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Les slogans de Black Lives Matter inspirent le compositeur Mikel Rouse

Mikel Rouse... (Photo Angela Weiss, archives Agence France-Presse)

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Mikel Rouse

Photo Angela Weiss, archives Agence France-Presse

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Shaun Tandon
Agence France-Presse
New York

Pour sa dernière création, le compositeur américain Mikel Rouse, un habitué des passages d'un genre à l'autre, du classique à la pop, a trouvé l'inspiration dans un endroit inattendu: une manifestation du mouvement Black Lives Matter.

L'artiste s'est joint à un défilé en chantant «Hands Up! Don't Shoot!» («Mains en l'air! Ne tirez pas!»), l'un des principaux slogans du mouvement dénonçant les violences policières contre les Noirs aux États-Unis. Il a rapidement éprouvé le besoin d'enregistrer ce chant sur son téléphone portable.

«Cela m'a semblé tellement musical», dit-il.

À l'aide d'arrangements électroniques, le technophile a transformé ce slogan en une chanson: Revolver. C'est l'une des quatre chansons connectées entre elles de son nouvel album, Hemisphere, qui sort le 28 avril.

Cet opus reprend le nom du programme de surveillance des appels téléphoniques des autorités américaines antidrogue.

Le ton apaisant de ces chansons synthpop dégage une sensation rassurante que Mikel Rouse juge nécessaire après le choc qu'il dit avoir éprouvé avec l'élection de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Le compositeur est une figure du mouvement musical «totalisme» qui a émergé dans les années 1980 et 1990, en opposition au minimalisme. Le totalisme incorpore une large gamme d'influences et revendique des structures rythmiques peu orthodoxes.

Pour marquer la sortie d'Hemisphere ainsi que son soixantième anniversaire, M. Rouse va donner un concert le 29 avril au National Sawdust de Brooklyn qui sera aussi l'occasion d'une rétrospective sur sa carrière.

Comme beaucoup de ses oeuvres, «Hemisphere» résiste aux classifications faciles et s'affranchit des rythmes attendus, mais les chansons -- parsemées de chants arabes -- sont très rapidement accessibles.

«J'ai toujours trouvé fascinant d'être considéré trop sérieux pour le monde de la pop et trop pop pour le monde classique. Ce qui me fait penser que je suis au bon endroit», a-t-il dit à l'AFP.

«Même avec toute la complexité des rythmes, (cet album) peut fonctionner comme une bonne musique d'ambiance», estime-t-il. «Et cela a toujours été toujours mon objectif: la séduction du son est ce qu'il amène aux gens».

Selon lui, les catégories musicales n'ont plus vraiment de sens à l'ère de l'accès instantané à la musique.

«J'ai toujours pensé que le public est généralement beaucoup plus avancé que les catégories», relève-t-il. «Je pense qu'il y a un élément par lequel la musique pop est plus avant-gardiste que jamais».




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