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Sylvie Paquette: savoir attendre son Jour de chance

Sylvie Paquette aime prendre son temps entre deux... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Sylvie Paquette aime prendre son temps entre deux albums, que ce soit pour collaborer avec d'autres artistes comme Luce Dufault ou Chloé Sainte-Marie, ou simplement pour vivre.

Photo Robert Skinner, La Presse

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«Mon évolution est très lente. Je suis une bouteille de vin, ça va être le fun de la boire mais... dans ben des années!» confie Sylvie Paquette. Lancé cette semaine, Jour de chance est son cinquième album en 20 ans, ce qui justifie l'autodérision de notre interviewée. Hormis quelques autoproductions artisanales bidouillées pendant la décennie précédente, son premier «vrai» fut rendu public en 1993 - Soul Propos. Le nouvel opus arrive cinq ans après TAM-TAM, réalisé par Daniel Bélanger.

«Je pourrais être plus pressée, mais j'ai besoin de ce temps», convient l'interviewée qui ne fait pas ses 50 ans.

«Entre les albums ? Je vis! Je travaille à d'autres projets, j'obtiens des bourses, de petits contrats. Ça finit par s'attacher, ça finit par marcher. Récemment, par exemple, j'ai créé pour Luce Dufault et Sophie Beaudet. J'essaie présentement de composer des musiques pour le nouveau projet de Chloé Sainte-Marie - mise en musique de textes poétiques signées Roland Giguère, Paul-Marie Lapointe... Chloé avait aimé TAM-TAM, on verra bien ce qu'il adviendra de ce travail lui étant destiné...»

Petit train va loin? À l'évidence, Sylvie Paquette préfère distiller l'urgence de se montrer en public. Se laisser porter par l'existence, faire le plein de vie, ne s'exprimer que lorsque cela est devenu absolument nécessaire.

«Parfois, c'est ardu, je dois vivre modestement. Mais prendre son temps a des avantages : certaines chansons arrivent à la fin d'un projet, elles n'y seraient pas si on n'avait pas mis le temps nécessaire. Je ne viens pas de la téléréalité, ce n'est pas mon trajet. J'ai toujours ressenti le besoin de faire mon art, le préciser tranquillement pas vite, de chanson en chanson, d'album en album. De cette manière, j'ai trouvé quelque chose en moi qui m'appartient.»

Trouver sa signature, bien évidemment, implique aussi savoir bien s'entourer. D'abord compositrice et interprète, elle sait néanmoins choisir les textes qu'elle portera :

«J'écris peu, je préfère sincèrement mettre des musiques sur les mots des autres. Martine Coupal, je travaille avec elle depuis TAM-TAM, tout comme Dave Richard. Cette fois, j'ai travaillé avec Moran, Pierre René de Cotret ou Émilie Andrewes - qui est romancière et qui avait envie d'écrire des chansons. L'album se termine avecMarine, un texte d'Anne Hébert tiré de son premier recueil de poèmes, écrit en 1942. Soixante-dix ans plus tard, j'y ai posé une musique bien humblement. Cela peut faire revivre le poème.»

Sylvie Paquette dit laisser travailler ses paroliers sans trop intervenir quoique...

«Il m'arrive parfois de modifier un peu, nuance-t-elle. Jour de chance, la chanson titre, était une ébauche sur laquelle Martine Coupal voulait encore travailler.  Moi je la voulais comme ça, inachevée. De cette manière, cela exprimait un jour de chance complexe, un jour où il faut être capable de dire oui. Tant aux choses difficiles qu'aux heureuses.»

Au-delà des mots, la signature de Sylvie Paquette est musicale. Malgré le conformisme relatif de ses propositions folk-rock ou folk-pop, elle a une patte. Comment faire avancer cette patte?

«La musique et moi, on s'est rencontrés, cela m'a permis de vivre et d'exister. Je ne suis pas  une exploratrice de la musique pour autant. Comme un écrivain ne sait pas tout ce qui s'écrit, je ne connais pas tout ce qui se compose, et je fais quand même quelque chose. Or, si je n'écoute pas plein de musique, je m'entoure de gens qui en écoutent beaucoup.»

Ainsi, Éric Goulet et Philippe Brault ont chacun réalisé plus ou moins la moitié de Jour de chance, en plus d'oeuvrer ensemble à certaines chansons.

«Dès le début du projet, je voulais travailler avec ces gars-là. Gentils garçons, très compétents, et pas de gros égos avec qui négocier. Au départ, javais un peu peur que ce soit trop démarqué entre les deux. Finalement, je ne trouve pas qu'on perçoive deux sons différents, bien qu'on ressente la distinction de chacun. Les guitares électriques et folk, c'est plus le son d'Éric, les arrangements de cordes et autres instruments, c'est plus Philippe. Il faut aussi dire que Jipé Dalpé a arrangé certains cuivres. Ça se mélange bien, ça s'écoute bien, j'en suis très heureuse. Je suis fière d'avoir pensé à eux et surtout chanceuse qu'ils aient accepté, parce qu'ils n'avaient jamais travaillé ensemble.»

Direction artistique réussie, somme toute assurée par la principale intéressée. Sous licence chez Audiogram, Sylvie Paquette a produit elle-même Jour de chance et en a piloté la confection.

«J'ai appris à produire, conclut-elle fièrement. Je faisais tout ça pour la première fois, et je disposais d'un budget modeste. Dans le contexte actuel de l'industrie de l'enregistrement, d'ailleurs je m'estime très chanceuse d'avoir pu faire un album. Lorsque Michel Bélanger (patron d'Audiogram) l'a écouté, il a tout de suite accepté de le prendre en licence. Pour toutes ces raisons, ce travail a une grande signification pour moi.»

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