Les meilleurs albums de l'année

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Après des heures de discussion et débat, nos journalistes se sont finalement entendus sur une liste, dans le désordre, des 20 meilleurs albums de l'année. Les voici.

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On savait très belle l'écriture d'Abd Al Malik, dont la musique du verbe élit domicile dans le son d'aujourd'hui. On ne le savait pas pérenne à ce point ! Plutôt associé au hip-hop hexagonal et à la chanson française, il a cette fois plongé ses mots dans les fréquences de synthèse assemblées par un Laurent Garnier encore pertinent et inspiré.

Mutant

Le compositeur vénézuélien Arca s'est fait connaître grâce à ses collaborations avec Kanye West, FKA twigs et Björk. Son deuxième album, Mutant, se destine à des oreilles averties. Rarement mélodique, très évocateur, parfois sensuel et parfois cacophonique, Mutant se mute dans tous les sens à travers ses 20 titres expérimentaux. Un voyage électronique imprévisible... et captivant.

Abyss

La parasomnie dont souffre Chelsea Wolfe l'a menée aux profondeurs abyssales du subconscient. Voilà l'inspiration première de cet opus fabuleux où le doom métal et le stoner rock cohabitent avec le folk aérien et la mélodie consonante, où l'aigre et le doux se positionnent aux extrémités du spectre des sensations.

Romanus Weichlein - Opus 1, 1695

On ne peut passer à côté de cet enregistrement magistral de l'Ensemble Masques dont les amateurs de baroque apprécieront la richesse. En nous faisant découvrir les oeuvres du compositeur autrichien méconnu Romanus Weichlein, l'ensemble nous impressionne par la perfection, la clarté et la chaleur de son jeu.

I Love You, Honeybear

La Saint-Valentin en tête, l'amour au coeur, Joshua Tillman a dévoilé, en février dernier, un I Love You, Honeybear chaleureux et à la musicalité riche. Par-delà le piano précis, les trompettes lointaines et la guitare, le dandy y chante des textes cyniques sur les travers humains. Le miroir musical parfait d'une société décadente.

Ici le jour (a tout enseveli)

Bonne nouvelle : les feus Bashung, Gainsbourg et Noir Désir n'ont pas emporté avec eux toute la grâce du rock franco. Elle se perpétue avec force et humanité dans la voix caverneuse d'Arthur Teboul, maître de la prosodie et de la scène. Ce premier album du quintette parisien Feu ! Chatterton, dont l'instrumentation combine urgence et érudition, coupe court à la nostalgie : et si l'on avait trouvé l'héritier ?

À Paradis City

Le parrain des musiciens québécois alternatifs est arrivé à toucher le grand public avec son huitième album en carrière. Jean Leloup se confie avec sincérité et fragilité sur cet album concis, judicieusement mélodique et groovy quand il le faut. Un vrai retour en force.

The Epic

Le saxophoniste Kamasi Washington a déjà collaboré avec Wayne Shorter, Herbie Hancock, Snoop Dogg et Kendrick Lamar. Son bien nommé The Epic s'étend sur 172 minutes et a été enregistré avec un orchestre de 32 musiciens et un choeur de 20 personnes. L'opus révèle une nouvelle voix du jazz qui maîtrise ses classiques tout en flirtant avec le funk, l'électro et le hip-hop.

To Pimp a Butterfly

En 2015, c'est un rappeur qui a réalisé la grande synthèse de l'idée qu'on se fait du raffinement afro-américain. Kendrick Lamar était un artiste confirmé, mais on ne s'attendait pas à tant de sa part : poésie lumineuse des quartiers chauds, brillantes imbrications de soul, R&B, groove, jazz contemporain et électro... sous le parasol hip-hop !

Honeymoon

Avec son quatrième album, Lana Del Rey démontre que son art pop évolue. Sur Honeymoon, le format de la chanson prime la facture pop. Rythmes langoureux, arrangements d'une douceur orchestrale, voilà un album doté d'une identité propre qui se consomme mieux en un tout. Seule et unique Lana Del Rey !

