Une Marie Mai plus racée

La star québécoise sait plus que jamais où elle... (PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPECIALE)

Agrandir

La star québécoise sait plus que jamais où elle s'en va.

PHOTO CATHERINE LEFEBVRE, COLLABORATION SPECIALE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Marie Mai donnait vendredi soir la deuxième représentation de sa résidence au Théâtre St-Denis jusqu'en janvier. Un spectacle racé, mature et parfaitement à la page pop, où la chanteuse met en valeur un spectre élargi de son grand potentiel.

On voudrait voir Marie Mai prendre encore davantage de risques, mais la star québécoise sait plus que jamais où elle s'en va. Que ce soit dans ses tenues de scène, en dansant ou en rockant, elle donne sur scène tout ce dont elle est capable sans s'aliéner son public (toujours jeune) qui s'attend à tant de choses de sa part et lui voue une telle admiration.

Dans un décor exotique et arabisant, Marie Mai a commencé le spectacle avec sa nouvelle chanson au titre de circonstance, Je reviens. Des images du clip défilaient sur l'écran géant derrière elle.

Je reviens, chante-t-elle?

Si Marie Mai est partie six mois aux États-Unis, elle n'a pas vraiment quitté l'écran radar médiatique (notamment parce que le blogueur Perez Hilton a louangé son talent). De toute façon, cette bête de scène en serait sans doute incapable.

Après Je reviens, Marie Mai a enchaîné avec C.O.B.R.A. Ses danseuses ont gravi des échafauds et grillages industriels qui nous replongeaient tout droit dans un clip des années 90. Elles et Marie Mai avaient l'air dans un block party, suivant une esthétique qui colle parfaitement à la mode du moment. Surtout quand Marie Mai s'est mise à rapper sur Ne m'écoute pas, son duo avec Boogat.

Ensuite, Marie Mai a transformé en hymne R & B nocturne son tube Emmène-moi

Si on a déjà pu leur reprocher, elle et son mari Fred St-Gelais, de surfer en retard sur les vagues musicales, le spectacle de vendredi était parfaitement à la page pop.

Notamment grâce à la nouvelle instrumentation de ses tubes et aux projections de la boîte montréalaise 4U2C (anciennement Géodézik) qui a déjà travaillé avec les Katy Perry, Pink, Justin Timberlake, Rihanna, Taylor Swift et The Black Keys.

Dans une case à part

Sublime et mince comme un fil dans une robe blanche dorée, Marie Mai a chanté Mentir aux côtés de son mari et grand complice musical Fred St-Gelais.

« Ce spectacle part avec l'idée toute simple de remonter sur scène », a dit Marie Mai à la salle.

Un lien très fort unit Marie Mai à ses fidèles (un spectateur avait fait pour la deuxième fois le voyage du Brésil pour la voir en chair et en os). De son côté, la chanteuse est portée par un profond amour de la scène et l'idée de défoncer des portes.

Vendredi, la chanteuse a pensé à elle et non à ses jeunes fans en reprenant en ballade pop Smells Like Teen Spirit de Nirvana sous un voile noir doré transparent. Elle a aussi offert au public en medley Leon On de Major Lazor et Mø, Sorry de Justin Bieber, puis Sans cri ni haine, sa réinterprétation en français d'une chanson originale de Robyn.

Marie Mai a aussi repris dans un segment acoustique Blank Space de Taylor Swift. 

Rien à redire sur l'interprétation et sur le plaisir d'écouter ses reprises, mais derrière ses choix hétérogènes, on dirait que Marie Mai veut montrer qui elle est et ce dont elle est capable. Ce n'est pas nécessaire, car c'est déjà fait.

Marie Mai a dit en entrevue vouloir éviter de mener sa carrière sur le pilote automatique. Est-elle déchirée entre ses aspirations artistiques et les attentes de son fidèle public québécois qui lui a permis de se rendre là où elle est ?

Marie Mai peut se permettre de nourrir de grandes ambitions et de développer de nouvelles facettes musicales. De toute façon, son public suivra. Elle est la seule chanteuse francophone québécoise hormis Céline Dion à pouvoir remplir le Centre Bell plusieurs soirs de suite, elle est l'une des rares à pouvoir s'offrir sans risque une résidence de quelque 20 spectacles créés sur mesure pour le Théâtre St-Denis.

Il était par ailleurs bon de revoir la chanteuse dans un cadre plus intime avec ses fidèles compagnons: Fred St-Gelais et Guillaume Doiron aux guitares, Robert Langlois à la basse, Guillaume Marchand aux claviers et Maxime Lalanne à la batterie. Surtout avec une scénographie digne du Centre Bell avec des danseuses enflammées.

C'est connu: Marie Mai voulait des enfants, or tout ne s'est déroulé pas aussi facilement qu'elle l'avait souhaité. L'an dernier, la chanteuse et son mari Fred St-Gelais sont partis sur la route, aux États-Unis, pour se ressourcer et composer sur la route avec une bonne vieille guitare acoustique. Ils ont noué des contacts et ils espèrent que cela portera ses fruits sans compter là-dessus.

Des représentants internationaux feront-ils le voyage jusqu'à Montréal pour voir Marie Mai?

L'entourage de la chanteuse a dû y penser avant nous.

Or, le spectacle que l'on a vu vendredi au Théâtre St-Denis a tout pour convaincre des représentants de l'industrie de miser gros sur Marie Mai.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer