La tornade Lydia Képinski ****

Premier juin, de Lydia Képinski... (Image fournie par Chivi Chivi)

Agrandir

Premier juin, de Lydia Képinski

Image fournie par Chivi Chivi

La PresseJosée Lapointe 4/5

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Josée Lapointe

Lydia Képinski en a gagné, des concours, depuis deux ans. Mais après un EP déjà prometteur, elle fait la preuve, dans ce premier disque, qu'elle n'est pas qu'un feu de paille et que le talent est à la hauteur de ce qui était annoncé.

Avec Premier juin - pièce-titre qui est aussi la date de son anniversaire -, qui comporte huit chansons aussi fortes les unes que les autres, l'auteure-compositrice-interprète de 24 ans s'affirme déjà comme bien plus qu'une révélation.

Lydia Képinski, c'est une voix qui écorche autant qu'elle berce, des arrangements riches et brillants signés Blaise Borboën-Léonard - qu'on retrouve aussi aux cordes, synthétiseurs, percussions et échantillonnage -, des références multiples qui vont de la chanson française au new wave, de la pop au rock progressif. Le tout digéré et rendu de manière totalement contemporaine, mais surtout personnelle, ce qui fait qu'elle ne ressemble à personne d'autre.

On dira que c'est du Lydia Képinski comme on a dit que c'est du Marie-Jo Thério ou du Joni Mitchell: une manière unique, un style en soi, un univers hyper cohérent et défini.

C'est déjà beaucoup, mais, en plus, Lydia Képinski fait preuve d'une maîtrise totale de la langue chansonnière. Elle joue brillamment avec les mots, les ellipses et les images, sur des grands thèmes existentiels et pas toujours joyeux. «Ma peau de gemme a mal, cicatrice où germe l'opale, ma chevelure ambre sombre, dans la nuit jais qui jette son voile», écrit-elle dans Pie-IX, dernière chanson du disque, pièce douloureuse sur la dépression et le suicide qui traverse le coeur.

Qu'elle parle de la mort (Les routes indolores), de l'amitié (Maïa), de l'amour (360 degrés), de la folie (Belmont, une référence directe au Parc Belmont de Diane Dufresne, ou Les balançoires, dans laquelle on trouve un extrait d'un poème de Mallarmé, «Jamais un coup de dés n'abolira le hasard») ou des paradis artificiels (Sur la mélamine), Képinski est toujours juste, toujours intensément intense.

Le résultat est un disque qui ne fait rien à moitié, foisonnant, épique, halluciné et incandescent. On peut être rebuté par un tel abandon, il faut au contraire se laisser happer par l'énergie de cette chanteuse intelligente, douée et sincère, dont on n'a pas fini d'entendre la voix particulière. Du moins, on l'espère.

* * * *

Chanson. Premier juin. Lydia Képinski. Chivi Chivi.




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer