Philippe Jaroussky: chanter des histoires

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Avant d'être chanteur, le contre-ténor Philippe Jaroussky a été pianiste et violoniste. «Avec le chant, la grande découverte, pour moi, ça a été le texte, les émotions qu'il raconte», dit-il.

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Caroline Rodgers

collaboration spéciale

La Presse

C'est le contre-ténor le plus en vue de la planète et il n'a pas chanté à Montréal depuis 10 ans. Il est de retour cette semaine à Québec et à Montréal pour quatre concerts avec Les Violons du Roy alors que son nouvel album, La storia di Orfeo, vient de sortir ici.

Avant d'être chanteur, Philippe Jaroussky a été pianiste et violoniste. C'est en assistant à un concert de Fabrice di Falco qu'il a eu un déclic.

«C'était la première fois que j'entendais un contre-ténor en vrai. Je me suis dit que c'était magique et une petite voix intérieure me disait que je pouvais faire cela. Contrairement à bien des contre-ténors, je n'avais pas chanté dans des choeurs, enfant. Avec le chant, la grande découverte, pour moi, ça a été le texte, les émotions qu'il raconte.»

Depuis qu'il a commencé à chanter, à 20 ans, il a fait une vingtaine de disques, la plupart seul, certains avec d'autres artistes lyriques - dont Marie-Nicole Lemieux.

«J'ai eu la chance de faire des disques tôt dans ma carrière. Pour trouver du répertoire adapté à ma voix, j'ai cherché de la musique dans les bibliothèques et ça m'a donné des idées de programme originales, qui ont plu assez vite.»

Avec La storia di Orfeo, il explore le mythe d'Orphée à travers trois compositeurs : Monteverdi, Antonio Sartorio et Luigi Rossi.

«Ce qui est intéressant avec le personnage d'Orphée, c'est qu'il est mi-homme, mi-dieu. C'est un berger, un poète et un musicien. Ce mythe d'Orphée est aussi à l'origine de l'histoire de l'opéra, avec l'Orfeo de Monteverdi. Orphée a beaucoup inspiré les compositeurs, qui avaient le défi de transcrire le côté magique de son chant dans leur musique. C'est ce que fait le mieux Monteverdi dans l'air Possente spirto, une oeuvre unique dans l'histoire de la musique, avec toutes sortes d'instruments, des harpes et des effets d'écho. C'est dans cette pièce qu'Orphée est censé charmer le dieu des enfers grâce à la force de la musique et du chant, pour qu'il laisse partir Eurydice. C'est aussi un défi pour nous, les chanteurs. Le chant doit avoir un caractère presque irréel.»

Comme Orphée ne peut se passer de son Eurydice, la soprano hongroise Emöke Barath donne la réplique à Jaroussky sur l'album enregistré en concert, en Suisse, avec l'ensemble I Barocchisti et le Choeur de la Radio-Télévision Suisse Italienne, sous la direction du chef Diego Fasolis.

«L'originalité de ce programme tient dans sa construction, qui tourne autour d'un dialogue entre ces deux personnages. J'ai eu l'idée de resserrer le drame autour d'eux. Le but était de faire un mini-opéra d'une heure en prenant des extraits de différents opéras, pour reconstituer leur histoire, en ordre chronologique.»

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Pour ses concerts au Québec avec Les Violons du Roy, Philippe Jaroussky interprétera du répertoire de son prochain album: des airs d'opéra de Haendel rarement entendus, comme Radamisto, Flavio et Siroe.

Photo Jean-Marie Villeneuve, Le Soleil

En concert avec Les Violons du Roy

Pour ses concerts au Québec avec Les Violons du Roy, Philippe Jaroussky interprétera plutôt du répertoire de son prochain album, qui sortira à l'automne: des airs d'opéra de Haendel rarement entendus, comme RadamistoFlavio et Siroe.

«Je suis allé chercher des pièces qui méritent d'être connues. Les musiciens des Violons du Roy ont été agréablement surpris, car tout le programme est aussi nouveau pour eux. L'idée d'un récital de Handel s'est imposée pour cette grande tournée. Après le Québec, je vais à Toronto, Mexico, Lima, Santiago, et d'autres villes en Amérique du Sud. Je donne 12 concerts en 26 jours. J'aime de plus en plus, avec l'âge, faire moins de programmes différents, mais aller plus en profondeur.»

En art lyrique, les attentes du public sont très élevées. Philippe Jaroussky a déjà dit, comme bien des chanteurs, que le jour où sa voix ne serait plus à la hauteur, il s'arrêterait. Ce n'est pas pour demain.

«Avec les années, ma voix a perdu en souplesse, mais elle a gagné en expression et en richesse. Quand j'écoute certains disques que j'ai pu faire il y a 15 ans, j'entends quelqu'un qui fait de jolis sons plutôt que quelqu'un qui raconte une histoire. C'est important de raconter une histoire aux gens. Pour moi, le chant est un passage. J'ai été pianiste, violoniste, et j'ai mon propre ensemble. Je sais vers où je me dirige. Je me rends compte à quel point cela doit être difficile de s'arrêter, mais là où je suis optimiste, c'est que quoi qu'il arrive, je continuerai à faire de la musique. C'est cela, le plus important.»

À la salle Bourgie, les 7 et 11 avril, 19h30. Au Palais Montcalm, le 9 avril, 14h.




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