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Les revenus des créateurs et éditeurs de musique en hausse

Le chef de la direction de la SOCAN... (Photo Yan Doublet, archives Le Soleil)

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Le chef de la direction de la SOCAN a déclaré par communiqué que l'organisation était vraiment fière du succès de ses membres, citant en exemples les carrières de Coeur de pirate (notre photo), Kaytranada, Louis-Jean Cormier, Alex Nevsky, The Weeknd, Drake et Arcade Fire, entre autres.

Photo Yan Doublet, archives Le Soleil

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne
Montréal

Les droits d'auteur rapportent de plus en plus aux créateurs et éditeurs de musique grâce à l'expansion de la diffusion sur le web, mais Ottawa devra revoir les tarifs à la hausse, selon des intervenants de l'industrie, car ces droits ne compensent pas les pertes encaissées depuis quelques années avec le déclin du marché traditionnel.

L'industrie de la musique, qui vit d'importantes difficultés avec la chute constante des ventes de disques au profit de la diffusion par internet (streaming), a finalement entendu quelques notes réjouissantes, mardi, avec le dévoilement des données financières préliminaires 2016 de la SOCAN.

Celles-ci indiquent que les quelque 150 000 membres de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique ont généré environ 330 millions $ en revenus de droits d'auteur l'an dernier, soit une hausse de huit pour cent en 12 mois.

«C'est tellement une belle année pour nous! C'est le succès de nos membres, et c'est vraiment «hot» comme disent nos ados!», s'est exclamée Geneviève Côté, chef des affaires du Québec à la SOCAN, en entrevue avec La Presse canadienne.

Le déplacement de la demande du disque vers l'internet s'est manifesté de manière on ne peut plus claire avec des revenus générés par la diffusion de musique en continu de quelque 13 millions $, soit un bond de 460 pour cent par rapport à 2015.

Bien qu'elle salue cette fulgurante augmentation, Mme Côté demeure très réaliste quant à son impact pour les créateurs. «On se croise les doigts pour que ça continue dans le même sens, parce que 13 millions $, ce n'est pas mal, mais ce n'est pas encore assez», reconnaît-elle sobrement, expliquant que ces revenus ne compensent pas ceux perdus avec le déclin du disque.

«Ce qu'on entend de nos membres c'est que, non, on n'est pas rendus à avoir une équivalence», précise Mme Côté.

Par contre, ajoute-t-elle, ceux qui ont peu d'exposition par les canaux traditionnels devraient commencer à voir une amélioration avec le temps.

«Les plateformes de streaming - les Spotify, Google Play, Apple Music - nous disent qu'elles sont à démarrer les services et qu'il faut leur donner le temps de se bâtir, mais dans les faits, il y a des gens qui vont recommencer à recevoir des sous qu'ils ne recevaient plus parce qu'ils ne vendaient plus de disques et qu'ils ne jouaient pas à la radio», dit-elle.

Geneviève Côté souligne que, si les artistes touchent des redevances beaucoup moins importantes sur la diffusion en continu que sur les disques, ils peuvent tout de même en tirer un bénéfice en raison du modèle d'affaires.

«Un disque acheté il y a 20 ans sert toujours et ne fournit plus aucun revenu, explique-t-elle. Un clic dans une plateforme, c'est une seule paire d'oreilles qui va écouter. Quand une pièce obtient 50 000 clics, il y a 50 000 paires d'oreilles qui ont écouté. En gros, c'est l'équivalent d'un passage à la radio dans une des grosses stations du Québec.»

Tarif inférieur au Canada

Par contre, elle répète que ces revenus ne remplacent pas ceux perdus par les ventes de disques, d'autant plus que les droits d'auteur versés au Canada ne sont pas à la hauteur.

«Nous sommes en-dessous de la moyenne. Notamment en Europe, les tarifs sont plus élevés. Cela dit, les Canadiens dont la musique est utilisée en France reçoivent les tarifs français et ils en profitent», précise-t-elle.

Son organisme entend d'ailleurs faire pression sur les autorités pour corriger cette situation et elle dit espérer que le gouvernement Trudeau ne cédera pas au lobby des grands joueurs du web.

«Peut-être qu'avec le temps la Commission du droit d'auteur du Canada écoutera les plaidoiries de la SOCAN et reconnaîtra qu'il y a un manque à gagner. C'est à la Commission du droit d'auteur de dire qu'elle trouve ça important que les auteurs, compositeurs et éditeurs soient rétribués justement et équitablement pour leur travail et, donc, il faudrait que le tarif augmente un peu», dit-elle.

«On espère que le gouvernement canadien sera à côté de nous et moins à côté des diffuseurs étrangers dans les batailles qu'on aura à faire», conclut Mme Côté.

Autres augmentations

Quoi qu'il en soit, les redevances provenant de la diffusion continue sur le web ne représentent qu'une mince part des revenus de droits d'auteur.

Les redevances étrangères ont augmenté de 30 pour cent en trois ans pour atteindre 66 millions $, alors que les revenus nationaux ont atteint près de 265 millions $, une augmentation de 8 pour cent par rapport à l'an dernier.

Les répartitions aux membres ont quant à elles dépassé la barre des 285 millions $ pour la toute première fois.

Plus de 20 millions $ ont par ailleurs été perçus pour des diffusions en continu de films et de productions télévisuelles.

Le chef de la direction de la SOCAN, Éric Baptiste, a déclaré par communiqué que l'organisation était vraiment fière du succès de ses membres, citant en exemple les carrières de Coeur de pirate, Kaytranada, Louis-Jean Cormier, Alex Nevsky, The Weeknd, Drake et Arcade Fire, entre autres.




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