La comète Céline Dion à Paris

Pour la sortie de son album Sans attendre, elle a enchaîné en solo les grandes... (Photo: Reuters)

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<p>Arrivé dans la capitale française au tout début des années 1970, Louis-Bernard Robitaille est de le doyen des correspondants québécois en France.</p>
Louis-Bernard Robitaille, collaboration spéciale
La Presse

(Paris) Pour la sortie de son album Sans attendre, elle a enchaîné en solo les grandes émissions de télé, sillonné la ville avec son escorte et signé des autographes. Plus de 300 000 albums ont été vendus en trois semaines.

Une tournée de promotion de Céline Dion à Paris, cela ressemble un peu à une visite officielle. En plus petit, mais tout de même. Quand le cortège traverse la ville, on compte deux limousines, un ou deux minibus, des gardes du corps. Devant l'hôtel George V, des barrières métalliques tiennent à distance les centaines de fans qui guettent l'apparition de la star.

À l'intérieur, la famille a pris ses quartiers pour la semaine. «Pendant les déplacements à l'étranger, les hôtels sont nos maisons», explique Céline. Outre René Angélil et quelques membres de la garde rapprochée, on trouve donc les jumeaux, veillés par deux de leurs tantes, et René-Charles, 12 ans, accompagné d'un professeur qui lui donne trois heures de cours chaque jour pour respecter le programme de son école en Floride. Pas question de lui faire perdre deux semaines de scolarité. Même pendant les visites officielles, la vie de famille suit son cours.

Pour la vie tout court, c'est plus compliqué. «Je ne peux pas sortir de l'hôtel sans avoir neuf motards autour de moi, plaisante Céline. C'est comme ça et je ne vois pas pourquoi je m'en plaindrais. On n'est quand même pas malchanceux, ni malheureux. Quand je décide de sortir, je sors, je vais où j'ai envie d'aller, je salue les gens, ça ne m'empêche pas de suivre mon chemin.»

Mercredi en fin d'après-midi. Effervescence un peu spéciale dans la rue Oberkampf, une artère sans histoires de l'est de Paris. Loin des grands studios de télévision, c'est dans un immeuble anonyme, au fond d'une cour, qu'on enregistre chaque jour l'émission C à vous, le talk-show le plus sympathique de la télé française (interviews, chroniques et gastronomie, un million de téléspectateurs).

L'adresse est totalement inconnue, sauf des voisins de quartier. Mais des fans ont réussi à la découvrir. Céline Dion sera la vedette de l'émission et arrivera à 17h. Il y en a donc qui font le pied de grue sur le trottoir, devant le porche. D'autres ont réussi à s'infiltrer dans la cour, parfois même à l'intérieur des lieux de tournage. Ils auront finalement leur autographe. Plutôt vers 17h45, car le cortège officiel a quitté le George V avec une bonne demi-heure de retard.

Nouveau frémissement dans les environs. ILS arrivent. La petite troupe fait son apparition au travers de la cour intérieure. Céline, une assistante française, une assistante québécoise, une maquilleuse, des représentants de la maison de disques, deux gardes du corps... Sur le plateau technique, on entend: «Dégagez le passage vers la loge!» L'enregistrement (en léger différé) durera à peu près une heure. Suivra l'interview à La Presse: 20 minutes.

On «dégagera le passage» à nouveau, 10 minutes plus tard, et l'équipe Dion remontera dans ses équipages, direction les grands studios de la banlieue nord de Paris, à la Plaine Saint-Denis, pour l'enregistrement de Cha-ba-da, émission hebdomadaire consacrée à la chanson française. «Cette fois ce ne sera pas long», dit l'assistante française. On en a pour deux heures au maximum.»

Depuis l'arrivée du clan à Paris, le 21 novembre, les journées de travail sont bien remplies. Et fructueuses. Le samedi 24, Céline est entrée en studio en fin d'après-midi pour en ressortir à minuit. France 2, la principale chaîne de télé publique, lui consacrait une soirée spéciale de plus de deux heures, animée par Michel Drucker (et Véronic DiCaire), où venaient lui rendre hommage Johnny Hallyday, Patrick Bruel, Michel Sardou et quelques autres.

Résultat: avec un pic à 4,8 millions de téléspectateurs, Céline Dion a réussi l'exploit de faire jeu égal avec TF1, le grand chef de la télé privée.

