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EM15/Pinch: un peu plus lentement... mais sûrement

La question se pose: en 2014, doit-on encore... (PHOTO FOURNIE PAR L'ARTISTE)

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La question se pose: en 2014, doit-on encore considérer Pinch comme un artiste dubstep? «Je peux comprendre pourquoi les gens m'y associent encore. C'est parfaitement tolérable», répond le principal intéressé.

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On lui doit l'album phare Underwater Dancehall, paru à la fin de 2007. Réalisateur, compositeur, producteur, DJ à la barre du réputé label Tectonic, connu sous le pseudonyme Pinch, l'Anglais Robert Ellis donne enfin son premier concert à Montréal. Bien au-delà d'un DJ set, sa propre musique y est mise de l'avant.

Parmi les instigateurs du dubstep au milieu de la dernière décennie, le résidant de Bristol n'a jamais quitté cette ville qui a été le berceau du trip-hop, mais aussi un château fort des styles jungle, drum'n'bass, dubstep. Et qui demeure une zone d'influence de premier plan sur la planète musique.

Par l'entremise de son étiquette Tectonic, Rob Ellis s'est intéressé à des artistes électro désormais renommés, tels Loefah, Skream, 2562, Digital Mystikz, Distance, Flying Lotus, Joker, Addison Groove et Peverelist. Depuis 2013, un autre label sous sa direction n'offre que du vinyle et des musiques plus ombragées, proches de la house/techno: Cold Recordings.

En 2011, sa collaboration avec le surdoué compatriote Sam Shackleton [sur scène mercredi dernier à EM15] n'est pas passée inaperçue. Depuis l'an dernier, ses collaborations régulières avec le maître Adrian Sherwood (dub, reggae, électro expérimentale) ajoutent à sa crédibilité.

Une étiquette qui colle

En 2014, doit-on encore considérer Pinch comme un artiste dubstep? Joint à Bristol cette semaine, le principal intéressé en dit ceci: «Je tends à me distancier de cette étiquette, mais... Bien sûr, pour une part importante de ma carrière, ce phénomène dubstep est devenu beaucoup plus considérable que prévu. Il m'est aujourd'hui difficile de me dissocier complètement du dubstep, car je peux comprendre pourquoi les gens m'y associent encore. C'est parfaitement tolérable, à condition qu'on accepte de m'accompagner dans mes nouveaux voyages musicaux.»

Cela étant dit, Rob Ellis ne prétend pas aux grandes mutations de la musique qui l'a fait connaître. «Ma musique repose sur les mêmes fondements; le contexte actuel en transforme les contours. J'ai réalisé que plusieurs formes nouvelles peuvent être représentées dans cette expression qui m'est propre. En ce sens, je tiens à ce que ma musique soit considérée comme une évasion. Lorsqu'elles s'intègrent à la normalité, les musiques les plus excitantes perdent leur faculté de surprise et de mystère. Lorsque le dubstep se retrouve dans la publicité, dans la promo télé ou à la radio de grande écoute, son pouvoir décline. Il importe alors de retrouver le sens de la surprise.»

Sauf une apparition éclair, il y a quelques années, Pinch n'a pas donné de vrai concert à Montréal. Il compte y offrir beaucoup plus qu'un DJ set, en misant sur sa propre création.

«Étrangement, j'ai peu joué au Canada. Je travaille beaucoup en Europe, j'ai tourné au Mexique, en Asie, dans le monde arabe, en Océanie, en Afrique. J'ai aussi joué aux États-Unis, j'en garde cette perception: plusieurs fans là-bas semblent aimer des formes assez moyennes de dubstep. L'idée que je me fais du dubstep est plus spatiale, plus cinématographique.»

Fier artiste anglais, très attaché à sa ville, il ne prévoit pas transhumer de sitôt. «Bristol a été une ville très importante pour les styles jungle et drum'n'bass, bien au-delà de la scène trip hop qu'on lui connaît. Prenez Rob Smith, DJ et réalisateur qui a été associé à tant de projets, bien avant la naissance du dubstep: il est encore très actif. La nouvelle scène est encore intéressante avec des artistes tels DJ Die (mon préféré) ou Young Echo. Il y a encore de la profondeur à Bristol. On y trouve aussi du grime et du dub, du folk expérimental et plus encore; le mélange est intéressant, les musiciens ont un sentiment d'appartenance à leur communauté. Oui, il fait bon vivre dans une ville à dimension humaine.»

Quant à Tectonic, le label poursuit son évolution... à vitesse modérée. «Tectonic était au départ une étiquette dubstep. On préconisait un tempo de 140 BPM [140 pulsations à la minute] et, depuis environ 2010, le tempo dominant se situe à 128 BPM: un tempo propice à la danse et au groove, qui permet de mieux imbriquer les figures mélodiques, harmoniques, rythmiques. Pourquoi précisément 128 BPM? Après de nombreux essais, j'ai déterminé que ce tempo convenait mieux pour la suite des choses. Et, lentement, je m'ouvre à d'autres genres que la lignée dubstep.»

Un peu plus lentement... mais sûrement.

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Dans le cadre d'EM15, Rob Ellis, alias Pinch, se produit samedi soir dans le programme Nocturne 4, au Musée d'art contemporain, 22 h.




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