Le retour aux sources de Gregory Charles

Selon Gregory Charles, son spectacle Noir et blanc permet... (Photo André Pichette, La Presse)

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Selon Gregory Charles, son spectacle Noir et blanc permet de mesurer la richesse du mélange des cultures.

Photo André Pichette, La Presse

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En 2002, Gregory Charles démontrait pour la première fois qu'il était une véritable encyclopédie musicale avec son spectacle Noir et blanc. Un talent qu'il n'a eu de cesse de décliner et de raffiner en solo à travers ses mille et un projets. Près de 15 ans plus tard, le musicien, chanteur et entrepreneur a décidé de revisiter la formule aux côtés du ténor Marc Hervieux sur la scène du Casino de Montréal.

Qu'est-ce qui vous a donné envie de replonger dans Noir et blanc ?

Je fais du divertissement, mais il y avait quand même une pensée plus profonde derrière Noir et blanc. Je voulais montrer que j'étais moi-même le résultat du mélange des cultures. Je voulais parler de ça à travers la musique, montrer comment les musiques noire et blanche avaient évolué de manière séparée pendant 300 ans jusqu'à leur rencontre après la Seconde Guerre mondiale. Je voulais faire ça dans le premier show, mais c'est plutôt devenu semi-biographique et interactif. L'an dernier, la question de la collaboration entre les cultures m'est apparue comme n'étant toujours pas résolue. Surtout autour de la problématique des réfugiés syriens l'automne dernier, à savoir si on devait les accueillir ou non. Je me suis dit qu'il était temps de montrer qu'on est plus forts ensemble que seuls.

À quel moment avez-vous décidé que vous désiriez revivre cette aventure avec Marc Hervieux ?

Ça a surtout cliqué personnellement. On a travaillé ensemble sur Tout l'opéra, Virtuose et Radio-Classique. Dans mes spectacles interactifs précédents, mon cerveau était toujours en surchauffe. Là, il y a de longs moments où je suis juste en train d'écouter Marc, tout en l'accompagnant ! C'est le fun. Il est généreux et compétitif. Il est aussi généreux en décibels ! Ça nous donne un vrai chanteur pour notre show. Ce n'est pas de la fausse modestie : je suis un musicien qui assimile beaucoup, mais je ne pense jamais à moi comme un chanteur, plutôt un entertainer. Ce qu'on fait ensemble est, pour moi, la meilleure version de mon grand effort qui dure depuis 20 ans de faire de l'interactivité.

Le public est-il plus difficile qu'en 2002 ?

C'est beaucoup plus dur aujourd'hui qu'il y a 15 ans ! Quand on a commencé, c'était du Sinatra, du Michael Jackson. Avec le temps, le public a commencé à s'attendre à ce que je puisse faire autant des chansons des années 40 que de la semaine dernière. Ça stresse un peu Marc. Il vient au-dessus de mon épaule en me demandant ce que le public demande. Quand il ne connaît pas ça, il s'en va de l'autre côté de la scène ! Mais ça fait 10 ans qu'il fait du contre-emploi, alors il n'est pas souvent dépassé.

Vous vous engagez à donner un concert privé chez les personnes dont vous n'avez pu interpréter la demande spéciale en spectacle. Est-ce arrivé souvent ?

Sur près de 12 000 demandes spéciales, j'en ai manqué une quarantaine. Je suis allé chez les gens un peu partout dans le monde. Je me suis fait prendre à Nantes avec une chanson de Florent Pagny, à Paris avec Who Is It de Michael Jackson. Moins à Montréal, mais je me souviens d'une dame du West Island qui m'a demandé une chanson de swing des années 40. Québec est une ville particulièrement difficile en la matière. Les gens aiment autant Juliette Gréco et Léo Ferré que Def Leppard ou Cayouche...

L'an dernier, vous avez mis sur pied le Sommet des arts et de la musique de Longueuil [le SAM, qui se tient jusqu'à dimanche]. Comment voyez-vous l'avenir de cet évènement ?

J'ai peur de sonner comme Gilbert Rozon qui prône le festival continuel. Longueuil est une société diversifiée, une immense ville en pleine définition. Le SAM n'a pas encore trouvé ses marques dans ce contexte. Ça va prendre quelques années. Mais je crois au SAM : c'est un Woodstock en devenir.

Avec des artistes internationaux ?

Ça va venir !

Qu'avez-vous appris de l'expérience du Mondial choral de Laval [ce festival fondé par Gregory Charles en 2005 a tiré sa révérence à la suite de sa 10e édition] ?

Souvent, on s'enfarge dans la forme alors que le fond est primordial. Il y a un festival en Gaspésie où il n'y a pas de scène, mais une roche sur laquelle jouent les musiciens et autour de laquelle une trentaine de personnes peuvent s'asseoir ! Laval a été une extraordinaire aventure. Mais il faut savoir revenir à la source parfois.

Votre émission Virtuose revient pour une seconde saison cet automne et la tournée de spectacles débutera le 26 mai au Théâtre Outremont. Qu'est-ce qui fait que ça fonctionne ?

La forme n'est pas si originale, même si on fait peu ça en musique classique, mais ça vient toucher les gens. Amener les jeunes sur scène par la suite fait partie de la démarche pédagogique de l'émission.

Où en est l'aventure new-yorkaise avec votre théâtre mobile ?

Je vais passer ma vie à essayer d'ouvrir le marché américain d'une quelconque façon. On est allé chercher les critiques, les appuis. C'est une question de temps et d'opportunité pour percer le marché américain. L'objectif est encore et toujours d'ouvrir une brèche permanente.

Êtes-vous satisfait de votre acquisition de Radio-Classique ?

La radio, comme plein de choses, il faut s'en occuper avec amour. Il ne faut pas trop changer les habitudes des gens. Je suis fier d'en être propriétaire.

Noir et blanc 2, au Cabaret du Casino de Montréal jusqu'au 19 juin

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