Musique pour tout le monde

Benoit Archambault signe Les Pourquoi 2.... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse)

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Benoit Archambault signe Les Pourquoi 2.

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Josée Lapointe

Chanter pour les enfants, c'est sérieux. À l'occasion de la sortie de leurs disques respectifs, trois artistes qui consacrent une partie de leur carrière à la musique jeunesse nous l'ont prouvé en répondant à un petit questionnaire.

BENOIT ARCHAMBAULT: Simplicité, humour et authenticité

Claviériste et trompettiste du groupe Mes Aïeux, Benoit Archambault mène en parallèle une prolifique carrière en musique jeunesse, avec quatre disques à son actif. Le disque Les pourquoi 2, qui vient de sortir, poursuit dans la même veine rigolote et musicalement très riche que le premier. Il nous parle du plaisir qu'il trouve à créer pour les enfants.

Q : Si vous deviez dessiner un graphique, quelle part occuperaient les projets jeunesse dans un cercle qui représenterait votre carrière?

R : C'est bien fluide, tout ça... Actuellement, comme je viens de sortir un nouveau livre-disque et qu'une tournée se prépare, la part «projet jeunesse» de ma carrière occupe 80% de mon temps. Mais je ne vois pas de grandes différences entre chacun de mes projets. J'essaie toujours d'écrire la meilleure chanson possible, qu'elle soit destinée à un public adulte ou à un jeune auditoire.

Q : Ça a commencé comment, pour vous?

R : J'enseignais la musique dans une petite école en parascolaire. J'y donnais des cours d'éveil à la musique, de piano et de chant choral. Ce cours me permettait de faire découvrir aux enfants les chansons de Gilles Vigneault, Jean-Pierre Ferland, Félix Leclerc, etc. À la fin, comme les enfants étaient un peu fatigués, je leur offrais une composition rigolote inspirée de leur quotidien. La «chanson de la semaine» est devenue un moment qu'ils attendaient avec impatience! De chanson de la semaine en chanson de la semaine, je me suis retrouvé avec ce répertoire de musique pour enfants. Un premier spectacle a vu le jour, puis un disque et un autre... Je roule ma bosse ainsi depuis bientôt 15 ans.

Q : Chanter pour les enfants, chanter pour les adultes: pareil, pas pareil?

R : Je chante pour un public familial. J'aime m'adresser aux enfants sans exclure les adultes qui les accompagnent. Comme je ne joue pas de personnages, le rapport que j'entretiens avec le public, les enfants comme les adultes, est empreint de simplicité et d'humour. Ma conception du métier de chanteur ne change pas: quel que soit l'âge du public, je cherche l'authenticité.

Q : Aimeriez-vous qu'on vous prenne plus au sérieux?

R : Je n'ai pas l'impression de ne pas être pris au sérieux. J'ai la chance d'avoir un public qui apprécie ce que je fais, mes nombreuses tournées me permettent d'aller à leur rencontre, ce métier m'apporte beaucoup de bonheur... et, bon, à bien y penser, je ne cherche pas nécessairement à être pris au sérieux!

Q : À ceux qui disent que la musique pour enfants ne rentre jamais dans leur maison, vous répondez quoi?

R : Ouvrez la porte! La diversité existe dans ce domaine, il y en a pour tous les goûts, il s'agit d'être curieux. La musique pour enfants peut être une belle porte d'entrée sur la culture, c'est un précieux cadeau à faire aux petits... Et que dire de la joie que procure un coup de coeur familial? Du plaisir d'une balade en voiture remplie de rires et de chansons?

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Les Pourquoi 2. Benoît Archambault. Disques Victoire.

Claude Samson, du groupe Les Petites Tounes, dont... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse) - image 2.0

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Claude Samson, du groupe Les Petites Tounes, dont l'album Les 4 saisons vient de sortir.

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

CLAUDE SAMSON DES PETITES TOUNES: La première rencontre

Q : Aimeriez-vous qu'on vous prenne plus au sérieux?

R : Les enfants nous prennent au sérieux. En ce qui concerne les adultes, c'est à nous de démontrer que notre projet est sérieux. Ce n'est pas parce qu'un sujet est loufoque qu'il ne reflète pas le quotidien des petits. Nous avons beaucoup de plaisir à faire notre métier. Nous le faisons cependant avec rigueur et professionnalisme. S'il est déjà arrivé que le directeur technique d'une salle de spectacle trouve notre fiche technique chargée pour un groupe jeunesse, rares sont ceux qui, une fois le spectacle terminé, n'ont pas compris que c'était nécessaire. Dans notre public, plusieurs en sont à leur tout premier spectacle en salle, on doit tout faire pour ne pas rater cette première rencontre. Ça, c'est sérieux!

Q : À ceux qui disent que la musique pour enfants ne rentre jamais dans leur maison, vous répondez quoi?

