Nickelback au Centre Bell : rock et maçonnerie

Nickelback a servi à ses fans ce qu'ils... (Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse)

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Nickelback a servi à ses fans ce qu'ils voulaient entendre, samedi.

Photo: Édouard Plante-Fréchette, La Presse

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Philippe Renaud
La Presse

Nickelback, le plus ridiculisé des groupes rock contemporains, est venu trouver l'approbation de ses fans montréalais samedi soir au Centre Bell dans le cadre de sa tournée Here and Now, titre de son cinquième album paru l'an dernier.

Après un solide et énergique premier tiers, le groupe s'est mis à servir à ses admirateurs une quantité disproportionnée de mauvaises ballades pop-rock que même les effets pyrotechniques et les abondants jeux de lumière n'ont pu réchapper.

Les fans en ont tout de même eu pour leur argent samedi. Snobé par les festivals internationaux d'envergure, c'est comme si le groupe canadien avait voulu se faire son propre minifestival post-grunge en enrôlant les My Darkest Days, Seether et Bush dans sa tournée. Une généreuse affiche réunissant des frères de son, certes, mais pas de ton: si ces invités remâchent aussi des influences périmées, ils le font avec une dose de sérieux étrangère à Nickelback, plutôt porté sur le gros fun gras, la bière et le cul.

Succès public, opprobre critique

Soyons magnanimes: Nickelback a efficacement martelé ses refrains rock This Means War, Something in Your Mouth et Never Again, laissant croire un instant qu'on en avait beurré un peu trop épais sur sa médiocrité ces dernières années.

Mais en enfilant les semi-ballades pop-rock Photograph, Far Away, puis le rock pataud de Bottoms Up (au moment où une seconde scène mouvante emportait les musiciens dans les airs jusqu'au fond du parterre), en insistant à chaque chanson pour que la foule chante avec lui, le groupe a abandonné toute velléité rock virile au profit d'une générique mélasse pop FM brassée sans finesse par Kroeger et sa rutilante collection de guitares Paul Reed Smith.

L'atroce When We Stand Together, suivie d'un embarrassant solo de batterie de Daniel Adair, servis en fin de parcours, avant que le groupe lance des t-shirts et des gobelets de bières dans la foule, étaient si abyssalement navrants que seul James Cameron en sous-marin pourrait en ramener des images.

Et comme le cinéaste au fond des eaux, on se sent bien seul dans un concert de Nickelback. Surtout entouré de plus 15 500 fans unanimement satisfaits de leur soirée. C'est une salle comble pour un groupe qu'on dit en déclin, et une leçon d'humilité pour l'auteur de ces lignes.

«Laissez-les me jeter la pierre, aurait dit Alexandre Dumas. Les tas de pierres, c'est le commencement du piédestal.» Dans un concert de Nickelback, nous ne sommes pas critiques, mais maçons.




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