Pouzza Fest: invasion punk-rock au centre-ville

Tête d'affiche de la soirée de demain, Cafeïne... (Photo: Anne Gauthier, archives La Presse)

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Tête d'affiche de la soirée de demain, Cafeïne montera sur scène vers 20 h 45, sur le parterre du Quartier des spectacles.

Photo: Anne Gauthier, archives La Presse

C'est enfin le début de la saison des festivals de musique. Le Pouzza Fest s'installe sur le gazon du Quartier des spectacles pour trois jours jusqu'à dimanche. Outre un spectacle extérieur gratuit de Caféïne demain soir, les amateurs de punk-rock peuvent faire leur choix parmi 200 spectacles pendant que leurs enfants se font maquiller sur le terrain extérieur gratuit.

Mad Caddies, The Hunters, Dillinger Four, Brutal Chérie et les groupes à l'affiche se produiront dans une dizaine de salles, du Théâtre Sainte-Catherine au café Chaos en passant par les Katacombes et le Club Soda.

Depuis l'an dernier, le Pouzza Fest fait partie de la programmation officielle du Quartier des spectacles. «On a travaillé plus fort sur le volet extérieur cette année. On déménage à l'est des balançoires [au coin des rues Clark et Ontario]. Tout est en gazon, donc c'est mieux pour le volet enfants», indique Hugo Mudie.

Oubliez les clowns. Les activités de Pouzza Bambino ont de quoi promouvoir une réputation de parents cool avec des séances de faux tatouages, une murale de graffiti et des spectacles de qualité. On rit encore de ce qu'Hugo Mudie nous a lancé l'an dernier: «Il y a moyen de s'adresser aux enfants sans leur parler comme des mongols.»

Nouveauté: la soirée de cinéma se fera à la belle étoile avec la projection du documentaire The Punk Singer, relatant la carrière de l'icône féministe Kathleen Hanna. La leader du groupe punk Bikini Kill et du trio dance-punk Le Tigre a notamment lancé le mouvement riot grrrl.

En première partie sera présenté un segment de 20 minutes d'un documentaire en chantier sur le Pouzza Fest. «Le concept est de montrer le côté D.I.Y. du Pouzza. Il y a beaucoup de bénévoles et des bands qui traversent l'océan pour participer au festival. C'est l'fun de montrer qu'on peut faire quelque chose d'une autre manière en dehors des grandes entreprises.»

Hugo Mudie tient le Pouzza Fest à bout de bras avec Hélène McKoy, sa partenaire de la boîte L'Écurie. S'ils ont un coup de main du Quartier des spectacles, ils n'ont pas d'aide gouvernementale. «C'est un grand défi pour deux personnes de faire un festival sans subvention, juste avec les ventes de billets et les commanditaires», souligne Hugo Mudie.

Il ne constate pas un engouement particulier pour le punk-rock chez les adolescents, mais il souligne l'attachement des «vieux jeunes» punk-rockeurs. «Des gens comme moi, qui écoutaient du punk-rock à 15 ans et qui sortent maintenant trois ou quatre fois par année. Avec le Pouzza Fest, tous les groupes qu'ils veulent voir sont là pour une rare sortie.»

Avec la longue feuille de route de son ancien groupe mythique The Sainte Catherines, Hugo Mudie a un carnet de contacts bien garni. Il n'a pas le budget de Heavy MTL ou du Rockfest, mais il parvient à rayer plusieurs noms de «la liste des groupes ultimes à inviter au festival» qu'il dresse chaque automne.

Son meilleur coup personnel cette année: Dillinger Four, «un groupe hyper respecté qui joue très rarement». Dans le respect de la tradition punk-rock, Hugo Mudie cite également les noms de 7 Seconds et Dayglo Abortions. De Montréal, le «groupe assez méchant» Dig It UP, le retour d'Issue 16, Barrel Proof et The Hunters, jeune groupe de Québec qui a le vent dans les voiles.

En français, le public pourra voir Brutal Chérie et Barrasso, nouveau groupe de Jonathan Beauregard, ancien membre des Dirty Tricks et de Suck La Marde.

Le quatrième Pouzza Fest a lieu jusqu'au 18 mai. Info: www.pouzzafest.com

Cafeïne

Grande première pour le Pouzza Fest: un spectacle extérieur gratuit sur le parterre du Quartier des spectacles. La tête d'affiche de la soirée: Cafeïne. Il montera sur la scène vers 20h45, mais la soirée aura commencé trois heures plus tôt avec un spectacle acoustique de Sons of Buddha, suivi de Rob Noir, Chuck Coles, The Skinny et Rudy Caya. Demain soir sur le parterre du Quartier des spectacles.

The Hold Steady

The Hold Steady a lancé récemment son sixième album, Teeth Dreams. Le groupe de Brooklyn donne dans le classic rock à la sauce punk. «Chouchou de la critique, pas mal big et respecté aux États, indique Hugo Mudie. Un univers à la Bruce Spingsteen, en plus underground et en plus poétique.» Minuit, dans la nuit de ce soir à demain, aux Foufounes électriques.

Motel Raphaël

Il faut prêter attention à ce trio de filles pétillant, qui lancera son premier album, Cable TV, en juin. Motel Raphaël est programmé dans le volet Pouzza Bambino, en après-midi. Clara Legault, Emily Skahan et Maya Malkin chantent en harmonie sur des airs folk-pop qui plairont aux jeunes. De la musique juvénile de qualité. Demain après-midi sur le parterre du Quartier des spectacles.

Mad Caddies

L'un des groupes les plus connus de la programmation, avec son mélange californien de punk, reggae, folk, pop, ska et hardcore. Et «peut-être le plus accessible», ajoute Hugo Mudie. Le groupe vient de lancer son premier album depuis 2007, Dirty Rice. Un album estival qui a de la gueule. Le groupe se produit au Club Soda après The Flatliners, Morning Glory, The Real Deal et Morgan. Demain soir au Club Soda.

The Menzingers

The Menzingers est l'un des «jeunes» groupes de la programmation du Pouzza Fest. Selon Hugo Mudie, le quatuor de la Pennsylvanie fait le pont entre «les hipsters et les fans de rock plus traditionnel». The Menzingers a lancé son quatrième album, Rented World, le 22 avril. Son punk-rock se distingue par ses chansons accrocheuses dotées d'une légère touche emo. Demain soir aux Foufounes électriques.

Bonsound s'associe à L'Autre Saint-Jean

Parlant d'événements qui récoltent peu de subventions, L'Autre Saint-Jean reviendra en force le 23 juin au parc Pélican après une pause l'an dernier. Un partenariat avec la boîte Bonsound vient assurer la pérennité de l'événement. «On répartit les risques», indique Pierre Thibault, de la boîte C4, créateur de l'événement.

De 2009 à 2012, Pierre Thibault n'en pouvait plus de regarder la météo une semaine avant le 23 juin et de prier les cieux pour du beau temps. Avant le partenariat avec Bonsound, il assumait les deux tiers des risques que l'événement, financé en grande partie par la vente de bière, soit compromis. Son partenaire, le brasseur West Shefford, prenait l'autre tiers. «Là, on se divise les risques en trois.»

C4 a jonglé avec l'idée de demander une somme symbolique de 2$, mais l'arrivée de Bonsound permettra de préserver la gratuité du rassemblement au parc Pélican.

L'Autre Saint-Jean pourra toujours compter sur une commandite de Desjardins, ainsi que sur le soutien du maire de Rosemont-La Petite-Patrie, François Croteau. «Nous avons son soutien depuis le début», souligne Pierre Thibault.

Une entente amicale avec les FrancoFolies empêche Pierre Thibault de nous dévoiler des noms de la programmation. On devrait néanmoins retrouver un artiste du label Bonsound (qui compte Lisa LeBlanc, Radio Radio, Groenland, Philippe B et Secret Sun dans ses rangs), une formation anglophone et une autre évoquant le multiculturalisme.

Pierre Thibault rappelle que le message de L'Autre Saint-Jean est «inclusif» et non associé au patriotisme pur et dur.

Rappelons que L'Autre Saint-Jean est née dans la controverse en 2009, alors que les organisateurs avaient annoncé la présence des groupes anglophones Lake of Stew et Bloodshot Bill dans la programmation.

C4 avait expliqué vouloir célébrer la fête nationale «autrement». L'association culturelle Louis-Hébert, commanditaire du spectacle, avait menacé de se retirer à l'annonce de la programmation bilingue.

Mais tout cela est chose du passé et L'Autre Saint-Jean a pris l'habitude d'attirer les foules au parc Pélican.




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