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CharlElie Couture: un pont entre la France et les États-Unis

CharlElie Couture en spectacle aux FrancoFolies de La... (PHOTO ARCHIVES AFP)

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CharlElie Couture en spectacle aux FrancoFolies de La Rochelle en juillet 2014.

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Anthony Lucas
Agence France-Presse
Paris

Le chanteur franco-américain CharlElie Couture voit son nouvel album, enregistré en Louisiane et attendu vendredi, comme un «pont» entre la France et les États-Unis et un hommage à sa mère récemment décédée, qui lui a transmis le goût de la culture américaine.

Aller enregistrer dans le berceau de la musique «cajun» (musique folk typique des bayous), «c'est un fantasme que j'ai plus ou moins depuis 30 ans», reconnaît le chanteur, peintre et photographe de 60 ans, exilé depuis 13 ans à New York mais qui conserve à Paris un appartement avec certains de ses tableaux accrochés au mur.

Le décès de sa mère, Odette, l'an dernier, l'a poussé à franchir le pas: «Elle a été pour moi le lien avec les États-Unis, je me suis dit que c'était le moment de faire ce disque, que c'était un moyen de lui rendre hommage».

«Elle était partie enseigner le français aux États-Unis, d'abord à Jacksonville, en Alabama, puis à Kenosha, dans le Wisconsin. Elle est ensuite revenue en France, a épousé mon père, mais elle avait gardé des habitudes américaines, à travers ses vêtements ou son regard sur le monde», explique CharlElie Couture.

CharlElie Couture a donc mis le cap sur Lafayette, en Louisiane, au coeur du très francophile pays cadien pour ce nouvel album.

Il a posé ses guitares pour quelques semaines au Dockside Studio, vénérable studio où sont passés quelques grands noms du blues comme BB King ou Dr John. Il s'est ainsi plongé dans les musiques du sud - cajun, blues, rock voire country - avec des musiciens du cru et des instruments typiques de ces styles: accordéon, mandoline, violons, washboard (planche à laver métallique détournée de sa fonction, grattée avec des cuillères), harmonica, cuivres...

«Je suis parti avec huit chansons, puis j'en ai écrite d'autres là-bas», explique-t-il au sujet des 13 morceaux qui nous emmènent sur la piste de danse (Lafayette, Baby Blue, Mardigra Shuffle) et parfois davantage vers les bayous brumeux (Debout dans la boue, Le danger (sur la piste)).

Fête de la musique à Central Park

Zachary Richard, grand ambassadeur local de la musique cajun, est de la partie comme le groupe Lost Bayou Ramblers pour une adaptation enlevée du traditionnel The House of the Rising Sun devenu Maison soleil levant.

Après un album précédent davantage «chanson française», sous la houlette de Benjamin Biolay, l'exilé new-yorkais voit son disque comme «un pont» permettant de «trouver un point de jonction» entre les cultures française et américaine. «Cela fait maintenant 13 ans que je vis aux États-Unis, je me sens maintenant légitime pour faire ça», souligne le chanteur, crâne chauve et impressionnante barbe grise.

Si l'anglais et le français sont désormais des langues aussi «naturelles» l'une que l'autre, CharlElie Couture a privilégié le français dans cet album. Plusieurs chansons écrites à l'origine en anglais ont d'ailleurs finalement été traduites comme la délicate Chanson sous-sol qui rappellera l'un de ses grands succès, Comme un avion sans aile (1981).

«Cela fait quatre ou cinq albums que je me dis que c'est le dernier, et puis en fait ça continue. J'ai aujourd'hui le sentiment de m'être réalisé», glisse le chanteur. Signe d'un relatif apaisement après avoir fait part, dans le passé, d'une certaine frustration face au manque de reconnaissance en France de ses autres activités artistiques comme la peinture.

Un plaisir pur de musicien qu'il va prolonger sur scène: après avoir joué en Louisiane la semaine dernière, il va s'offrir un petit plaisir en jouant chez lui, à New York, dans le cadre d'un concert organisé à Central Park le jour de la fête de la musique, le 21 juin.

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