Céline Dion: un retour difficile, mais mémorable

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Las Vegas) Pour la première fois depuis le décès de René Angélil le mois dernier, Céline Dion est remontée sur les planches du Colosseum, mardi soir. Compte rendu d'une soirée difficile pour la chanteuse et témoignage de son imprésario au lendemain de ce spectacle mémorable pour son public.

Le plus difficile

«Ce fut indéniablement le spectacle le plus difficile que j'aie donné de toute ma vie», a dit Céline Dion après avoir chanté My Heart Will Go On en rappel. Plus difficile encore que le spectacle de son retour le 27 août dernier - que René Angélil avait été contraint de regarder en duplex dans sa maison de Lake Las Vegas. Contrairement à ce retour sur scène qu'elle avait effectué un peu à reculons à la demande de son mari, elle voulait vraiment, cette fois-ci, donner ce spectacle à sa mémoire. Elle l'a fait avec une énergie et un plaisir évident par moments. Mais l'artiste n'était pas en pleine possession de ses moyens, sa voix lui jouait des tours. Et elle a craqué. N'empêche, le public du Colosseum n'oubliera pas de sitôt ce tour de chant qui, compte tenu des circonstances, tenait du tour de force.

L'émotion

Depuis des décennies, All by Myself est le morceau de bravoure des spectacles de Céline Dion. Mardi, cette chanson a eu raison d'elle. Comme à son habitude, elle a voulu projeter sa voix dans la stratosphère sans aucun accompagnement musical. Le public s'est levé pour acclamer son exploit olympique, mais sa voix a craqué. Le «anymore», point culminant de son envolée, tenait plus du cri de douleur que du chant. Comme si cette chanson sur un être abandonné, qu'elle a chantée des milliers de fois, prenait soudain tout son sens. Céline a essuyé ses larmes et a fini par lever le poing en l'air, sans conviction, avant de retraiter vers les coulisses. Le medley soul de ses choristes tombait à point.

René

C'est au tout début du spectacle que Céline Dion a rendu hommage à son défunt mari et imprésario: montage de photos du disparu, emprunt émouvant à l'idole Barbra Streisand (With One More Look at You/Watch Closely Now), même si la chanteuse a dit avoir mieux rendu le morceau en coulisses avant le spectacle, et témoignage en anglais suivi de remerciements en français aux fans qui l'ont soutenue dans cette épreuve. Juste avant le dernier rappel, elle a également parlé du René qui, contrairement aux gens de sa génération, disait toujours aux gens «je t'aime», deux mots qu'elle a intégrés dans son vocabulaire.

Les égoportraits

Le moment le plus surréaliste du spectacle est survenu pendant la chanson Immortality quand Céline Dion s'est mêlée aux spectateurs massés devant la scène. Tout un chacun s'est mis à prendre des égoportraits avec la vedette qui s'y est prêtée de bonne grâce, peut-être même avec plaisir. On retrouvait là la Céline qui a passé des heures à échanger avec ses fans venus lui offrir leurs condoléances en chapelle ardente à la basilique Notre-Dame. Dans ce spectacle réglé au quart de tour, où le visuel doit s'arrimer à ce que produisent les 29 musiciens et choristes, ce moment de désordre un peu longuet était le bienvenu.

Le menu

Le spectacle de mardi n'était pas tout à fait le même que celui que nous avions vu le 27 août au même Colosseum. Disparus la chanson d'ouverture I Surrender et All the Way, le duo virtuel avec Frank Sinatra qui, compte tenu de celui avec Elvis qui est toujours là, relevait de l'abus d'un procédé qui a fait son temps. Pour le reste, au fil des mois, on a rebrassé les cartes et la séquence qui précède le rappel s'en trouve nettement plus efficace: Kiss et Purple Rain, empruntées à Prince, Love Can Move Mountains qui se fond dans River Deep Mountain High et The Show Must Go On de Queen, avec son intro de cordes classique.

Le public l'a aidée

«Après le spectacle, Céline était soulagée parce que ç'avait été difficile pour elle, mais, comme c'est une perfectionniste, elle voulait corriger des choses qui ont moins bien fonctionné», nous racontait Aldo Giampaolo hier après-midi. «Pendant l'ovation de quelques minutes qu'on lui a servie au début, on se serait cru au Forum du temps de Maurice Richard, a ajouté Giampaolo. Le public lui a témoigné son amour, ça l'a beaucoup aidée, mais elle a senti encore plus la pression de bien performer. All by Myself, c'était une chanson difficile... Céline n'est pas faite de briques. Elle a réussi dans des conditions stressantes, un contexte très émotif, et elle a rendu un bel hommage à René. Depuis la salle, je voyais qu'elle chantait pour René. Il y avait 4000 spectateurs mais, par moments, c'était comme si elle était seule avec lui.»

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer