Beth Hart: la survivante

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Beth Hart avoue qu'elle est une personne très contrôlante, mais elle dit préférer se laisser guider par son instinct en musique.

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Après le Club Soda et une scène extérieure du Festival de jazz l'an dernier, c'est le Métropolis qui attend Beth Hart, cette fois. Conversation avec une survivante qui obtient enfin la reconnaissance qu'elle mérite après 20 ans de carrière.

En 2012, Beth Hart a eu l'honneur de chanter avec Jeff Beck dans un hommage à Buddy Guy en présence de Barack Obama au prestigieux gala annuel des Kennedy Center Honors. C'est là qu'elle a croisé les deux réalisateurs de son nouvel album, Better Than Home, qui tenaient à travailler avec elle.

Beth Hart est en effet sur une lancée depuis quelques années, à laquelle ne sont pas étrangers les deux albums de reprises de chansons blues et soul qu'elle a enregistrés avec le super guitariste Joe Bonamassa.

«Plus je vieillis, plus je suis reconnue, acquiesce au téléphone la dame qui chante avec ses tripes. Quand j'ai fait mon premier disque, qui n'a pas très bien marché, ma mère m'a dit que si je n'obtenais pas de succès, c'est parce que je ne le voulais pas vraiment. J'ai essayé de lui expliquer que le succès doit venir naturellement pour un artiste. On ne peut pas le provoquer. L'important pour moi, c'était de travailler fort afin de trouver ma vérité et de l'exprimer dans mon travail.»

L'art est une chose formidable, ajoute Beth Hart, pour qui la musique a été une bouée de sauvetage. De fil en aiguille, la conversation bifurque de Buddy Guy à la disparition récente du géant B B. King, qui a profondément attristé son guitariste PJ Barth, ami du monument du blues.

«En même temps, je me réjouis que B.B. King ait pu faire, presque jusqu'à la fin de sa longue vie, de la musique phénoménale qui a touché tant de gens, dit la chanteuse. En revanche, quand Amy Winehouse est morte, ça m'a vraiment perturbée parce qu'elle était tellement jeune et torturée et que les gens se moquaient d'elle. Ça m'a rappelé ma soeur Sharon, qui a eu les mêmes problèmes et qui est morte très jeune, elle aussi. J'ai moi-même souffert d'intoxication aux drogues dures, de boulimie et d'anorexie. Quand Amy Winehouse est morte, je me suis demandé, comme le font apparemment les survivants d'un écrasement d'avion, pourquoi elle n'avait pas survécu alors que moi, si.»

Lâcher prise

Beth Hart avoue qu'elle est une personne très contrôlante, mais elle dit préférer se laisser guider par son instinct en musique. Pour elle, une chanson a sa propre vie et elle va finir par trouver sa place.

«Par exemple, Sky Full of Clover est l'une des chansons les plus fortes que j'aie jamais écrites, et pourtant, j'ai fait trois albums avant de l'enregistrer», rappelle-t-elle.

Quand le hasard a mis sur son chemin les réalisateurs Rob Mathes et Michael Stevens au gala des Kennedy Center Honors, Beth Hart s'est laissé convaincre par les deux hommes qu'il serait intéressant pour elle de s'éloigner un peu du blues pour mettre en valeur ses talents d'auteure-compositrice.

«Je me suis dit que ça pourrait me faire grandir et que, de toute façon, si ce n'était pas bon, personne n'en mourrait. Ce genre d'exercice est plus exigeant pour moi parce que je me retrouve face à moi-même et à mes sentiments. Je me rends compte que la tempête et le chaos font partie de la vie. Finalement, ce fut une expérience incroyablement cathartique, très apaisante et inspirante, si bien qu'à la fin, je me suis demandé de quoi j'avais peur au juste.»

Better Than Home est un disque tout aussi intense que ce que nous a offert auparavant Beth Hart, pour qui le blues est «le punk-rock du gospel» et qui, toute jeune, rêvait plutôt d'être chanteuse d'opéra ou violoncelliste classique.

«Mais je crois qu'à cause de certaines des expériences difficiles que j'ai vécues enfant, j'ai gravité naturellement vers des trucs plus hard rock, blues ou jazz, explique-t-elle. Quand je dis jazz, je pense à une Billie Holiday qui faisait du jazz, mais qui chantait avec tellement de tristesse qu'on l'a étiquetée chanteuse de blues.»

Ce nouvel album, grâce auquel Beth Hart dit avoir renoué avec la petite fille en elle, vient à peine de paraître que déjà la chanteuse nous annonce qu'elle en a un autre à l'étape du mixage, réalisé par Oliver Leiber, un collaborateur de la première heure. Et en 2017, elle retrouvera Joe Bonamassa et le réalisateur Kevin Shirley pour enregistrer un nouvel album de reprises dont la parution devrait être suivie d'une tournée de festivals...

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Au Métropolis le 26 juin à 20h30,

dans le cadre du Festival international

de jazz de Montréal.

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