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Leonard Cohen «était un vrai héros des Québécois»

Un homme regarde le sol et pleure en silence, incapable de retenir ses... (Photo Patrick Sanfaçon, La Presse)

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Photo Patrick Sanfaçon, La Presse

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Un homme regarde le sol et pleure en silence, incapable de retenir ses sanglots. Quelques pas plus loin, une femme accroupie allume un lampion devant la porte de la résidence montréalaise de Leonard Cohen. Quelques dizaines de personnes sont venues rendre un dernier hommage spontané au célèbre poète et chanteur, hier soir, devant sa résidence de la rue Vallières. Ce matin, encore, les gens s'assemblaient pour lui rendre hommage.

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« C'était une gigantesque partie de notre vie. Comme artiste, il était une fantastique source d'humanité », raconte Christine, une Montréalaise qui a habité le même quartier que Leonard Cohen pendant une trentaine d'années.

Photo Bernard Brault, La Presse

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Des dizaines de Montréalais se sont rendus spontanément hier soir devant la porte de la résidence de Leonard Cohen pour rendre un dernier hommage au célèbre poète et chanteur.

Photo Bernard Brault, La Presse

« C'était un vrai héros des Québécois », dit gravement Emanuel Lowi, un grand homme d'une quarantaine d'années. La mort de Leonard Cohen, un juif montréalais comme lui, l'a bouleversé. « Mes parents ont fréquenté la même synagogue que lui. Ses chansons, c'est l'âme de notre époque, comme Montréalais et comme être humain », dit-il, ému, en français. « C'est un vrai poète. Un vrai poète, avant d'être un chanteur. Un poète de son époque. Son dernier album, c'est un cadeau pour les générations », assure-t-il.

« J'avais une blonde qui habitait sur la rue de l'Esplanade, près d'ici. Un jour, on s'est réveillés et elle a mis un disque de Cohen sur sa table tournante. La chanson parlait d'une femme aux cheveux blonds. On a senti que la chanson parlait de nous autres. Ça reste un des moments magiques de ma vie », confie Emanuel Lowi, avant de s'approcher de la porte pour allumer un lampion.

La main appuyée sur la façade du 28, rue Vallières, Emanuel Lowi est submergé par l'émotion. À ses côtés, des badauds continuent d'allumer des lampions, alors que quelques mètres plus loin, au parc du Portugal, la mélodie de la célèbre chanson So Long Marianne souffle jusqu'au lieu de recueillement. Au pied de la résidence, des gerbes de fleurs s'entassent auprès des lampions. Un chapeau solitaire, à l'image de ceux portés par le troubadour, repose au pied des marches.

ANGLOS, FRANCOS, JEUNE ET VIEUX

Au parc du Portugal, au coin du boulevard Saint-Laurent, des dizaines de personnes se recueillent. Certains restent figés de longues minutes à regarder en silence l'immeuble, tandis que d'autres prennent une photo de la porte avant de repartir. Guitare à la main, une femme s'assoit sur le sol tapissé de feuilles mortes et entame les premières notes de Suzanne, sa célèbre ballade. La foule l'écoute en silence, le regard tourné vers une porte qui ne sera plus jamais franchie par le Montréalais.

Anglophones comme francophones, jeunes et vieux, des Montréalais de tous horizons tenaient à rendre un dernier hommage, hier soir, à ce grand poète et ce grand homme. « C'est un choc. C'était quelqu'un qui interpellait autant les francos que les anglos. Je pense qu'il laisse un grand héritage à Montréal », soutient David MacIntyre, qui s'est rendu immédiatement sur les lieux dès qu'il a su la nouvelle.

« C'est un ange sur Montréal qui vient de s'envoler. Montréal ne sera plus jamais pareil maintenant que Cohen n'est plus là. C'était un grand poète avec beaucoup d'humanité. » - Michèle Provencher

« C'était une gigantesque partie de notre vie. Comme artiste, il était une fantastique source d'humanité », raconte Christine, une Montréalaise qui a habité le même quartier que Leonard Cohen pendant une trentaine d'années.

Assis sur un banc du parc, Ryan boit une bière en écoutant sur son téléphone des classiques du chanteur. Le jeune homme se remémore avec nostalgie le « meilleur concert » de sa vie : celui de Leonard Cohen, il y a deux ans. « Il était si plein de vie... », lâche-t-il, avant de renouer avec le silence et la poésie du défunt.

Devant la porte de la résidence, les bougies et les fleurs s'accumulent. Les lampions sont allumés. Une lueur perce maintenant la noirceur de la nuit. You Want It Darker chantait Cohen sur son nouvel album. Au contraire, les Montréalais ne veulent pas d'un monde plus sombre, d'un monde sans Leonard Cohen.

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