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Johnny Hallyday à Wilfrid-Pelletier: rendez-vous avec un grand

En une heure et demie, le septuagénaire a... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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En une heure et demie, le septuagénaire a fait revivre tous les Johnny du dernier demi-siècle.

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

De toutes les vedettes que la France a produites depuis 50 ans, il n'en est probablement pas de plus grande là-bas que Johnny Hallyday. Paradoxalement, Johnny est aussi celui du groupe qui a le moins fréquenté le Québec au fil de toutes ces années.

Samedi soir, les 2730 spectateurs enthousiastes qui s'étaient donné rendez-vous à Wilfrid-Pelletier étaient majoritairement de ceux qui le vénèrent. Aux autres, des curieux sans doute, Johnny a prouvé de façon spectaculaire pourquoi, malgré toutes les réserves qu'on a pu entretenir à son sujet de ce côté-ci de la grande mare, il fait partie des grands.

En une heure et demie, le septuagénaire a fait revivre tous les Johnny du dernier demi-siècle depuis L'idole des jeunes et Tes tendres années qu'il a chantées sans faire de clin d'oeil, encouragé par un fan inconditionnel qui lui a crié «t'es jeune, Johnny!»

On a revu le Johnny qui adaptait en français des succès américains de Chuck Berry ou de Creedence Clearwater Revival et dont on aimait bien se moquer chez nous à l'époque. Mais il n'y avait rien de factice ni de forcé quand il a repris I'm Gonna Sit Right Down and Cry (Over You), la chanson rockabilly d'Elvis qui lui a donné envie de faire ce métier, ou quand, en rappel, il a emprunté à Lonnie Donegan sa Dead or Alive.

On a revu le Johnny capable comme pas un de s'approprier une chanson créée par quelqu'un d'autre - France Gall en l'occurrence - quand il a livré sa version bluesée de Diego, libre dans sa tête. Et on a applaudi - que dis-je, acclamé! - le Johnny aux chansons qui ne peuvent appartenir qu'à lui dont Ma gueule, évidemment, et Je suis né dans la rue, à la fois autobiographique et pleine du mythe qu'il s'est construit à sa propre gloire.

Appuyé par sept musiciens et deux choristes impeccables, Johnny a joué tour à tour le rockeur prenant la pose devant lequel vient s'agenouiller son harmoniciste surexcité pendant Gabrielle, l'idole descendant au pied de la scène pour serrer des mains, faire la bise et accepter les fleurs d'une jeune fille qui l'a découvert sur Facebook et à Star Académie, et le chanteur de charme assis sur son tabouret le temps de souffler un peu, faisant avec les doigts le signe de paix qui renvoie à sa période hippie de Fleurs d'amour, fleurs d'amitié.

Ce diable d'homme est encore et toujours un chanteur puissant, intense et dramatique à souhait qui tranche avec l'homme de peu de mots qui dit des banalités entre ses chansons. Tendre pendant Quelque chose de Tennesse, électrisant pendant Que je t'aime, mais toujours charismatique.

Mais c'est quand, à la toute fin, l'écorché en lui a chanté une version dépouillée et toute en vulnérabilité de la chanson-titre de son dernier album, L'attente, qu'il est vraiment venu me chercher. S'il ne devait jamais revenir nous voir, Johnny nous aura laissé sur un souvenir impérissable.




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