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50e du Patriote de Sainte-Agathe: en 1967, tout était beau?

Robert Charlebois, Michel Rivard et plusieurs autres célébreront... (PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE)

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Robert Charlebois, Michel Rivard et plusieurs autres célébreront sur scène les 50 ans du Patriote de Sainte-Agathe-des-Monts.

PHOTO OLIVIER PONTBRIAND, LA PRESSE

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Gilles Vigneault a inauguré Le Patriote de Sainte-Agathe-des-Monts le 17 juin 1967. Inscrite au répertoire du patrimoine culturel du Québec, cette salle est même considérée comme l'un des berceaux de la chanson québécoise par le ministère de la Culture et des Communications. Ce soir, pour célébrer les 50 ans de l'établissement mythique, Vigneault est de retour avec ses confrères Charlebois, Ferland, Forestier, Rivard et plusieurs autres. Lors d'une répétition à Montréal, quelques artistes ont répondu à notre question inspirée de la chanson Le blues d'la métropole de Beau Dommage: est-ce que c'était plus beau en 1967?

Louise Forestier

«Il y a eu deux Patriote: celui à Montréal et celui à Sainte-Agathe [qui s'appelait d'abord la Salle agathoise]. C'est là que j'ai commencé, à Montréal, grâce à un contrat d'un an où je faisais, entre autres, les premières parties des vedettes. En 1967, tout était à inventer. Les agents d'artistes n'existaient pas, les pianistes accompagnateurs non plus, et il n'y avait pas beaucoup de boîtes à chansons. Alors non, en 1967, ce n'était pas plus beau et plus facile. Après, par exemple, ce fut autre chose! Sauf que ce serait difficile de comparer ça à aujourd'hui. Ce n'est plus du tout le même métier. Pour un artiste, ce sera rare maintenant d'avoir une carrière de 50 ans. Ils font 10 ou 15 ans, parce que ce n'est plus bâti pour que ça arrive, de grandes carrières. En fait, ils doivent réinventer leur métier. C'est normal, c'est le cours des choses, mais ce n'est plus du tout le même métier.»

Robert Charlebois

«Expo 67 nous a ouvert le coeur et l'esprit. Les boîtes à chansons aussi ont changé après l'Expo. Les propriétaires du Patriote, Percival Broomfield et Yves Blais, ont aussi pris le virage et ont offert des trucs plus éclatés, plus ouverts. C'est au Patriote de Montréal que Louise et moi avons chanté pour la première fois Lindberg. La moitié de la salle nous huait et l'autre criait au génie! C'était ça qui était incroyable en 1967, nous avions l'impression de tout inventer. Ensuite, dans les années 70, je pense que les musiciens ont tout fait. Mais depuis les Beatles et The Police, côté pop, me semble que ça tourne un peu en rond, non? En 1967, nous étions peut-être 200 ou 300 musiciens sur la planète. Maintenant, il y en a 200 000 ou 300 000. Et la chanson numéro 1 à New York ressemble beaucoup à la chanson numéro 1 à Paris. Tout se ressemble, dans le milieu de la pop.»

Daniel Boucher

«Je ne l'ai pas vécu, je suis né en 1971. J'aurais aimé ça, par contre, la connaître, cette époque effervescente. Ces artistes qui ont vécu les années 70, ils sont venus au monde avec beaucoup de monde. C'était une population nombreuse, et donc leurs tounes touchaient beaucoup de personnes. Ils ont traversé une super période de la chanson québécoise. Et ils ont contribué à mettre un modèle d'industrie qui a fonctionné pendant 40 ans. Nous, on vit autre chose. Je veux dire, à la base, une bonne toune reste une bonne toune. Mais je parle au niveau business, tout est à refaire. Un des avantages aujourd'hui est qu'il y a plus d'artistes qui font de la musique, puisque nous pouvons enregistrer un disque à faible coût. Nous ne sommes plus à l'époque où les maisons de disque avaient beaucoup de contrôle et t'obligeaient à faire des concessions. Nous sommes plus "patrons" de nos affaires.»

Yann Perreau

«Ce n'était sûrement pas plus beau en 1967, parce que le milieu a évolué pour le mieux. Sauf qu'ils ont vécu la période des possibles, alors que tout était à inventer. Guy Latraverse a inventé le métier de producteur, les artistes ont inventé l'industrie de la musique. C'est fou, quand on y pense ! Maintenant, on peut pousser, mais il n'y a plus rien à inventer. Le chemin a été tracé et tapé. La différence est aussi le nombre d'artistes. En ce moment, 25 disques sortent par semaine. C'est plus démocratique et la technologie permet de créer sans label. Mais avant, c'était le bout de la marde d'être signé par un label! Lorsque tu faisais partie des 5, 10 ou 15 privilégiés, tu en vendais, des disques, et tu avais accès à des trucs complètement fous comme un spectacle au Forum ou au Stade olympique. Maintenant, à part Marie Mai, personne ne peut faire le Centre Bell.»

Michel Rivard

«C'était beau dans les yeux et les oreilles des intéressés! Mais non, ce n'était pas plus beau. Je ne suis pas du tout quelqu'un de nostalgique, il faut dire. Bien sûr, ce fut une année charnière à tout point de vue. Notre connaissance planétaire se décuplait, les moeurs changeaient, l'Expo, les Beatles... nous avons tout eu en même temps! En ce moment, nous vivons une autre révolution. La révolution technologique. Nous sommes en plein dedans! Et toute révolution a son lot d'avantages et d'aléas. Grâce à la technologie, on rejoint tout le monde, on a accès à l'histoire, aux arts ou à une nouvelle chanson en trois secondes. En même temps, il y a la cyberintimidation, l'exploitation, la dépendance à notre téléphone, etc. Mais comme pour tout changement, on va finir par passer à autre chose.»




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