Justin Boulet: un beau grand bateau

Le spectacle que Justin Boulet a donné samedi... (PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, LA PRESSE)

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Le spectacle que Justin Boulet a donné samedi soir dans le parc Gerry-Boulet du Vieux Saint-Jean à la mémoire de son célèbre père sera repris le mardi 11 août à l'International des montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu.

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Daniel Lemay
La Presse

Combien de rockers québécois ont un parc baptisé en leur honneur? Samedi soir, dans le parc Gerry-Boulet du Vieux Saint-Jean, Justin Boulet a donné un spectacle à la mémoire de son célèbre père, emporté par le cancer à cette même date, le 18 juillet, il y a 25 ans.

Pour l'occasion, quelques milliers de Joannais de tous âges s'étaient rassemblés dans cet agréable coin de verdure de la rive gauche du Richelieu, attenant à la Marina et au Collège militaire, l'ancien parc Laurier rebaptisé en l'honneur du chanteur en 2011, à l'occasion de la sortie du film Gerry.

Après l'allocution du maire (le spectacle était un «cadeau» de la Ville) et la toujours douloureuse intervention du gars de la radio - «Êtes-vous en forme?» Oui, on était correct jusqu'à ce que tu te mettes à crier, Toto... -, le show s'est mis en marche avec Angela, le premier titre de l'album Rendez-vous doux, microsillon et spectacle rock de l'année au gala de l'ADISQ de 1989. Le seul véritable succès solo, d'ailleurs, de l'ancien leader d'Offenbach, groupe-phare du rock québécois, peu présent samedi tant dans la musique que dans les interventions de Justin Boulet. Choix artistique, économique, politique? Quoi qu'il en soit, 30 ans après la dissolution du groupe, Offenbach, le nom et ses titres, semblent toujours être l'objet de réserves et de tiraillements sinon de chicane.

Entre-temps, Rendez-vous doux constitue la trame de ce spectacle «familial» conçu par Justin Boulet qu'accompagnent huit musiciens très à l'ordre dont deux excellents guitaristes. À la mémoire de Gerry sera repris le mardi 11 août à l'International des montgolfières de Saint-Jean-sur-Richelieu où se produiront par ailleurs des stars de la pop telles Meghan Trainor et Shawn Mendes.

La femme d'or, Un beau grand bateau, Toujours vivant, la chanson d'éternité écrite par Michel Rivard et où Justin Boulet a sérieusement manqué de gaz samedi, Les yeux du coeur avec une Marjo encore en voix, reprise en choeur par la foule qui attendait un coup dans la face qui est venu quand Steve Hill, un grand guitariste, s'est joint au band pour Je chante comme un coyote.

Justin Boulet l'a bien livrée même s'il n'est pas le coyote qu'était son père, ni même un jeune loup hurlant: il a 44 ans, l'âge qu'avait Gerry Boulet à sa mort, en 1990.

Toujours vivants

Brian Mulroney est le premier ministre du Canada et Robert Bourassa (1933-1996), celui du Québec; Jean Chrétien devient chef du Parti libéral du Canada. C'est l'année du désaccord du lac Meech, de la crise d'Oka et de la fondation du Bloc québécois par Lucien Bouchard, un parti dont Gilles Duceppe, qui vient d'en reprendre les rênes, est le premier député élu.

Les films Le party, de Pierre Falardeau, et Jésus de Montréal, de Denys Arcand, sortent à l'hiver; à l'automne arrivent sur les ondes de Radio-Canada les téléromans Cormoran et Les filles de Caleb, qui marqueront l'histoire de la télé québécoise.

En octobre, l'ADISQ décerne son Félix Hommage à Gerry Boulet à titre posthume, pour la seconde fois, sauf erreur, la première pour Gilles Talbot en 1982. Au même gala, Céline Dion refuse le Félix de l'artiste anglophone de l'année, une affaire qui fera grand bruit. Gerry et Céline, deux des rares artistes québécois connus par leur seul prénom...

Voyons un peu qui des lauréats de cette année-là, outre Céline Dion, sont «toujours vivants» sur scène...

Interprètes de l'année en 1990: Joe Bocan s'est recyclée dans la radio, mais Mario Pelchat mène de front des carrières de chanteur et de producteur. Depuis quelques années, on a peu vu Laurence Jalbert, découverte de l'année, et Johanne Blouin, lauréate du Félix de l'album pop de l'année.

Pour marquer le 25e anniversaire de leur formation, Les B.B., groupe de l'année (et album rock) 1990 qu'on a revu aux récentes FrancoFolies, donnent plusieurs spectacles cet été (ils étaient au Festival western de Saint-André-Avellin hier) tandis que Rock et Belles Oreilles, spectacle d'humour de l'année 1990, viennent de faire deux fois le Centre Bell.

Des autres lauréats d'un Félix pour un album de l'année, Daniel Lavoie (pop rock), Angèle Dubeau (classique) et les trois musiciens d'UZEB (jazz) - Michel Cusson, Alain Caron et Paul Brochu - sont encore tous actifs dans la musique, tout comme Florent Vollant, l'ancien de Kashtin qui avait gagné dans la catégorie country folk.

La chanson de l'année 1990? Un beau grand bateau, paroles de Denise Boucher, qui était au palmarès quand Gerry Boulet, qui s'était donné à la scène jusqu'au bout de ses forces, a pris le dernier bateau. C'est bien de sa faute si on se parle encore de lui dans son parc...

À l'agenda

Lanaudière - Le quintette manitobain The Duhks (samedi) et le super-banjoïste torontois Jayme Stone (dimanche) sont les têtes d'affiche du 21e festival Mémoire et racines qui s'ouvre vendredi à Saint-Charles-Borromée (Joliette). Programme complet sur memoireracines.org.

Estrie - Le pianiste John Roney reprend à sa façon le célèbre Köln Concert de Keith Jarrett, enregistré en 1975 et devenu le concert de piano solo le plus populaire de l'histoire. Samedi au Centre d'arts Orford (arts-orford.org).

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