Le groupe Air en tournée aux États-Unis

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Le groupe Air, formé de Jean-Benoit Dunckel (à gauche) et Nicolas Godin lors d'un spectacle au Festival de jazz de Montreux en juillet 2016.

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Shaun Tandon
Agence France-Presse
NEW YORK

Pour ses adeptes de plus en plus nombreux, la musique électronique est synonyme de danse. Pas pour Air, le duo qui voit ses chansons douces et sophistiquées comme plus adaptées au rêve, ou au sexe.

Vingt ans après avoir émergé sur la scène électronique underground française, Air débute le mois prochain une rare tournée américaine au moment où leur collaboration touche à sa fin.

Contrairement à Daft Punk, un autre duo français qui s'est imposé comme une force majeure dans la pop et le R&B, Air s'est orienté sur une voie plus ésotérique depuis son premier album de 1998 Moon Safari, avec le succès Sexy Boy.

«D'une certaine manière, nous étions vraiment différents, parce que nous ne faisions pas de la musique pour danser, mais davantage pour rêver et nous étions les seuls à le faire», explique Jean-Benoît Dunckel, l'un des membres de Air.

Et, précise-t-il, les fans lui ont confié avoir fait de Air leur sélection musicale favorite dans la chambre à coucher.

«Beaucoup de gens nous ont dit partout dans le monde, "Vous savez, vous êtes la musique sur laquelle j'invite les filles chez moi"», confie Jean-Benoît Dunckel à l'AFP.

«La musique aide beaucoup quand vous avez un dîner et que vous rentrez chez vous avec une fille. Ca aide vraiment à être chaleureux et avoir confiance en soi», ajoute-t-il.

Le musicien laisse échapper un éclat de rire quand il décrit les fans d'Air: «des artistes et des "nerds"» et «des étudiants et des gens de la classe moyenne qui travaillent dans la science et la recherche».

Aux États-Unis, le public est attiré, dit-il, par le son atmosphérique «européen» et par le travail d'Air sur les films de la réalisatrice Sofia Coppola, dont il a assuré la bande-originale de Virgin Suicides.

Séparation

Air a sorti l'an dernier l'album Twentyears, une collection de leurs plus grands succès des deux dernières décennies.

Cette compilation sera la dernière, confie Jean-Benoît Dunckel qui, à l'instar de son partenaire Nicolas Godin, s'est concentré ces dernières années sur des projets solo.

Le musicien, qui aime explorer les liens entre les claviers et les vidéos, prévoit de sortir un album solo en janvier.

Nicolas Godin a sorti de son côté, en 2015, un album solo qui apporte une interprétation moderne de Bach.

Même s'il dit toujours avoir une alchimie avec Nicolas Godin quand ils présentent «leurs enfants» sur scène, Jean-Benoît Dunckel doute que le duo retournera en studio ensemble.

«Je pense qu'être dans un groupe c'est comme dans un couple. Vous êtes ensemble et vous faites tout ensemble», explique-t-il. «Si vous cassez quelque chose, c'est fini».

«Notre temps de production commune est terminé, probablement. Nous verrons, mais pour l'instant c'est le cas», ajoute-t-il.

Reflet du pouvoir

À l'exception de deux festivals sur la côte Ouest l'année dernière, cette tournée d'Air est la première depuis sept ans aux États-Unis. Elle s'ouvrira le 4 juin avec un concert au festival Governors Ball à New York.

En dépit de ses racines françaises, Air a rencontré ses premiers succès au Royaume-Uni au moment où la pop britannique déclinait.

Le marché de la musique s'est ensuite orienté vers le hip-hop, un genre dont Jean-Benoît Dunckel n'est décidément pas un amateur, si ce n'est des versions mixées avec de la musique électronique.

«Je ne peux pas écouter de hip-hop. Fondamentalement, la musique hip-hop est un rythme et un gars qui parle par-dessus et je n'aime pas parler», soutient-il.

«Et je ne suis pas amateur de violence et d'armes à feu. Peut-être de sexe, mais pas de cette façon», plaisante-t-il à propos des thèmes favoris des rappeurs.

Il attribue l'inclinaison de l'industrie de la musique vers le hip-hop dans les années 2000 à la domination des États-Unis. «La musique est le reflet du pouvoir économique», explique-t-il.

La montée en puissance du streaming offre, selon lui, davantage de visibilité aux artistes qui ne répondent pas aux goûts américains.

«L'internet a détruit l'économie de la musique», juge-t-il. «Mais quelque chose d'autre a émergé après 2010 et je pense que c'est vraiment intéressant».




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