Théâtral, Johnny déclame comme Léo Ferré ou chante Diego sous un faisceau de lumière rouge. Dramatique. Intense. S'il a été hospitalisé pour une bronchite cet été, ça ne paraît plus. Le monsieur a toujours de la voix.

Parlant de voix, on a eu droit à deux duos, avec Marie-Mai (Rock'n'roll attitude, quelconque) et surtout à l'excellente choriste Amy Keys avec qui Johnny chantera I Who Have Nothing de Tom Jones, sous les applaudissements nourris du public.

Enfin, c'est l'incontournable séquence unpplugged, aux odeurs de yéyé et de Golf Drouot. Entouré de sa garde rapprochée, Johnny chante L'Idole des jeunes et quelques rock'n'rolls nostalgiques (Joue pas de rock'n'roll, I'm Gonna Sit Right Down), question de montrer qu'il n'a pas oublié ses racines.

La soirée se terminera en formation complète avec les incontournables Que je t'aime, Le Pénitencier et Fils de personne.

Plus tonique que prévu, Johnny n'a pas déçu les 10 700 spectateurs qui étaient venus pour le voir.

On pourrait encore s'interroger sur le culte que lui vouent les Français. Pour les Québécois, Johnny a longtemps été vu comme un ersatz de rockeur américain. Mais le fait qu'il soit encore debout, 50 ans après ses débuts, reste impressionnant. Qu'on l'aime ou non, il mérite le respect qu'on doit aux survivants.

En première partie, Daran avait la tâche de chauffer l'ambiance. Rôle ingrat s'il en est, surtout quand le son a été ajusté pour quelqu'un d'autre. Mais le chanteur d'origine française a livré une demi-heure de rock honnête qui a donné le ton à la soirée.

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