Poulenc - Piano Concertos, Aubade

Véritable bonbon auditif avec ses mélodies chantantes et ses effets brillants, la musique de Francis Poulenc est ici merveilleusement servie par Louis Lortie et sa complice Hélène Mercier, sous la direction d'un jeune chef flamboyant, Edward Gardner, à la tête du BBC Philharmonic. Que du bonheur !

Intégrale des concertos pour violon de Saint-Saëns

Cette intégrale des concertos pour violon de Saint-Saëns par l'Orchestre symphonique de Montréal avec son jeune violon solo, le surdoué Andrew Wan, au jeu toujours senti et équilibré, est parfaitement réussie. Kent Nagano et l'OSM éclairent ces oeuvres avec intelligence et bon goût. Plaisir d'écoute garanti.

Servant of Love

Trop peu connue, Patty Griffin est pourtant l'une des auteures-compositrices américaines les plus douées du moment. Sur ses musiques très évocatrices qui puisent dans le folk, le blues, le country et même le jazz, la Texane d'adoption chante des textes empreints de mystère que chaque auditeur peut s'approprier à sa façon.

Sur la terre

Pierre Flynn cultive l'art de la chanson sans agents chimiques ni accélérateurs de croissance. Les fruits de 14 ans de jachère, sagement mûris, s'étalent sur une terre fertile de cordes, de choeurs et de cuivres. Un disque personnel et rigoureux, qui sonde l'humain, raconte ses méandres et le porte à rêver.

Limoilou

Après des mois à susciter l'enthousiasme dans les coulisses, Safia Nolin a lancé un premier album à la hauteur des attentes. Le folk touchant de Limoilou raconte une adolescence solitaire et difficile. Quand Safia Nolin prend sa voix pure et chante, avec son charme maladroit, qu'elle passera « Noël partout sauf chez nous », elle touche droit au coeur.

Carrie & Lowell

Le deuil prématuré d'une mère instable et les réminiscences d'une enfance brisée ont été les matériaux d'un (autre) album majeur signé Sufjan Stevens. Folk et minimalistes, presque décevantes d'entrée de jeu, ces 11 chansons cathartiques s'avèrent très chargées émotivement et révèlent leurs propriétés extraordinaires au fil des écoutes.

Beauty Behind the Madness

The Weeknd a fait un virage « grand public » réussi avec son deuxième album officiel. Montrant un grand souci du détail dans les sonorités et la superposition des voix, Beauty Behind the Madness fait valoir la vision du chanteur R&B torontois sans censure, tout en respectant les standards de la pop. Chapeau.

Viet Cong

La poussière est soulève de la pédale de distorsion. L'électricité s'échappe des guitares. Le groupe canadien offre un premier album où le rock carré laisse filtrer des effluves de post-punk bien sentis. L'énergie déployée par le quatuor atteint son paroxysme sur la magistrale pièce finale, Death, d'une noirceur apocalyptique.

Break Stuff

Qu'un trio piano-contrebasse-batterie puisse encore éblouir en évitant la redite formelle, l'exercice de style ou tout autre classicisme à outrance, cela tient de la mission impossible. Avec ses collègues Stephan Crump et Marcus Gilmore, Vijay Iyer est de ces rares créateurs à pouvoir remplir cette mission sur la planète jazz.

Summertime '06

Après avoir concocté des mixtapes très prometteurs, ce mec d'à peine 22 ans a ciselé ce premier opus à Long Beach (Los Angeles). Vince Staples a déjà sa patte, évite de s'enfoncer dans quelque sillon convenu de 2015, encore moins de pasticher les Kendrick Lamar, Joey Bada$$ et autres Lupe Fiasco. Summertime '06 exprime un hip-hop à la fois cru, fin et singulier.

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