Décès de Gord Downie: Kingston pleure un géant

Bryan Paterson, maire de Kingston, inscrit un message... (PHOTO LARS HAGBERG, LA PRESSE CANADIENNE)

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Bryan Paterson, maire de Kingston, inscrit un message à la mémoire de Gord Downie en plein centre-ville.

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Sylvie St-Jacques

Collaboration spéciale

La Presse

(KINGSTON) Pour l'artiste, poète et militant Gord Downie, emporté mardi soir par un cancer du cerveau, tout a commencé à Kingston, en Ontario, où il a vu le jour et cofondé The Tragically Hip pendant ses années d'études en cinéma à l'Université Queen's. Et c'est à Kingston qu'il a fait ses adieux à la scène, le 20 août 2016, lors d'un concert intime au K-Rock Centre qui a été diffusé partout au Canada.

Le souvenir de Gord Downie a plané toute la journée sur Market Square, au coeur de Kingston, alors que des haut-parleurs diffusaient en boucle New Orleans Is Sinking, Courage, Ahead by a Century, 38 Years Old et tous ces classiques du rock canadien. Une lumière dorée illuminait le lac Ontario, éternelle source d'inspiration pour l'artiste canadien, qui s'est beaucoup consacré, dans les dernières années, à la réconciliation avec les peuples autochtones.

Parmi les endeuillés venus signer le livre commémoratif, il y avait Liz Johnson et Rito Dolovera. Le couple de Kingston avait assisté au tout premier concert que The Tragically Hip avait donné au K-Rock Centre. «Ces chansons évoquent tellement le Canada. Elles nous font toujours penser à la nature, au camping», témoigne Liz Johnson.

«Downie était] un grand musicien, un Canadien mémorable et quelqu'un qui a fait beaucoup pour les Premières Nations».

«La musique de Downie et de The Tragically Hip a su toucher l'esprit et le coeur», a confié à La Presse Robert Morrison, professeur de littérature anglaise à Queen's, qui a publié hier un texte sur l'oeuvre de Downie, à travers les paroles de ses chansons. Robert Morrison raconte avoir été ébahi par la brillance de cette oeuvre quand ses étudiants lui ont fait entendre du Tragically Hip pour la première fois.

«La bonne poésie est explosive. Elle nous invite à réexaminer nos croyances et, en quelque sorte, nous incite à recommencer avec un point de vue différent et plus vaste», a écrit dans le magazine universitaire The Conversation ce professeur de Kingston, dont les enfants ont fréquenté la même école que ceux des membres de Tragically Hip.

Aimé de tous

Lors du concert d'adieu de The Tragically Hip, Robert Morrison a rejoint ses concitoyens sur la grande place de Market Square, pour la transmission sur grand écran. «Il y avait des fans de 60 ans, à côté d'ados de 15 ans et d'autres de 35. Tout près de moi, il y avait un homme de 75 ans qui a chanté chacune des paroles pendant les trois heures qu'a duré le spectacle.»

«On se sent si proches de Gord Downie ici, à Kingston. Il y a tant de gens qui l'ont connu, l'ont aimé, tellement d'histoires associées à sa vie», évoque Melissa Jyori, qui est partie de la Colombie-Britannique avec son conjoint et son jeune fils pour suivre The Tragically Hip lors de sa dernière tournée. La famille a décidé de s'établir à Kingston, après le concert d'adieu. «Gord Downie a toujours fait partie de ma vie. C'est mon père qui me l'a fait découvrir, alors que nous partions en expédition en forêt. Sa voix, sa poésie, ses paroles me captivent.»

Un deuil triste, mais plein de soleil, pour ne pas oublier celui qui chantait que la vie n'est pas une répétition générale...




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