Siestes acoustiques: s'étendre pour écouter

Quelques artistes québécois participent aux Siestes acoustiques, dont... (Photo: Ivanoh Demers, archives La Presse)

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Quelques artistes québécois participent aux Siestes acoustiques, dont Catherine Major.

Photo: Ivanoh Demers, archives La Presse

Mario Cloutier

Le centre PHI reprend les siestes acoustiques du Français Bastien Lallemant au cours de quatre représentations ce week-end. Histoire de laisser la musique adoucir vraiment les moeurs.

Présentée pour la première fois à Montréal l'an dernier, la formule des Siestes acoustiques avait attiré de nombreux curieux. Le public est invité de nouveau à se reposer en écoutant de belles paroles enrobées de musique acoustique. Une rare expérience de promiscuité entre les artistes et le public.

«C'était assez fantastique!», s'exclame Bastien Lallemant en parlant de l'accueil montréalais en 2013. «Les salles étaient pleines et j'ai découvert une ville que je ne connaissais pas.»

Les siestes sont l'occasion d'inviter des amis québécois et français à offrir de la musique improvisée, inspirée du répertoire de chacun.

L'instigateur du projet, qui fait la promotion de la sieste un peu partout depuis quelques années, s'amène avec ses compatriotes Jeanne Cherhal et JP Nataf. Les Québécois participants seront Catherine Major, Monique Giroux, Klô Pelgag, Émilie Laforest, Joseph Marchand, Evelyne de la Chenelière et Stéphanie Lapointe.

«Les musiciens adorent leur expérience de proximité avec le public, souligne Bastien Lallemant. On improvise beaucoup et, pour eux, cela devient une vraie rencontre, un réel moment de partage, contrairement à ce qui arrive généralement en spectacle.»

Ce bonheur est réciproque, semble-t-il. «Les spectateurs nous disent avoir aimé leur expérience, qu'ils ont l'impression d'être à la maison, dans leur canapé.»

Ronflements permis

Tout y est permis, même les ronflements, mais pas les applaudissements. Le temps de la sieste est sacré.

«On a tous envie de se reposer en écoutant de la musique, ajoute M. Lallemant. C'est très beau, très doux. On y réinvente une nouvelle écoute.»

Les musiciens et les narrateurs sont assis au milieu de la salle. Autour, les spectateurs peuvent s'étendre - ils sont d'ailleurs invités à apporter leur oreiller - et fermer les yeux en percevant d'une nouvelle oreille les chansons et les contes qu'ils reconnaissent parfois.

Les auditeurs de tous les âges sont les bienvenus, mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, les enfants ayant la bougeotte ne représentent pas nécessairement «les premiers clients» de ces spectacles non visuels.

Dans ce contexte propre au recueillement, les images sont générées par le public lui-même. Les auditeurs imaginent ce qu'ils veulent, laissant la musique «colorier un paysage mental», décrit Bastien Lallemant.

Dans la tête du musicien français, il y a encore beaucoup de siestes à faire. Cela ne l'empêche pas de s'apprêter à lancer son quatrième CD en carrière, mais il avoue que les siestes influencent déjà sa musique.

«Ce qui ne fait pas de mal fait du bien, non?», lance-t-il.

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Les siestes acoustiques au centre PHI. Demain et dimanche à 15h et 17h.




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