Doc Gynéco de retour

Bruno Beausir, alias Doc Gynéco.... (PHOTO AFP)

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Bruno Beausir, alias Doc Gynéco.

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Franck Iovene
Agence France-Presse
Paris

En 1996, il surgissait sur la scène rap française avec sa dégaine nonchalante et un album, Première consultation, devenu un classique du genre. Vingt ans plus tard, le rappeur français Doc Gynéco en propose une nouvelle version, bien décidé à reconquérir son public après des «erreurs de jeunesse».

«À 20 ans, si tu n'es pas allé longtemps à l'école, si tu n'es pas conseillé par tes proches, comme c'était mon cas, alors tu n'es pas armé contre la boîte de Pandore de la vie», explique dans un entretien à l'AFP Doc Gynéco, alias Bruno Beausir.

«L'aspect financier de mon premier disque m'a échappé, je n'en ai pas profité, mais j'ai rencontré des gens, appris beaucoup de choses, le cinéma, les musées, la culture», confie cet autodidacte, né à Clichy, en banlieue parisienne, de parents guadeloupéens.

À 40 ans passés, la silhouette s'est un peu étoffée, les cheveux sont saupoudrés de gris mais l'allure est toujours aussi nonchalante, et le débit ralenti.

Il y a 20 ans sortait Première consultation, un premier album solo vendu à plus d'un million d'exemplaires, avec des titres comme Né ici, Viens voir le docteur ou Vanessa, entre rap et reggae. Il fera date dans l'histoire de la chanson française au point d'être élu, en 2012, meilleur album de rap français par le magazine Les Inrocks.

La suite de l'histoire est moins glorieuse: problèmes avec le fisc, participation controversée à des émissions de téléréalité, vie privée étalée dans les journaux, notamment sa liaison avec l'écrivaine Christine Angot. Cette dernière fera le récit de leur relation dans un roman Le marché des amants, sorti en 2008.

À l'époque, son milieu d'origine ne lui pardonne pas son succès insolent. «C'est comme si tu as gagné au loto mais que tu veux quand même retourner travailler à l'usine. Personne ne veut plus de toi, tout le monde te dit que tu n'as plus rien faire là», se souvient le rappeur.

«Créer un électrochoc»

En 2007, il soutient le candidat de droite Nicolas Sarkozy à la présidentielle. Sa «plus grosse erreur», dit-il aujourd'hui. Il la paiera au prix fort en se coupant radicalement de son public.

«Je me disais que Sarkozy pourrait jouer le rôle du grand frère auprès des jeunes des cités, qu'il leur ferait du bien en étant dur avec eux. Mais il n'a pas fait le boulot et je suis passé pour un idiot», regrette-t-il, assurant qu'on ne l'y «reprendra plus».

Mieux vaut donc revenir à la musique et au rap, ses domaines de prédilection.

Là encore, Doc Gynéco se pose en éveilleur de consciences, expliquant à quel point cette musique, censée à l'origine être un miroir de la société, s'est dévoyée pour servir aujourd'hui «à véhiculer des messages religieux, notamment islamistes».

«Les directeurs artistiques se font avoir! Comme ils ne comprennent rien à ce qui est dit dans les textes des chansons, ils ont ouvert la porte des maisons de disques à des rappeurs qui endoctrinent», assure le chanteur.

«Dans les quartiers, des gens m'interpellent pour me dire: «On ne veut pas que les rappeurs utilisent notre religion dans leurs textes»», assure-t-il.

Sollicité par des nostalgiques du rap des années 90, Doc Gynéco a décidé de reprendre du service. Avec le premier album, réédité, sortent deux inédits et des bonus.

La tournée, qu'il démarre le 15 avril, fera étape le 20 mai à Genève et les 25 et 26 mai à l'Olympia, à Paris. Pour ces dates parisiennes, «les billets ont été vendus en quelques heures», fait-il valoir. Preuve que le public lui a pardonné ses erreurs.

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