Julien Sagot: musicien libre

Julien Sagot profite de la pause que se... (Photo Robert Skinner, La Presse)

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Julien Sagot profite de la pause que se sont accordée les membres de Karkwa pour présenter un premier disque solo tout en textures et en tableaux.

Photo Robert Skinner, La Presse

Free. C'est un mot que Julien Sagot répétera souvent, avec son accent français, en entrevue. Surtout connu comme percussionniste du groupe Karkwa, il sort mardi un premier album solo, Piano Mal.

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Piano Mal, de Julien Sagot.

Julien Sagot est né à Paris dans une famille où il y avait peu d'interdits. «Je faisais l'école buissonnière et ma mère signait mes absences, raconte-t-il. C'était pas mal free chez nous.»

Les parents de Julien ont décidé de déménager à Montréal quand il avait 13 ans. Et la musique, ça remonte à quand? «J'ai commencé les percussions en allant jouer aux tam-tam le dimanche, se souvient-il. J'aimais le côté tribal de l'affaire, le côté liberté et naïf. C'est important pour moi dans la compo de garder cette innocence.»

À l'âge de 16 ans, Sagot a rencontré le claviériste François Lafontaine, «qui travaillait chez un disquaire». Sans le savoir, l'être «éparpillé» et «musicien autodidacte» qu'est Sagot allait faire partie de l'un des groupes rock francophones les plus marquants de son époque.

Karkwa a sorti quatre albums, dont le dernier, Les Chemins de verre, qui a obtenu le prix Polaris remis au meilleur album canadien, a été certifié disque d'or, mais qui a surtout engendré plusieurs tournées qui ont pris fin l'automne dernier. Des tournées à la fois stimulantes et éprouvantes pour des musiciens et pères de famille... Si bien que Karkwa a décidé de prendre une pause d'un an pour mieux s'inspirer et se ressourcer pour la suite des choses avec différents projets personnels.

Mais depuis trois ans, Julien Sagot bricolait un album ici et là quand il était sur la route ou de retour à la maison. «Une pause avec Karkwa, ça me permettait de me concentrer sur mon projet.»

Le projet en question est des plus intéressants. Ce n'est pas un disque de chansons, mais de tableaux sonores cinématographiques avec une signature musicale forte qui rappelle Timber Timbre, Tom Waits, Dead Man's Bone et même Arthur H ou Jean Leloup parfois dans le chant nonchalant. Ajoutez des arrangements qui vont dans tous les sens, des motifs sonores «hypnotiques» et répétitifs, éléments ajoutés de musique contemporaine, genre que Sagot affectionne particulièrement. «J'écoute toutes sortes de musiques. Ça me ferait plaisir que l'album soit classé musique du monde.»

«J'aime créer des univers qui m'aident à ouvrir les chansons, pour les textures et les ambiances, dit Sagot. Avec Karkwa, je me suis retrouvé dans un univers assez pop, alors que moi, j'ai toujours été éparpillé.»

»Laboratoire du son»

Le musicien aime cette idée de «laboratoire du son», d' «alchimiste» de la musique, avec le récit d'un personnage-narrateur. «Je voulais changer ma voix, me trouver un personnage, un raconteur... J'aime la narration, les choses qui sont racontées pas nécessairement avec des couplets et des refrains.»

«Si j'avais eu plus de temps, ajoute-t-il, j'aurais fait une seule histoire pour tout l'album pour que ce soit encore plus cinématographique.»

Julien Sagot s'est entouré du guitariste Simon Angell (Patrick Watson, Thus Owls) et du musicien folk-rock Leif Vollebeck (qui a aussi comme imprésario Sandy Boutin). «Si je m'étais trouvé seul avec Simon, l'album aurait été plus éclaté, mais Leif nous calmait en nous ramenant à un cadre de chanson.

Quoi qu'il en soit, les chansons de Piano Mal ne sont pas que le fruit d'un trip de gang. L'auditeur y prend un grand plaisir comme s'il partait en voyage. On passe de la chanson française (Une vieille taupe) au rock (Le temps des vendanges), en passant par des pièces halloweenesques (Le trucifié) et une mélodie au piano magnifiquement illuminée par des harmonies vocales (La palissade).

Et pourquoi Piano Mal? C'est le titre d'une sculpture (Infiltration homogène pour piano à queue) de l'artiste allemand Joseph Beuys, qui a recouvert un piano à queue d'une couverture en feutre grise qui a un gros motif de croix rouge. «Le piano, pour moi dans la vie, a toujours été là pour me sécuriser dans mes maux.»

Au fait, parlait-il de maux ou de mots? Qu'importe.

Piano Mal, de Julien Sagot. Simone Records.




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