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Nick Cave au Métropolis: création d'un grand maître de la scène

Nick Cave sur scène au Métropolis, lundi soir.... (PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE)

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Nick Cave sur scène au Métropolis, lundi soir.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, LA PRESSE

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En cours d'enregistrement de l'album Skeleton Tree, Nick Cave avait choisi de surmonter la perte de son fils Arthur, d'en transformer le ressenti en art magistral. Après la tragédie, la douleur insoutenable, puis l'acceptation, le deuil, la catharsis, la création.

Nous avions d'ores et déjà eu droit à  cet album d'exception, suivi du brillant documentaire One More Time With Feeling, tourné autour de sa création et de son effroyable contexte. Ne manquait que l'incarnation sur scène, soit ce lundi 29 mai au Métropolis.

Il était 20:02, des fréquences de l'au-delà ont envahi l'amphithéâtre. D'évocation sacrée, des chants choraux et des chuchotements s'y sont amalgamés. Impeccablement vêtu, chemise et complet très classe, le chanteur australien s'est alors présenté devant la foule pour lui balancer Anthrocene.

«The dark force that shifts at the edge of the tree / It's alright, it's alright...»

Nous étions ensuite traversés par les drones du purgatoire, éclairages blancs et bleus parfaitement assortis à la viscérale Jesus Alone. «With my voice I am calling you», implorait le chanteur, comme s'il s'agissait d'un rite funéraire.

Un piano et des basses abyssales dressaient la table de Magneto. Nick Cave avait la pleine maîtrise de la situation, prêt à nous faire vivre cet étrange road trip vers Genève, fameux Higgs Boson Blues, soutenu par les guitares et les hurlements canins de ses éminents Bad Seeds sous la direction de Warren Ellis. 

La machine à remonter le temps s'est mise en marche jusqu'à l'époque de la germination des Mauvaises Semences : From Her To Eternity, assortie d'une violente irruption de transe bruitiste.

Survolté, enragé contre la mort et sa destinée, Nick Cave entonnait Tupelo, tiré comme par hasard de l'opus The Firstborn is Dead, ouragan tropical projeté en toile de fond. Provisoirement, il calmait le jeu en empruntant la Jubilee Street, avant de remettre la pédale au fond.

S'ensuivait la ballade country celtique The Ship Song, tirée de l'album The Good Son, comme de raison.

Le chanteur confiera à ses fans avoir dégusté un «bagel on the Plateau». Étant à Montréal, il dit s'être rappelé de l'influence massive de notre Leonard Cohen, sur lui et tant de ses collègues. Et il se mit au piano... «I don't  believe in an interventionist God...» Agnostique et pacifiante Into My Arms...

L'artiste s'est ensuite ouvert à sa propre tristesse, assumée jusqu'au bout des ongles dans la chanson Girl In Amber. «...if you wanna bleed, just bleed...». Est-il besoin d'ajouter qu'on s'est imaginé des sanglots lorsqu'il a chanté I Need You?

Évidemment, le chanteur n'avait pas le projet de couler dans le larmoiement, enchaînant avec un blues rock pesant et tonique, pigé dans une de ses périodes antérieures, le tout entrecoupé de puissants électrochocs : Red Right Hand. The Mercy Seat fut servi dans le même esprit devant une foule chauffée à bloc.

Ballade éminemment céleste de l'album Skeleton Tree dont il a chanté la pièce titre avant les rappels, Distant Sky fut l'occasion symbolique de faire la paix avec le destin, l'occasion d'un duo virtuel avec Else Torp.

Réclamé sur scène, le maître a servi Rings of Saturn malgré un faux départ. Voilà une chanson de grand amour, de grande admiration de l'être aimé. Nous étions prêts pour cette superbe power ballade des sirènes : Mermaids, conclue par un solo de guitare sauvage, signé Warren Ellis.

Dans ce relent de testostérone, Nick Cave nous mitraillait une de ses plus incendiaires Murder Ballads, soit son adaptation de Stagger Lee - chanson traditionnelle américaine inspirée d'un crime légendaire.

En fin de parcours, il fallait apaiser ce Métropolis rempli à pleine capacité, brassé par tant d'émotions. «You've got to just / Keep on pushing / Keep on pushing /Push the the sky away....»

LISTE DES CHANSONS AU PROGRAMME DU 29 MAI

Anthrocene (Skeleton Tree)

Jesus Alone (Skeleton Tree)

Magneto (Skeleton Tree)

Higgs Boson Blues (Push the Sky Away)

From Her To Eternity (From Her To Eternity)

Tupelo (The Firstborn Is Dead)

Jubilee Street (Push the Sky Away)

The Ship Song (The Good Son)

Into My Arms (The Boatman's Call)

Girl In Amber (Skeleton Tree)

I Need You (Skeleton Tree)

Red Right Hand (Let Love In)

The Mercy Seat (Live Seeds)

Distant Sky (Skeleton Tree)

Skeleton Tree (Skeleton Tree)

RAPPELS

Rings of Saturn (Skeleton Tree)

Mermaids (Push the Sky Away)

Stagger Lee (Murder Ballads)

Push the Sky Away (Push the Sky Away)




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