Sam Smith: propre, propre, propre

Sam Smith au Centre Bell, lundi soir.... (Photo André Pichette, La Presse)

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Sam Smith au Centre Bell, lundi soir.

Photo André Pichette, La Presse

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Une bonne heure avant le début du concert mettant en vedette Sam Smith, hier soir, des milliers de jeunes femmes inoculées contre le froid faisaient sagement la queue sur l'avenue des Canadiens et sur Peel en direction de Saint-Jacques. Les chanceuses qui étaient déjà aux abords du Centre Bell chantaient avec Sam Smith son tube Stay With Me diffusé par une radio locale.

La soirée s'annonçait chaude.

Quand, un peu avant 21 h, ces fans inconditionnelles ont aperçu leur Sam Smith juché sur une plateforme surélevée derrière un grand rideau transparent, le Centre Bell a été balayé par une vague de cris assourdissants émis par 12 601 voix. Il était enfin là, le jeune héros romantique à la voix d'exception, tiré à quatre épingles comme le crooner qu'il est encore plus sur scène que sur disque. Celui-là même qui, il y a moins d'un an, devait chanter au Belmont et qui depuis a fait fureur sur les deux rives de l'Atlantique. Un jeune homme poli qui en a profité pour remercier ses fans montréalais pour ses six nominations au gala des prix Grammy, pourtant décernés au sud de la frontière.

Sur scène, Sam Smith se raconte entre deux chansons. Si celles de son unique album In the Lonely Hour donnent l'impression d'avoir été pondues par une âme triste, il affirme au contraire qu'il est un homme heureux, surtout depuis qu'il s'est installé à Londres, qu'il s'est mis à boire et à embrasser plein de monde. Et surtout à écrire des chansons plus personnelles que la « merde » qu'il composait jadis et qui, dit-il, était un genre de croisement raté de Dolly Parton et Lady Gaga. Bref, depuis que la musique est devenue pour lui une thérapie.

Le chanteur de 22 ans donne un spectacle très classe, entouré de cinq musiciens, dont un violoncelliste, et trois choristes-danseurs aussi impeccablement vêtus que lui. On s'étonne tout de même de voir cet Anglais pure laine s'immerger dans une musique soul-R'n'B qu'on croirait faite aux États-Unis. Il poussera même l'audace jusqu'à reprendre le standard My Funny Valentine qui en dit un peu plus sur l'étendue de ses ambitions.

Tous les succès de son album y sont passés, avec tout le groupe ou seulement son pianiste, de la ballade I've Told You Now aux plus entraînantes Like I Can et Money On My Mind à laquelle il a greffé une phrase de Finally de CeCe Peniston. Il a également repris à sa façon les chansons qui l'ont révélé, La La La de Naughty Boy et Latch de Disclosure. En gardant pour la toute fin Stay With Me qui, reprise par le Centre Bell au grand complet, avait des allures d'hymne. Le point final d'un concert propre, propre, propre dont Sam Smith a dit qu'il s'agissait d'un des plus mémorables de sa carrière.

GEORGE EZRA

De son compatriote George Ezra, le public de Sam Smith ne connaissait que la chanson Budapest, qui a fait le tour du monde et a propulsé le chanteur de 21 ans parmi les grandes vedettes de 2014 au Royaume-Uni dans la foulée de Smith, justement, et d'Ed Sheeran. Et pour cause, son premier album ne sera disponible chez nous que dans une semaine.

Budapest a été accueillie par des cris stridents, et la chorale des spectatrices s'est manifestée pour pousser des « you-ou » avec Ezra. Juste avant, les téléphones se sont mis à danser du parterre au plafond du Centre Bell au rythme de la ballade Barcelona.

Mais ce public d'un soir a dû être un peu décoiffé quand le jeune artiste à la voix puissante s'est finalement lancé dans le rock plus lourd de Did You Hear the Rain? avec l'appui de ses trois musiciens. Le temps d'une chanson, les fans de Sam Smith ont découvert que George Ezra n'était pas fait du même moule que leur idole.

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