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Ennio Morricone s'embarque dans une tournée mondiale

Le compositeur Ennio Morricone à la première du... (PHOTO REUTERS)

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Le compositeur Ennio Morricone à la première du film The Hateful Eight.

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Dario Thuburn
Agence France-Presse
Londres

Le maestro a mal au dos et sa mémoire n'est peut-être plus ce qu'elle était, mais le génie derrière certaines des plus célèbres musiques de films ne peut pas moins se permettre de faire patienter Quentin Tarantino.

Ennio Morricone confie à l'AFP avoir initialement refusé de composer la bande originale du dernier film du réalisateur américain, The Hateful Eight, son western présenté cette semaine à Londres après Los Angeles.

«J'ai immédiatement refusé», assène l'Italien de 87 ans, costume sombre sur col roulé, ses fameuses lunettes aux épaisses montures sur le nez.

«Puis il est venu chez moi pour me parler et m'a dit combien il appréciait mon travail pour le cinéma. Il m'a convaincu de composer pour lui», raconte-t-il.

Couronné d'un Oscar pour l'ensemble de sa carrière en 2007, Morricone est mondialement connu pour ses collaborations avec son ami d'enfance Sergio Leone, le maître du «western-spaghetti» - un terme qu'il n'apprécie guère.

Mais il souligne la différence entre sa dernière composition et ses oeuvres des années 1960, dont la plus mémorable est sans doute le lancinant air d'harmonica joué par Charles Bronson dans Il était une fois dans l'Ouest (1964).

Tarantino «a fait un film original, beau et intéressant et j'ai adopté une approche différente», explique-t-il. «Je voulais qu'il ait ses propres sons. Je ne voulais pas que cette musique soit une pâle copie de ce que je faisais pour Leone».

Soixante ans de musique

Ennio Morricone a quelque 500 musiques de films à son actif. Pourtant le cinéma n'était pas sa vocation initiale.

«Mon réel objectif était d'écrire de la musique classique. C'était mon ambition depuis le conservatoire», se souvient avec nostalgie celui qui a tout de même réalisé des dizaines de compositions dans ce domaine. «Après, il faut bien vivre et les musiques de films payent bien. C'est parfois la vie qui décide».

Morricone a commencé la musique très jeune, jouant de la trompette avec son père dans le Rome des années 1930.

Après des études de musique dans la capitale italienne, il a composé des chansons pop à succès avant de débuter au cinéma dans les années 1960, à l'apogée de l'industrie cinématographique italienne.

Le maestro ne s'est pas cantonné au western et a travaillé avec une grande variété de réalisateurs, d'Oliver Stone à Pedro Almodovar en passant par Pier Paolo Pasolini, Brian de Palma ou Bernardo Bertolucci.

En janvier, il entame une tournée mondiale pour célébrer ses 60 ans dans l'industrie musicale, avec notamment des concerts prévus à Londres en février et au Palais des congrès de Paris les 27 et 28 mai.

«Ce seront presque uniquement des musiques de films», explique-t-il. «Celles qui m'intéressent pour leur composition, pour les découvertes qu'elles ont provoquées, pas pour le film ni le réalisateur».

«C'est une tentative d'être moi-même bien que j'ai été au service du public, du réalisateur et du film».

Expérimentations

Connu pour introduire des effets sonores inhabituels dans ses compositions - l'une d'elles est entièrement constituée de sons produits par une machine à écrire - Morricone ne se lasse jamais d'expérimenter.

«J'utilise des instruments de musique classiques et historiques mais pour faire des sons différents, absolument différents», dit-il.

«Je pense que la voix humaine donne les sons les plus étranges qui soient, plus que n'importe quel instrument. Je peux devenir un petit ange ou un petit démon selon l'occasion», assure ce grand amoureux de la chanson, tout en déformant sa voix.

Au mythique studio d'Abbey Road, dans l'ancien antre des Beatles, le Maestro dirige cette semaine un orchestre pour l'enregistrement du disque de la bande originale de The Hateful Eight.

«Ça n'allait pas. Recommençons», dit-il aux musiciens en italien, un violoniste traduisant ses propos au reste de l'orchestre.

«Soyez plus en colère», ordonne-t-il, levant les yeux au ciel lorsqu'une voix interrompt l'enregistrement. Et de soupirer: «Nous y serons encore à minuit».

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