Will Driving West: en deuxième vitesse

David Ratté et Andréa Bélanger.... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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David Ratté et Andréa Bélanger.

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Comme une Westfalia peinarde sur l'autoroute du succès, Will Driving West roule dans la voie de droite, plus soucieux du voyage que de la destination. Mais avec la conviction d'une expérience durable, d'un horizon qui vaut la peine et le prix.

Le groupe folk formé autour du Gaspésien David Ratté vient de passer en deuxième vitesse avec la parution physique de Fly, jusqu'alors réservé aux clients d'iTunes malgré des critiques et une rumeur enviables. Pour marquer le coup: un budget promo, des apparitions télévisuelles aux heures de grande écoute et, surtout, un lancement en bonne et due forme à la Sala Rossa le 18 mars.

«On aurait peut-être dû réserver une plus grande salle, se réjouit David devant l'engouement qui entoure cette sortie. On n'en revient jamais de voir toutes ces salles pleines partout au Québec. On a du mal à comprendre.» Assise à ses côtés dans un petit café de l'avenue du Mont-Royal, sa partenaire de vie et de scène, Andréa Bélanger, acquiesce.

Le chanteur et la bassiste, mis en relation par un ami musicien, Frank Fuller, ont marié leurs voix pour la première fois en 2010 sur la chanson Thieves, qui apparaît sur le premier opus de Will Driving West, The Breakout. Les deux musiciens, fiancés depuis, ont ensuite recruté la violoncelliste Camille Paquette-Roy (Ingrid St-Pierre), le batteur Benoit Caron et le guitariste Nicolas Ouellette pour étoffer la proposition.

«C'est sur cet album que la contribution de tous est la plus fragrante. Honnêtement, les bouts que je préfère sur l'album ne sont pas de moi», confie David Ratté.

Les quatre saisons de Fly

Et dire que Fly a passé près de ne jamais voir le jour sur disque. Une succession de petits échecs enfouis sous de plus grandes victoires auront permis aux 13 pièces de se frayer un chemin jusqu'aux tablettes des disquaires.

Un contrat de musique de film annulé à la dernière minute? Pas grave, le travail entamé se transposera sur quatre pièces instrumentales post-rock, Eyes Closed, qui deviendront les chapitres, déclinés en quatre saisons, de Fly.

«J'avais fini de composer toute la musique du film, raconte David. Le réalisateur était satisfait, sauf que les producteurs ont décidé au dernier moment qu'ils souhaitaient un autre style de musique.»

Une maison de disques de Vancouver qui lâche le groupe sans avertissement à la toute fin du processus de création? Tant pis, les musiciens se rabattront sur la plateforme de financement participatif Indiegogo. En échange de concerts sur Skype ou à domicile, de soupers fondue en compagnie des membres ou encore de l'inscription de noms des donateurs sur la pochette, Will Driving West espérait amasser 5500$ pour matérialiser sa troisième livraison; il aura finalement récolté 6500$, l'indépendance et un public loyal.

«Ce n'est pas compliqué, on n'existerait pas sans Facebook, sans l'internet. La différence, maintenant, c'est qu'on ne prêche plus seulement aux convertis», affirme David Ratté.

Comme dans un film de Robin Williams

David Ratté l'a réalisé après coup, mais ses pièces renvoient abondamment à la filmographie de Robin Williams, qui s'est donné la mort en août dernier.

Il y a d'abord le nom du groupe, clin d'oeil à la fin du film Good Will Hunting. Puis des paroles grappillées à Au-delà de mes rêves: «When you lose, you win.» Enfin s'est imposé le nom de l'album, Fly, inspiré de Capitaine Crochet, dans lequel Peter Pan ne peut déjouer la gravité qu'à condition de s'en croire capable.

C'est d'ailleurs un long métrage qui a convaincu David de tenter l'aventure musicale à l'âge de 23 ans. Après avoir quitté un emploi de designer chez Ubisoft Montréal en 2008, il a vu le film irlandais Once, qui raconte les tribulations d'un musicien de rue de Dublin. Cela l'a convaincu de s'envoler pour l'Irlande avec quelque 500$ en poche. Là-bas, il chantera sur les pavés de Galway et vivra modestement de sa musique. Surtout, il jettera les bases de projets musicaux à naître, dont Will Driving West est sans doute la plus vibrante matérialisation.

Si le pied de Will Driving West se fait un peu plus pesant sur l'autoroute du succès, il continuera de franchir les jalons à son rythme, d'abord guidé par la musique. Une lenteur nécessaire pour apprécier pleinement le paysage.

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Will Driving West

Fly

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