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Décès de la légende belge du jazz Toots Thielemans

Toots Tielemans, le roi mondial de l'harmonica, lors d'un... (PHOTO RICK NEDERSTIGT, ARCHIVES AFP)

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Toots Tielemans, le roi mondial de l'harmonica, lors d'un spectacle donné à La Haye, en 2005.

PHOTO RICK NEDERSTIGT, ARCHIVES AFP

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Clément ZAMPA
Agence France-Presse
BRUXELLES

Considéré comme le roi mondial de l'harmonica, le musicien belge Toots Thielemans est décédé lundi matin à 94 ans, après une longue carrière internationale au cours de laquelle il a joué aux côtés des plus grands noms du jazz.

Il est mort « dans son sommeil », un mois après avoir été hospitalisé à cause d'une chute, a annoncé à l'AFP son impresario, Veerle Van de Poel.

Monument du monde du jazz, il a joué avec les plus grands : Ella Fitzgerald, Quincy Jones, Bill Evans, Frank Sinatra, Ray Charles, Larry Schneider ou encore Oscar Peterson.

Il a aussi accompagné des artistes comme Nick Cave, Paul Simon, Billy Joel ou Stevie Wonder.

Né le 29 avril 1922 à Bruxelles dans le quartier populaire des Marolles où ses parents tenaient un estaminet, l'éternel moustachu, également guitariste de talent, est le premier musicien à avoir donné ses lettres de noblesse à l'harmonica chromatique, ce petit instrument de 15 cm de long, difficile à maîtriser.

Un instrument qu'il découvre en 1938 à l'âge de 16 ans. D'abord séduit par la musique entraînante de Ray Ventura, il est piqué par le virus du jazz pendant la Seconde Guerre mondiale et, guitare à la main, prend pour modèle le jazz manouche de Django Reinhardt.

Au tournant des années 50, il s'installe aux États-Unis, où il accompagne le saxophoniste Charlie Parker. Il revient en Europe pour une tournée aux côtés du célèbre clarinettiste new-yorkais Benny Goodman.

Après le succès de Bluesette en 1962, il joue à l'harmonica le thème du film Midnight Cowboy, de John Schlesinger (1969) et, plus tard, celui de Jean de Florette, de Claude Berri (1986).

« Un maître »

Fait baron en 2001 par le roi Albert II, il est l'un des Belges les plus célèbres, l'égal aux yeux de ses compatriotes d'Eddy Merckx dans le domaine sportif.

« Nous perdons un grand musicien, une personnalité chaleureuse », a d'ailleurs tweeté le premier ministre belge Charles Michel à l'annonce de sa mort.

« Il tutoyait déjà les anges, des étoiles dans les yeux, dans son jeu », a réagi le guitariste Thomas Dutronc sur le réseau social. « Une légende s'en est allée ! Mr Harmonica restera dans nos pensées pour toujours », a pour sa part écrit le musicien Manu Katché.

En 2012, et malgré une santé déjà chancelante, Toots Thielemans triomphe à nouveau au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles lors d'un concert célébrant son 90e anniversaire, avant de reprendre une tournée qui le conduira aux États-Unis et au Japon.

« Il a élevé l'harmonica au pinacle artistique et il est devenu un maître dans le choix des notes idéales », avait alors salué le guitariste brésilien Oscar Castro-Neves, qui l'accompagnait régulièrement.

« Je peux affirmer sans hésitation que Toots est un des plus grands musiciens de notre temps. Il joue avec son coeur et vous fait pleurer. On a travaillé ensemble tant de fois que je ne peux les compter et j'ai toujours voulu en faire davantage avec lui », avait déclaré Quincy Jones, cité par le journal belge Le Soir.

« Il a divinisé un instrument qui était un peu banal, un instrument de feu de camp », résume Marc Danval, selon qui l'asthme dont souffrait Toots Thielemans « l'a aidé à trouver un son et une manière de jouer particulière ».

« Un jour il m'a fait une démonstration, ''voilà comment on joue sans asthme, et avec asthme...'' Il était très conscient de l'importance de ce handicap » dans son jeu, dit-il.

Sentant ses forces diminuer et « afin de ne pas décevoir son public », il décide en 2014 d'annuler tous ses concerts et de mettre un terme à sa carrière.

En 2009, les États-Unis lui ont accordé le « Jazz master award », une distinction rare pour un Européen, et l'Académie Charles Cros lui a décerné en 2012 un prix in honorem pour l'ensemble de sa carrière.

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