Gregory Charles: pour ou contre

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Un invité de La Presse prend position sur des sujets qui marquent son actualité. Cette semaine: Gregory Charles.

Gregory Charles chantait dimanche soir dernier au Centre Bell avec son complice Marc Hervieux, 3000 choristes et des invités-surprises pour Noël en noir & blanc, spectacle inspiré de son album du même nom. Il sera à Québec en décembre pour y présenter son nouveau spectacle, Gregory Charles LIVE, et reviendra à la barre des émissions Crescendo pendant les Fêtes et Virtuose en janvier 2018 sur les ondes d'ICI Radio-Canada Télé.

Les puristes en musique classique 

(Gregory Charles est directeur artistique du Festival de Lanaudière et propriétaire de Radio-classique)

Contre

«C'est très difficile pour moi de faire des exclusions dans la musique, de manière générale, dans la vie. Je suis zéro puriste. La musique, c'est comme l'Évangile : ce n'est pas une affaire que tu essayes de vendre en petites pièces. C'est toutes les façons de rejoindre les gens par l'émotion que provoque la musique qui sont bonnes. Ça ne se défend pas, d'être puriste en musique classique, car il y a au moins la moitié qui est basée sur de la musique "pop". Liszt, Brahms, Mozart, Mahler se sont tous servis d'airs folkloriques ou populaires pour les insérer dans des oeuvres symphoniques. Tous les genres de musique qui jouent sur l'exclusion sont d'ailleurs extrêmement fragiles.»

Le Conservatoire de musique

(Gregory Charles a lancé cet automne l'Académie Gregory, programme d'initiation et d'enseignement de la musique en ligne)

Pour

« Il y a cinq ans, la question de la poursuite du financement des conservatoires a été posée. J'ai refusé de m'exprimer à ce sujet et à la place, j'ai fait l'émission Virtuose, où on retrouvait des jeunes de toutes origines qui avaient accès à l'enseignement musical à faible coût. Puis Crescendo a été ma réponse aux coupes des programmes musicaux dans les écoles. Je comprends qu'il n'y a pas d'argent, mais je suis très préoccupé par l'éducation musicale. J'ai choisi de lancer mon académie pour des raisons personnelles. Ma mère m'a montré le piano d'une autre manière, en écoutant au lieu de lire les partitions. Je me suis dit que sa méthode ne devait pas partir avec elle. »

Les disques de Noël

Pour

«Il y a cinq ans, j'aurais dit contre. Ça n'a pas rapport avec le fait que j'en ai un à vendre cette année, mais avec le fait que c'est un des derniers vecteurs du temps des Fêtes. Le bout religieux s'est pas mal dissipé, tout comme le côté plus commercial. On quitte aussi le pays plus que jamais pendant les Fêtes. S'il y a une année où on a besoin d'un peu de réjouissances, c'est bien 2017, année des ouragans, des tueries, de Trump et des scandales à la Weinstein.»

Les quotas en radio

Pour

«Mais pas de la manière dont ça fonctionne aujourd'hui. Avec ma station Radio-Classique, je suis très au-dessus de mes obligations. Mais la radio est un vecteur compliqué, car il y a un fractionnement générationnel très clair dans l'écoute. Il y a la question des quotas, mais aussi celle de la gestion de l'offre musicale dans la radio. On a choisi de dire aux gens qu'ils n'entendraient pas deux fois la même chanson dans une année. Mais pour que les gens adoptent une toune, ils doivent l'entendre 75 fois dans un marché. La dernière chanson francophone à avoir atteint ce chiffre est On va s'aimer encore, il y a sept ans. Il faut arrêter de se battre avec les quotas. Je prendrais le risque de faire des semaines francophones dans toutes les radios! Je ne pense pas que les gens arrêteraient d'écouter. Cette année, je me suis imposé un quota à moi-même sur Crescendo. On s'est aperçus qu'à part Alex Nevsky, les jeunes au secondaire connaissent très peu la musique en français. Mais on a quand même décidé de faire un contenu 100 % francophone.»

Un retour de Gregory Charles à New York

Pour

«Ça va se faire en 2018, mais sans les théâtres mobiles. J'ai frappé un mur avec ça, il y a deux ans. Dans la vie, je crée du contenu et je me suis aventuré dans un domaine dans lequel j'aurais pu continuer, mais où 98 % de mon temps et de mes ressources auraient été consacrés à faire de la gestion. Je vais avoir 50 ans, et je vais essayer encore l'aventure new-yorkaise, mais en salle, dans une formule beaucoup plus simple. Ce n'est pas parce que je suis entêté. Mais quand tu veux réussir quelque chose, tu dois essayer jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de souffle. L'échec fait partie du succès!»




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