Décès du percussionniste Doudou Ndiaye Rose

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Doudou Ndiaye Rose en spectacle à Dakar en décembre 2010.

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Agence France-Presse
Dakar

Le célèbre maître-tambour sénégalais Doudou Ndiaye Rose, classé par l'Unesco «trésor humain vivant», est décédé mercredi à Dakar à l'âge de 85 ans, ont indiqué à l'AFP sa famille et une association sénégalaise.

La disparition de Doudou Ndiaye Rose a été rapportée par plusieurs sites et médias locaux. Mercredi après-midi, plusieurs télévisions locales avaient bouleversé leurs programmes habituels pour lui consacrer un hommage, diffusant notamment des images de la récente célébration en grande pompe de son 85e anniversaire. Les États-Unis et le Japon ont récemment célébré l'artiste à Dakar.

«Aujourd'hui, nous avons perdu notre père, notre ami, un grand homme, Doudou Ndiaye Rose», a déclaré à l'AFP un de ses neveux, le chanteur Doudou Ndiaye Mbengue.

«Il n'a même pas été alité. Dieu nous l'a repris ce (mercredi matin). C'est une perte immense. La levée du corps aura lieu demain (jeudi) à 11h à Dakar», a ajouté M. Mbengue, son filleul.

Le décès du percussionniste a également été rapporté à l'AFP par Aboubacar Demba Cissokho, journaliste, membre de l'Association de la presse culturelle du Sénégal (APCS) et proche de sa famille.

«Il a eu un malaise ce (mercredi) matin, il a été transporté à l'Hôpital Le Dantec», à Dakar, «c'est là qu'il est décédé», a indiqué M. Cissokho.

Selon la presse locale, Doudou Ndiaye Rose était apparu bien portant mardi aux obsèques d'un autre percussionniste sénégalais, Vieux Sing Faye, moins réputé que lui au plan international.

Né le 28 juillet 1930 à Dakar, Doudou Ndiaye Rose est issu d'une famille de griots et a longtemps dirigé un orchestre de plusieurs dizaines de percussionnistes, dont plusieurs membres de sa famille. En 2010, il avait indiqué à une journaliste de l'AFP avoir «quatre femmes et au moins 15 filles et 15 garçons».

Il avait aussi raconté qu'il avait dû batailler contre son père, comptable, qui refusait qu'il devienne musicien, et avoir appris très «sérieusement» son art jusqu'au fin fond du Sénégal.

«Je n'ai jamais voulu jouer aveuglément! Je rencontrais les anciens pour qu'ils me transmettent ce langage très précis des percussions que tout le monde connaissait alors: comment annoncer qu'il y a un feu de brousse, qu'un serpent a piqué quelqu'un et quel genre de serpent, que la femme qui vient de se marier a rejoint la demeure conjugale et que son mari est content d'elle», avait-il expliqué.

Constatant qu'il avait su apprendre «plus de 100 rythmes différents», les anciens le nommèrent un jour «chef tambour major».

D'après Aboubacar Demba Cissokho, il avait été classé «Trésor humain vivant» par l'Unesco en 2006, en même temps que ses compatriotes Joseph Ndiaye, conservateur de la Maison des Esclaves de l'île de Gorée (près de Dakar), aujourd'hui décédé, et Samba Diabaré Samb, chanteur et traditionaliste célèbre.

Cette distinction vise «des personnes ou groupes de personnes détenant des savoirs ou savoir-faire dont ils sont les acteurs stratégiques de transmission», selon un document officiel du ministère sénégalais de la Culture.

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