Le mardi 27 (très long) enregistrement de Vivement dimanche, le talk-show hebdomadaire de Michel Drucker (diffusion le 2 décembre), suivi d'un autre numéro de Cha-ba-da. Et pour terminer, mise en boîte le jeudi 29 d'une «spéciale Noël» pour la chaîne NRJ 12. «Cette fois, on en aura jusqu'à minuit», dit la même assistante.

Entre-temps, Valérie, l'attachée de presse française aura casé ici et là quelques interviews radio ou «papier» à des rares privilégiés et, surtout, refusé un nombre incalculable de demandes. «Je plains Valérie d'avoir à dire non à tant de gens, nous dit Céline. Mais en même temps, c'est l'avantage de la longévité dans la carrière. Mes journées sont chargées, mais ça n'a rien à voir avec ce que je faisais avant. C'était de la folie! Aujourd'hui on me choisit ce qui est strictement nécessaire. Je prends la crème de la crème.»

Un traitement médiatique royal qui donne ses fruits. Mis en vente le 5 novembre, Sans attendre, trois semaines plus tard, était à son troisième disque platine, soit 300 000 exemplaires dans les bacs en France (sans compter les quelque 200 000 explemplaires vendus au Québec). Céline s'est installée d'office en tête des meilleures ventes et y reste.

«En deux ou trois mois, on aura sans doute vendu un demi-million. Un démarrage beaucoup plus fort que D'Elles, qui a terminé sa carrière à ce niveau-là», dit-on chez Sony Musique.

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D'une marche à l'autre

Dans la loge de l'émission de télé C à vous, où elle a l'air de faire une simple halte, comme une marathonienne qui se dispose à reprendre la course, Céline fait le point sur sa formidable popularité et sa longévité.

«Pourquoi suis-je montée à ce niveau? Pourquoi j'y reste? Qu'est-ce qui a tout déclenché? Est-ce que c'est l'apparition d'Eddy Marnay, il y a longtemps? C'est quoi la raison? Est-ce que c'est moi, ma façon d'être? Est-ce tout simplement la chance? J'ai 44 ans. Je me dis que la roue de la célébrité doit continuer de tourner, que des jeunes vont prendre ma place. Les jeunes fans qui m'accompagnaient au début ont plus de 40 ans. Sauf que maintenant, j'ai des enfants de 8 ou 10 ans avec moi. La roue recommence à tourner, mais j'y suis encore.»

Tant de triomphes, tant de sommets conquis depuis 15 ans. Il y aurait de quoi être, soit blasée, soit enivrée par le succès.

«Ni l'une ni l'autre, dit Céline Dion. Je ne suis certainement pas blasée. Le jour où je le serai, j'arrêterai tout. Je vais vous dire: j'aime ca! J'ai un kick incroyable lorsque je suis sur scène, lorsque les spots sont sur moi! Mais en même temps, je sais que ca s'arrêtera un jour. Peut-être que j'aurai envie de faire du cinéma, il me semble que je ferais une belle vieille au cinéma! Vous savez, le projet de la Callas au cinéma, ce n'est pas fini. Il y a des projets qui s'éternisent, mais parce qu'ils mûrissent...»

Il pourrait donc y avoir une vie en dehors de la scène. «D'une manière, ajoute Céline, j'ai déjà arrêté. Je donnais 200 shows par année à Las Vegas. Maintenant, je me limite à 70. Je sortais un album tous les deux ans. Maintenant, c'est tous les cinq ans. Le reste du temps, je mène une vie normale de mère de famille.»

- Vous êtes la seule chanteuse non américaine à avoir triomphé aux États-Unis, à être devenue numéro un.

- Moi, je ne me suis jamais occupé de cela. Je ne lis jamais les articles dans les journaux. Je ne me regarde pas à la télévision. J'ai horreur de me voir à l'écran. Je ne regarde jamais les charts. Je n'ai jamais raisonné en termes de numéro un ou numéro deux.

D'autres ont perdu la tête d'être montés si haut...

- La différence, c'est que ces chanteurs ont peut-être commencé tout en bas et qu'arrivés au sommet, ils ont été saisis de vertige. Moi, j'ai commencé «ben raide», la tête dans les airs, la tête dans les nuages. Peut-être parce que je me sentais protégée par ma famille. À peine adolescente, je me faisais accroire que je ferais une carrière internationale. Finalement, je n'ai peut-être pas gravi l'échelle; j'ai descendu les marches, une à une, avec l'aide de beaucoup de gens, de mes parents, de René, du public, de tout le monde. En gardant les valeurs de ma famille et mes racines. Je n'ai jamais perdu la tête.»

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