R : Il incombe aux parents de contrôler la qualité de ce que leurs enfants consomment: musique, nourriture, télé, web, etc. Dire à son petit: tu vas écouter seulement la musique que j'écoute, tu vas manger seulement ce que je mange, regarder seulement mes émissions, ce serait comme lui dire: cesse d'agir comme un enfant de ton âge! Ce n'est pas tout qui est bon, ce n'est pas tout qui est mauvais. Beaucoup d'adultes disent apprécier notre musique, ce qui constitue un moment privilégié entre le parent et son enfant. C'est quand même 100% des adultes qui ont été enfants un jour et 0% des enfants qui ont déjà été adultes.

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Les 4 saisons. Les Petites tounes. Ambiances ambiguës.

Thomas Hellman partage le micro avec Emilie Clepper... (Photo: Ivanoh Demers, La Presse) - image 3.0

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Thomas Hellman partage le micro avec Emilie Clepper sur le disque La mémé et la mouche.

Photo: Ivanoh Demers, La Presse

THOMAS HELLMAN : Une parenthèse agréableC'est comme interprète que Thomas Hellman a mis son grain de sel dans le monde de la musique jeunesse depuis quelques années. Cet automne, par exemple, il partage l'affiche avec Emilie Clepper dans le livre-disque La mémé et la mouche, à La Montagne secrète. Il y chante les chansons de l'auteur folk montréalais Alan Mills, traduites pour la première fois en français. Travailler pour les enfants, dit-il, lui a redonné le goût de s'amuser en faisant de la musique.

Q : Si vous deviez dessiner un graphique, quelle part occuperaient les projets jeunesse dans un cercle qui représenterait votre carrière?

R : Ce n'est pas une très grande part, peut-être 5 ou 10%. Un peu comme des parenthèses agréables dans ma carrière.

Q : Ça a commencé comment, pour vous?

R : Ça a commencé avec le projet Le géant de la forêt, un conte pour enfants (en musique) d'origine brésilienne. Bia en a fait une adaptation en français pour La Montagne secrète. Ils m'ont invité à faire une chanson en duo avec elle. Mais on a eu tellement de plaisir, et nos voix marchaient si bien ensemble, que j'ai finalement chanté en duo avec elle sur tout le disque. Par la suite, La Montagne secrète m'a invité sur plusieurs projets, notamment les albums de Gilles Vigneault, que je trouve magnifiques d'ailleurs. À mon avis, ses chansons pour enfants sont peut-être ses plus belles. J'ai aussi fait plusieurs spectacles avec La Montagne secrète, notamment des tournées au Canada et en France.

Q : Chanter pour les enfants, chanter pour les adultes: pareil, pas pareil?

R : Pas pareil du tout! Les enfants sont un public très exigeant. Quand ils s'emmerdent, on le sent tout de suite. Ils ne sont pas polis du tout. En même temps, c'est un public qui a une grande capacité d'émerveillement. Ça a quelque chose de magique de voir ces petits êtres qui vivent depuis peu de temps découvrir la musique.

Q : Aimeriez-vous qu'on vous prenne plus au sérieux?

R : Ce projet de musique pour enfants est arrivé à un moment dans ma vie où toute ma carrière me semblait beaucoup trop sérieuse. Parfois, quand on a la musique pour métier, on se prend à oublier que c'est avant tout un jeu. Ce projet m'a fait beaucoup de bien, car je redécouvrais le plaisir de jouer de la musique comme jeu. Dans Walden, Thoreau dit que ce sont les enfants qui, en jouant avec la vie, savent vraiment vivre. Les adultes se prennent beaucoup trop au sérieux. En travaillant sur La mémé et la mouche, les musiciens, Emilie Clepper et moi-même, on souriait tout le temps. C'était à la fois léger et profond.

Q : À ceux qui disent que la musique pour enfants ne rentre jamais dans leur maison, vous répondez quoi?

R : Ils doivent avoir des maisons tristes... Mais sérieusement, il y a des musiques pour enfants comme il y a de la littérature pour enfants. Seulement, la musique, comme la littérature, ne doit pas prendre l'enfant pour un imbécile. Aujourd'hui, beaucoup de contes sont rendus politiquement corrects: La petite sirène de Disney, en comparaison de la version d'Andersen, c'est plus rassurant, mais pas mal plus vide. J'ai beaucoup aimé travailler au projet des chansons d'Alan Mills parce qu'on sent que c'est d'une autre époque: il aborde la mort, la violence, mais avec une certaine légèreté surréaliste. L'art aide à donner un sens au monde qui nous entoure. Pour les enfants aussi. D'ailleurs, ma petite fille écoute des chansons pour enfants tout autant que du Miles Davis.

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LA MÉMÉ ET LA MOUCHE. Thomas Hellman et Emilie Clepper. La montagne secrète.

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