Les Nations unies de Lara Fabian

Lara Fabian, qui est coach au concours télévisé La voix... (Photo Martin Chamberland, Archives La Presse)

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Lara Fabian, qui est coach au concours télévisé La voix cette saison-ci, était en concert à New York la semaine dernière.

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(NEW YORK) Sans la moindre promotion médiatique, Lara Fabian a fait salle comble au Beacon Theatre de New York au début de la semaine dernière. La Presse a eu accès aux coulisses du légendaire théâtre de l'Upper West Side, où la plus québécoise des chanteuses belges a amorcé sa nouvelle tournée mondiale

17 h: Test de son

Lara Fabian fait son entrée sur la scène du Beacon Theatre. De la console, installée au centre du parterre de la magnifique salle Art déco, un technicien crie des instructions aux musiciens... en suédois. Rendue célèbre auprès du public québécois grâce à ses ballades en français, Lara Fabian s'est tournée vers la Mecque de la musique pop - la Suède - pour recruter son nouveau producteur musical. Et ça s'entend.

Les premières notes de la répétition générale révèlent un son électro-pop plus actuel - celui de son quatrième opus en anglais, Camouflage, sorti en octobre dernier. Pas de guitares sur scène, mais plutôt trois claviers, une batterie et des percussions.

«Je dis toujours en rigolant: "On ne met plus de pantalons à pattes d'éléphant, donc on ne devrait plus faire de la musique des années 70 ou des années 90"», expliquera plus tard en entrevue la femme de 48 ans.

«J'appartiens à une catégorie de chanteurs qui sont issus des années 90 avec un style spécifique: les chansons à large spectre, les notes impressionnantes. Ce n'est plus vraiment ça aujourd'hui. On peut encore aller coller deux, trois contre-sol sur un album dans son ensemble, mais ce n'est plus obligatoire d'être dans la démonstration, le "showcase". C'est le fun d'évoluer avec notre époque.»

Alors que le test de son tire à sa fin, les techniciens expérimentent avec une machine à fumée. Lara Fabian craint d'abîmer sa voix. Après un long débat, la chanteuse tranche: «Pas de fumée, les gens iront voir Beyoncé pour ça!»

L'équipe de Lara Fabian procède au test de... (Photo fournie par l’équipe de l’artiste) - image 2.0

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L'équipe de Lara Fabian procède au test de son quelques heures avant le début du spectacle au Beacon Theatre.

Photo fournie par l’équipe de l’artiste

18 h: Réunion des musiciens

Avec ses tuyaux exposés, le sous-sol du Beacon Theatre ne ressemble en rien à l'opulente salle de spectacle dorée située un étage plus haut. Avant la représentation, les musiciens - tous d'origine suédoise - y cassent la croûte en parlant des derniers réglages. De son propre aveu, le chef du groupe, Andreas Unge, n'avait jamais entendu parler de Lara Fabian avant d'être recruté pour collaborer avec elle. Il a immédiatement été impressionné par ses capacités vocales.

«Aujourd'hui, 95 % des artistes pop qui donnent un spectacle chantent accompagnés d'une bande vocale préenregistrée. C'est très, très rare d'entendre quelqu'un être capable de tout chanter live», souligne-t-il.

Le choriste Nils Tull fait le même constat. «J'ai été renversé lorsque je l'ai entendue pour la première fois en répétition. On était justement en train de se dire: "Quelle chance on a d'être ici. Combien y a-t-il de voix comme celle-là sur la planète?"»

20 h 15: Début du spectacle

«Good evening, bonsoir, boa noitedobrý večerbuona serabuenas tardes

Lara Fabian arrive sur scène en saluant le public dans plusieurs langues. Le théâtre de 2600 places est plein. Il y a des spectateurs de plusieurs nationalités dans la salle: «Les Nations unies», résume la chanteuse au sujet de son public.

Des Français, des Québécois, des Suisses, des Brésiliens, des Américains, des Ukrainiens, mais surtout - et peut-être même en majorité - des Russes, dont la diaspora est importante dans la Grosse Pomme.

La chanteuse est très populaire dans le Kremlin depuis le lancement, en 2010, de l'album Mademoiselle Zhivago, coécrit avec une star russe, Igor Krutoy.

Aux États-Unis, la chanteuse a conquis de nombreux fans au sein de la communauté LGBTQ depuis la sortie de son tube I Will Love Again, qui a atteint la première position du palmarès dance de Billboard il y a 18 ans.

Le Beacon Theatre était bondé pour le passage... (Photo fournie par l’équipe de l’artiste) - image 3.0

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Le Beacon Theatre était bondé pour le passage de Lara Fabian à New York lundi dernier.

Photo fournie par l’équipe de l’artiste

«Ça fait 15 ans que je fais des concerts comme ça qui n'ont pas nécessairement fait l'objet de gros marketing et c'est plein. Je crois qu'il y a un lien qui va au-delà d'un hit», observe-t-elle après la représentation.

Lara Fabian lance son spectacle en présentant ses nouvelles chansons. «L'anglais, je sais que ce n'est pas toujours très bien vu, mais ça reste un passeport qui permet de communiquer avec beaucoup de nationalités différentes», dit celle qui se produira au Québec à l'automne.

Ses plus grands succès en français lui vaudront tout de même des ovations - la plus grande surviendra après la fameuse chanson Je t'aime.

22 h 30: Rencontre avec les fans

Devant la porte de la minuscule loge du cinquième étage du théâtre, les spectateurs ayant des billets «VIP» font la file.

Rimma Krutashinskaia, qui vit en Sibérie, a fait neuf heures de train, puis neuf heures de vol pour rencontrer son idole. «My dream, my dream to so see you», lui dira la jeune femme dans un anglais cassé, les larmes aux yeux.

Julie Durocher, de Montréal, a apporté des fleurs et une carte à la chanteuse. «Je la suis depuis ses débuts, j'avais envie de la voir parce qu'elle m'a accompagnée tout au long de ma vie.»

Pendant ce temps, à l'extérieur du théâtre, une poignée d'admirateurs s'époumonent en chantant «je t'aaaaaaiiiiiiimmmmeeeeee» si fort que Lara Fabian les entend de sa loge.

Cet élan d'amour touche la chanteuse, qui a réemménagé à Montréal en octobre dernier et qui est coach au concours télévisé La voix cette saison-ci.

«Je suis toujours stupéfaite, je les regarde, je me dis: "C'est incroyable." J'ai beaucoup de gratitude parce que c'est la pérennité de ma carrière. C'est ce qui fait que depuis 30 ans, j'existe.»




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