Patrice Michaud: étincelles rock

Comme beaucoup d'auteurs-compositeurs gaspésiens, Patrice Michaud a apprivoisé... (PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE)

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Comme beaucoup d'auteurs-compositeurs gaspésiens, Patrice Michaud a apprivoisé la scène bien avant «le monstre» du premier disque, qui a suivi sa victoire au Festival de la chanson de Granby, en 2009.

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Il y a des artistes branchés dont la couverture médiatique est inversement proportionnelle à la feuille de route. À l'inverse, il y a des auteurs-compositeurs qui font leur bout de chemin et qui multiplient les spectacles sans remplir les pages des journaux.

C'est le cas de Patrice Michaud, mais tout pourrait changer avec son deuxième album, Le feu de chaque jour, en magasin mardi. Un album intemporel, fougueux et inspiré, à classer dans une catégorie nettement supérieure à la moyenne pop-rock du Québec.

Comme beaucoup d'auteurs-compositeurs gaspésiens, Patrice Michaud a apprivoisé la scène bien avant «le monstre» du premier disque, qui a suivi sa victoire au Festival de la chanson de Granby, en 2009. «Ça me fait encore peur, mais ça s'amadoue», dit le musicien originaire de Cap-Chat.

Patrice Michaud a toujours été «près des racines folk-rock anglo-saxonnes», mais Le feu de chaque jour se distingue de son premier album, Le triangle des Bermudes. «J'ai fait la paix avec mon country avec le premier disque», raconte-t-il.

«Là, j'avais envie de faire la paix avec l'envie d'être plus rock'n'roll», explique-t-il pendant que Great Balls of Fire de Jerry Lee Lewis résonne dans le café où se déroule notre entrevue. Cette soif de rock n'est pas une parole en l'air; Patrice Michaud a confié la même chose à mon collègue Alexandre Vigneault il y a plus de deux ans.

«J'ai cherché le bon qualificatif. Il fallait que ça veuille, que ça pousse, qu'il y ait une urgence», détaille-t-il avec sa voix grave de conteur.

S'éloigner de soi

Chantée en duo avec Salomé Leclerc, la pièce-titre, Le feu de chaque jour, est portée par le souffle de son texte charnel (le piano rappelle même celui de Neighborhood #1 d'Arcade Fire, que l'on retrouve sur l'album Funeral).

La pièce d'ouverture Des cowboys, des indiens «groove» sur «une espèce de boogie entre les Black Keys et Los Lobos», observe Patrice Michaud.

«Le crash du Concorde est une toune rock'n'roll quasi standard. Elle est plus brune dans la production que les autres, mais je voulais ça, détaille-t-il. J'avais une envie de brasser un peu plus. D'y aller «up tempo» et même un peu pop.»

En studio, Patrice Michaud s'est entouré de collaborateurs de talent qui pouvaient parfaitement répondre à sa direction artistique. François Lafontaine (Karkwa) aux claviers, le batteur Simon Blouin, la choriste Audrey-Michèle Simard et le guitariste André Papanicolaou, qui signe la réalisation de l'album.

«Je suis allé chercher le bon dosage musical qu'il faut pour aller où je veux. François était dans ma lunette depuis un bout. Je voulais cette folie-là. Une folie respectueuse de mon projet, explique-t-il. André, c'est la twist anglo-saxonne pop. Il arrivait dans mes chansons avec son coupe-haie. Ça me faisait chier, mais finalement, il avait raison 99% du temps. Il enlevait le superflu.»

Avec sa plume, Patrice Michaud demeure dans le registre de la chanson malgré ses élans rock. La musique ne fait pas d'ombre aux paroles. «Tu arrives en même temps que les clémentines», chante-t-il sur la ballade Disneyland.

«J'avais envie de musique et de m'éloigner du récit. Pas d'écrire des chansons à histoires. Je n'ai pas réussi, mais ce n'est pas grave. Ça a donné de bonnes tounes quand même! dit-il en riant. Je ne fais ni de la musique ni de la poésie: je fais des chansons.»

La plupart du temps, Patrice Michaud nage dans la fiction plutôt que dans l'autobiographie. Surtout avec cet album dans lequel il décrit un amour fragile ou la passion des premiers instants. «J'ai écrit ce disque-là en voyant mon garçon faire ses premiers pas et en voyant la bedaine de ma blonde s'arrondir. J'ai même eu peur de repiquer la mélodie d'un jouet chez nous.»

La création lui a permis d'«être juvénile, jeune homme et plus sauvage». «Autant je deviens mature dans ma vie, autant je n'avais pas envie de l'être sur ce disque-là. Il y a quelque chose qui est venu chercher le jeune homme en moi.»

Gars de scène

Le premier disque de Patrice Michaud, Le triangle de Bermudes, lui a permis de faire quelque 150 spectacles, de la France à l'Ouest canadien. Pour un auteur-compositeur québécois, c'est énorme.

Le chanteur fait partie des jeunes artistes au style classique et intemporel. Il n'est peut-être pas la coqueluche du moment, mais, mine de rien, il gagne sa vie avec la musique depuis cinq ans. «C'est une grande fierté pour moi. C'est mon travail et c'est vraiment une bonne job. Je ne veux pas que ça s'arrête.»

Son deuxième album n'est même pas sorti qu'il a une trentaine de dates à son agenda au cours des prochains mois. «Avec l'entrain des nouvelles chansons, ça va changer le topo pour le spectacle», se réjouit-il.

Patrice Michaud va tourner avec Simon Pedneault (guitares), Marc Chartrain (batterie) et Mark Hébert (basse). Premier rendez-vous: mardi soir au Lion d'or pour un spectacle-lancement ouvert à tous.

CHANSON ROCK

PATRICE MICHAUD

Le feu de chaque jour

Spectra

>Sortie mardi prochain




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