Half Moon Run au National: le feu sacré

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Vendredi soir au National, il y avait l'effervescence d'un spectacle archicomplet d'un groupe chéri de Montréal qui se produit officiellement à la maison après une année de succès à l'étranger. Mais, dès les premières notes, toutes ces considérations étaient bien secondaires tellement Half Moon Run a livré un spectacle vibrant, senti et enveloppant où tout ce qui comptait était le moment présent.

Le trio montréalais d'adoption a le mérite d'avoir offert l'un des meilleurs disques de 2012 avec son premier album, Dark Eyes. Mais c'est en concert que la musique et les talents combinés de Connor Molander, Devon Portielje et Dylan Phillips prennent tout leur sens. Et pour une jeune formation musicale en 2012, c'est une vertu.

Les musiciens ont une réputation de perfectionnistes qui pratiquent leur folk-rock électro-acoustique sans relâche même s'ils ont multiplié les spectacles (notamment en première partie de Metric) et les showcases depuis un an. Les membres d'Half Moon Run pourraient en être las. Aucunement: sur scène, leur justesse sonore frisant la perfection vient avec une flamme et un plaisir incandescents. «C'est le meilleur show de nos vies», a lancé le batteur-claviériste Dylan Philips vendredi soir. Et à voir son sourire, on le croyait.

Plaisir visuel et auditif

Fort d'un quatrième membre pour le spectacle, Half Moon Run a fait planer la foule avec la chanson Nerve, l'a bercée avec Need It et l'a fait galoper avec She Wants to Know. Les percussions de Call Me in the Afternoon, les guitares acoustiques de No More Losing the War, les effets électroniques combinés à l'instrumentation organique... Le son n'aurait pu être plus tight, ni les harmonies vocales à trois et la voix du chanteur Devon Portielje.

Sur certaines pièces, un quatuor à cordes apparaissait derrière un voile sur une scène surélevée à l'arrière-plan. Avec des dessins créant des ombres, c'était de toute beauté, à la fois pour les yeux et les oreilles.

Half Moon Run a joué une nouvelle chanson fort prometteuse, une vieille composition à la Neil Young, en plus de servir une finale blues explosive (quel solo de guitare de Connor Molander!) avant de déclarer que le spectacle était terminé, car «nous avons joué toutes les chansons qu'on connaît».

Quand le groupe a interprété son premier extrait, Full Circle, la foule avait un regard aussi rempli de bonheur et de fierté que Molander, Portielje et Phillips. C'est avec cette chanson que tout le buzz a commencé il y a plus d'un an sans jamais s'estomper, de M pour Montréal au Festival South by Southwest (SXSW), au Texas. Alors que les Inrocks se sont dits convaincus que «le groupe peut prétendre aux immensités», le magazine NME a parlé des «Buzz Kings» de Montréal.

Il sera emballant de suivre Half Moon Run au cours des prochains mois et des prochaines années. Les gars sont des virtuoses du rock, ils pratiquent et travaillent fort, leur interprétation est vibrante en spectacle, mais ils ont surtout le feu sacré.

Cela donne un spectacle brûlant de justesse et d'intensité, comme il y en a trop rarement aujourd'hui.

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