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Voices From the Lake : on entend des voix... sur le lac

Voices from the lake Neel et DOnato Dozzy... (PHOTO SEZE DEVRES PHOTOGRAPHY, NEW YORK)

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Voices from the lake Neel et DOnato Dozzy

PHOTO SEZE DEVRES PHOTOGRAPHY, NEW YORK

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Devant public, les débuts de Voices From the Lake datent de 2011, mais la carrière du tandem italien que forment Neel et Donato Dozzy a vraiment pris son envol lorsqu'un premier album sans titre (étiquette Prologue) s'est hissé au sommet des listes électros de 2012.

Enregistré il y a un an dans un musée d'art contemporain à Rome, le nouvel opus Live at MAXXI (Mego) titille les antennes des mélomanes...

Pour ses qualités immersives, pour ses inductions hypnotiques, pour la richesse de ses sédiments sonores, pour ses qualités narratives, on peut dire que Voices From the Lake chemine allègrement sur la planète électronique. La prochaine escale du duo a lieu ce vendredi au Centre Phi, soit un an et demi après son passage à l'événement EM15 (Mutek).

Joint à Brooklyn cette semaine, Neel s'est prêté au jeu de cette première interview avec La Presse.

L'introduction est simple :

« Nous faisons toujours du neuf, car nos concerts se fondent sur l'improvisation. Nous installons notre matériel, observons les lieux et le public, choisissons un point de départ, démarrons. »

Neel, en fait, n'a pas de termes précis pour décrire les composantes de son langage musical et... ce lexique lui importe peu.

« Vous savez, nous n'avons pas fait d'études de composition. Nous avons appris les bases de la théorie musicale lorsque nous étions gamins, nous ne pouvons pas compter sur un langage académique afin de décrire ce que nous faisons. Moi, j'ai suivi une formation afin de devenir ingénieur du son, le reste est un parcours autodidacte, fondé sur la passion de faire et d'écouter de la musique. Donato, lui, n'a aucune formation en musique, mais il compte de nombreuses années d'expérience en création. Il a appris par la pratique et il sait ce qu'il fait. »

Notre interviewé insiste néanmoins sur l'exigence de ne pas se répéter d'une séance à l'autre, d'un concert à l'autre.

« Nous n'avons pas de modèle à suivre. Nous devons partir de structures préétablies à l'intérieur desquelles nous improvisons. Chose certaine, nous détestons refaire les mêmes choses. Il nous faut être vigilants en ce sens. Tout dépend de ce que nous faisons et de l'endroit où nous le faisons. Il y a des événements conceptuels impliquant une dimension électroacoustique, d'autres qui sont axés sur la danse et aussi des soirées plus relax. »

La structure de création doit rester ouverte, insiste Neel.

« Nous partons souvent d'éléments déjà enregistrés, que nous menons ailleurs. Nous travaillons sur des concepts ouverts devant public, nous ne savons jamais comment ça se terminera. Notre équipement peut aussi changer d'un concert à l'autre, selon la distance, la nature de l'événement ou des équipements fournis par le promoteur. Nous aimons être surpris par les conditions dans lesquelles nous devons nous produire. »

En octobre 2014, le Musée national des arts du XXIe siècle (Museo nazionale delle arti del XXI secolo, ou MAXXI) de Rome a mis sur pied l'événement Superfici Sonore, exclusivement consacré aux sons. Moult créateurs électroniques y furent invités dont Voices From the Lake. « Ce musée magnifique était complètement dépouillé, nous en avons occupé une galerie pendant un week-end complet. Puisque nous habitons Rome, nous y avons apporté beaucoup de matériel et avons fait un album avec le meilleur de ce que nous y avons enregistré. »

Résultat ? Les références technoïdes de ce Live at MAXXI (Mego) sont résolument atmosphériques : techno, musique concrète, dark ambient, on en passe...

« Nous adorons le style ambient, précise Neel, mais nous aimons aussi l'influx rythmique, même dans nos musiques les plus abstraites. Il faut dire que nous sommes tous deux originaires de l'Italie méridionale [Calabre et Pouilles], une zone du pays où le rythme est très important dans la culture populaire. Historiquement, ces régions ont été traversées par les cultures phéniciennes, arabes, nord-africaines, grecques, turques, etc. Ça fait partie de notre ADN culturel, et donc de notre musique. Ainsi, nous cherchons quelque chose de différent, mais nous le faisons sans renier le passé. »

De surcroît, aucun racolage ne figure au programme de Voices From the Lake.

« Nous essayons de combiner ce que nous aimons le plus, pour satisfaire nos ambitions artistiques, et pas seulement pour rendre les gens heureux. Nous sommes bien sûr comblés lorsque nous ressentons l'approbation du public, mais... plaire à tout prix n'est vraiment pas notre motivation première. »

Et d'où vient ce nom, Voices From the Lake ? « Nous avons fait plusieurs fêtes au bord d'un lac dans un parc national en Italie. Une de ces fêtes était le mariage de Donato, qui a été interrompu au petit matin par un orage. Le jour suivant, j'ai mixé la musique jouée lors de cette fête. Je ne sais trop comment le nom Voices From the Lake m'est venu en tête, mais il évoque toujours pour moi Donato, sa femme et notre amitié. »

Au Centre Phi le 6 novembre, 22 h : Voices From the Lake + Terence Sharpe + Stärker + Lao Rìne (DJ set)

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