Souvenirs de Simple Plan

  • Jeff Stinco, Sébastien Lefebvre et Chuck Comeau devant une entrée du collège Beaubois, qu'ils ont fréquenté, adolescents. (Photo: Sylvain Légaré, collaboration spéciale)

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    Jeff Stinco, Sébastien Lefebvre et Chuck Comeau devant une entrée du collège Beaubois, qu'ils ont fréquenté, adolescents.

    Photo: Sylvain Légaré, collaboration spéciale

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  •  (Photo: tirée du livre Simple Plan - L'histoire officielle)

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Nous avions rendez-vous au collège Beaubois, à Pierrefonds. Parce que c'est un lieu qui nous a tous marqués. J'y ai fait mon secondaire, avec mes deux frères et ma soeur, alors que mon père était directeur des élèves.

Eux sont quatre (sur cinq) à s'être rencontrés au collège, à la même époque. Avant de fonder Simple Plan, Chuck Comeau et Pierre Bouvier étaient des amis inséparables de deuxième secondaire, à qui un prof de français prescient, Éric Bouin, a suggéré de former un groupe de musique. Bouvier venait d'une famille de musiciens, mais Comeau n'avait encore jamais tapé sur une batterie. Qu'à cela ne tienne!

Jeff Stinco, d'un an leur aîné, s'occupait de la radio étudiante avec Chuck et jouait de la guitare dans son propre groupe. Juste avant notre interview, il a reconnu mon père sur une mosaïque de photos, dans le hall d'entrée du collège. Et s'est souvenu de l'époque où il tentait, tant bien que mal, d'éviter les retenues...

Sébastien Lefebvre, le plus jeune membre du groupe, était voisin de la famille Comeau à Laval et étudiait lui aussi au collège. Il a appris la guitare en écoutant notamment la musique de Reset, le groupe formé, toujours à Beaubois, par Comeau, Bouvier, et quelques-uns de leurs camarades de classe.

Ils n'avaient que 13 ans à l'époque, et jouaient du punk-rock mélodique inspiré de Bad Religion, Green Day ou The Offspring. Leur groupe s'appelait Roach (puis Reset, pour des raisons de droits d'auteur). À leur cinquième spectacle seulement, ils se payaient, à 15 ans, le Spectrum, en première partie d'un groupe punk aujourd'hui oublié.

Il y eut par la suite des disputes et des réconciliations, des défections et des changements de personnel. Puis, en 2002, à l'initiative de Jeff Stinco et de Chuck Comeau, qui avait invité son voisin Sébastien Lefebvre et débauché son ami Pierre Bouvier (ainsi que le bassiste David Desrosiers) dans l'effectif de Reset, Simple Plan a vu le jour.

Dix ans plus tard, le groupe a vendu quelque neuf millions d'exemplaires de ses quatre albums dans une quarantaine de pays. De quoi consoler ses musiciens des railleries qui accompagnent parfois son pop-punk commercial.

Le parcours de Simple Plan, dans le menu détail, est raconté par la collègue du Soleil Kathleen Lavoie dans Simple Plan - L'histoire officielle (Éditions La Presse), en librairie jeudi. Un livre de 300 pages, à mi-chemin entre le scrapbook et la biographie, truffé d'anecdotes et d'images inédites pour les légions d'amateurs de ce groupe au sens aigu de la mélodie. Une version anglaise du livre sera publiée à la fin du mois et un DVD devrait suivre.

«Bien des gens au Québec pensent que notre succès est arrivé du jour au lendemain, raconte Jeff Stinco, de retour brièvement d'une tournée en Amérique du Sud avant de repartir pour l'Espagne et l'Inde. C'est faux. Il y a beaucoup d'idées préconçues sur Simple Plan. On a voulu raconter comment les choses s'étaient vraiment passées.»

Le livre, illustré à la manière d'un album souvenir, s'apparente à une biographie autorisée, mais évite les écueils de l'hagiographie. Kathleen Lavoie aborde aussi les périodes plus difficiles: le succès mitigé d'un troisième album éponyme et son impact sur le moral du groupe. «On voulait que ce soit vrai, dit Chuck Comeau. Que le livre ne soit pas qu'un outil promotionnel.»

C'est donc l'histoire, pas toujours rose, d'un groupe très ambitieux, qui n'a pas hésité à frapper à la porte des studios new-yorkais dès ses débuts, et qui a connu un succès phénoménal à l'étranger, au Japon notamment, ainsi qu'aux États-Unis, avant d'être pleinement reconnu au Québec. Il a fallu un passage à l'émission Tout le monde en parle, en 2005, pour que Simple Plan, qui vendait des millions de disques à l'étranger, devienne aussi populaire au Québec.

«On n'arrivait pas à remplir le Métropolis, mais à la fin de la même année, on a fait salle comble au Centre Bell», raconte Sébastien Lefebvre. Au Japon, c'était déjà la folie furieuse depuis un moment. Et les musiciens, aujourd'hui dans la jeune trentaine, de raconter comment ils avaient été attendus par une horde d'adolescents en liesse dans une gare de Tokyo, au point d'être convaincus que les Backstreet Boys se trouvaient dans un wagon voisin.

Aux États-Unis, où Simple Plan s'est fait connaître en première partie des spectacles de Sugar Ray, les chansons du premier album, No Pads, No Helmets... Just Balls, tournaient abondamment à la radio, comme les vidéoclips à MTV.

«Au Québec, ce n'était pas ça! se rappelle Jeff Stinco. Les gens nous demandent souvent pourquoi on est allé vers les États-Unis. La réponse vient d'un problème. En réalité, il n'y a personne au Québec qui était vraiment intéressé par Simple Plan. Ce qui jouait à la radio, c'était Kevin Parent, Éric Lapointe. On ne trouvait pas notre place.»

Bien des observateurs avaient vu en Simple Plan un feu de paille. Mais le groupe est toujours là, et vient de connaître l'un de ses plus grands succès (en Europe, notamment) grâce à la chanson Summer Paradise, une ballade pop à laquelle participe Sean Paul. «C'est ce qui me rend le plus fier, dit Sébastien Lefebvre. Que l'on soit encore tous là, les cinq mêmes gars qu'au début, ce qui est hyper rare. Et quatre albums plus tard, on a encore du succès.»

Un succès qui s'explique, disent-il, par la fidélité d'un public qui se renouvelle sans cesse, et par les efforts qu'ils investissent dans leur carrière. Malgré les railleries... «Il y a toujours eu un genre de snobisme vis-à-vis du groupe, dit Chuck Comeau. On a toujours été un peu dans le camp des négligés ou des incompris, même si le mot est un peu fort. Le groupe n'est pas respecté à 100%. Il faut toujours se battre pour faire la preuve de notre pertinence. Ça fait partie des raisons qui ont fait qu'on a survécu. Ça nous a rendus plus soudés et plus forts. On n'a pas le goût d'arrêter!»

Dans 10 ans, Simple Plan existera-t-il encore? «On réalise comment c'est précieux ce qu'on a bâti, dit Comeau. Notre amitié, notre groupe. On veut préserver ça et continuer. Pourquoi arrêter?» Et Jeff Stinco d'ajouter: «On ne lâchera pas. On aime trop ça!» Que les détracteurs se le tiennent pour dit.

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Simple Plan - L'histoire officielle. Éditions La Presse. 304 pages (en librairie jeudi).

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