KBG84: les octogénaires de la chanson japonaise

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Hideko Kedamori, 86 ans, mentionne: «Nous sommes toutes en pleine forme».

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Alastair Himmer
Agence France-Presse
Kohoma

C'est une bande de copines qui chantent, dansent et plaisantent sur leur arrivée aux portes du paradis: face aux stars octogénaires du jeune groupe japonais KBG84, les nymphettes n'ont qu'à bien se tenir.

Originaires de l'île méridionale bordée de corail de Kohama, dans l'archipel d'Okinawa, les KBG84, moyenne d'âge 84 ans, admettent volontiers que leur succès les laisse un tantinet perplexes.

On les a vite baptisées sur internet «les idoles les plus proches du paradis», en référence à leur grand âge et au titre d'un célèbre roman de la Japonaise Katsura Morimura, L'île la plus proche du paradis.

Pensez, se faire appeler «idole» à 80 ans passés a de quoi secouer quand on sait que ce vocable est habituellement réservé à des minettes d'à peine 20 printemps qui se déhanchent en maillot de bain ou mini-jupes devant un public masculin magnétisé... Mais «je suis contente qu'on nous appelle idole depuis que j'ai compris que cela signifiait en réalité artiste», sourit la nonagénaire Tomi Menaka.

L'idée de créer cet improbable groupe vient d'un certain Kikuo Tsuchida, musicien qui a vécu plus de 20 ans à Kohama, île de 600 habitants située à l'extrême sud du Japon, près de dix fois plus proche de Taïwan (240 km) que de la mégapole tokyoïte.

Consécration à Tokyo

Le nom KBG84 tourne en dérision l'appellation du plus populaire groupe de filles japonais, AKB48, des starlettes qui caracolent en tête de tous les palmarès musicaux du Japon.

Les 33 chanteuses et danseuses de KBG84, elles, n'en sont pas à vendre des CD par millions comme leurs cadettes, mais égaient quand même le public avec Viens et danse, Île de Kohama au son des instruments à corde traditionnels d'Okinawa adaptés au style de la musique pop japonaise.

Au diable la canne, lorsqu'elle monte sur scène, les jambes de Mme Menaka, 92 ans, ne flageolent plus: «Je ne suis jamais aussi heureuse que lorsque nous chantons» dit-elle, vêtue d'un kimono rayé, foulard rouge ornant sa chevelure.

En concert à Tokyo, elle jubile. «J'ai croisé sur place mes petits-enfants, je ne l'oublierai jamais, j'en suis émue aux larmes», confie-t-elle.

Ce sont les travaux ménagers qui entretiennent la forme de Mme Menaka plus que son régime alimentaire: «je veux de la viande et des choses sucrées», rit-elle sous le regard désapprobateur de la doyenne du groupe, Haru Yamashiro, 97 printemps.

Son secret? «Je reste à l'ombre quand il fait trop chaud, je ne veux pas bronzer, je dois prendre soin de ma peau», explique Mme Menaka. «Je suis encore jeune d'esprit!»

Sa comparse Hideko Kedamori, 86 ans, renchérit: «Nous sommes toutes en pleine forme».

Selon Mme Menaka, toute la petite troupe s'est sentie «comme des étoiles à Tokyo».

«Tout le monde dans le public avait un grand sourire, qui nous a donné l'énergie pour chanter en y mettant tout notre coeur. Nous sommes bénies d'être nées à Kohama. Nos paroles évoquent l'île et la nature, les baleines, les dauphins», juge Mme Kedamori. «Quand, à la sortie, tous les spectateurs nous ont serré la main, je me suis dit, on a réussi!»

Retourner à Tokyo? Sans sourciller, Mme Menaka répond: «Ce serait tout simplement grandiose».

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