«Un bon batteur, c'est quelqu'un qui a du swing et qui peut vous faire danser. Si un batteur parvient à vous faire danser, il vous ramène en Afrique, aux racines de tout», explique-t-il lors d'un entretien avec l'AFP.
Qu'est-ce qui l'a fait tomber amoureux du jazz? «Le swing» encore est toujours. «Je ne peux pas être plus précis que ça, c'est à la base de tout», estime-t-il.
Le batteur se produira dimanche à Paris au New Morning avec son quartette «The A, B, C & D of Boogie-Woogie». Le lendemain, il sera une des têtes d'affiche de la 24e édition du festival «L'estival» de Saint-Germain-en-Laye (près de Paris) où se produiront également Joyce Jonathan et Stacey Kent jusqu'au 8 octobre.
En parlant du jazz et de la France, un souvenir lui revient en mémoire: «Quand j'avais 17 ans, ce qui fait un bout de temps maintenant, je suis allé à Paris pour voir Bud Powell (réputé pianiste de be-bop). À l'époque les amateurs anglais de jazz devaient «aller en France» pour en écouter, souligne-t-il.
Charlie Watts a découvert le jazz à 13 ans avec son voisin Dave Green, le «D» de «The A, B, C & D of Boogie-Woogie».
«Nous écoutions ensemble Duke Ellington, Chet Baker et Charlie Parker et c'était tout ce que nous rêvions de faire, raconte-t-il. C'est ce qu'il fait d'ailleurs, il est devenu bassiste de jazz. Et moi, je joue tout ce qu'on me paye pour jouer».
Musicien acclamé par ses pairs et de membre du plus grand groupe de rock en exercice, Charlie Watts affiche une modestie sans faille.
Il prend soin de souligner que «The A, B, C & D of Boogie-Woogie» n'est pas «son» groupe et que tous ses membres (le quartette est complété par les pianistes Axel Zwingenberger et Ben Waters) ont «leur propre carrière de leur côté».
Lui, ne se considère pas comme un musicien de jazz. Autodidacte de la batterie, il a appris à jouer à l'oreille. «Je ne suis jamais allé dans une école apprendre à jouer du jazz. Ce n'est pas ce que j'aime. Ce que j'aime dans le jazz, c'est l'émotion», dit-il, notant qu'il y a toujours eu une «grande prétention dans le milieu».
La musique qu'il joue avec son quartette, le boogie-woogie, est «faite pour s'amuser, pour danser, pour passer une bonne soirée en tapant du pied», explique-t-il. Nul besoin de jouer de complexes mesures asymétriques pour «vous amuser».
Jouer dans un quartette de jazz intimiste et dans des stades avec les Rolling Stones n'est pas si différent, assure-t-il.
«L'un est juste amplifié et sur une plus grande échelle tandis qu'avec l'autre est plus petit et plus calme», estime-t-il.
Son meilleur souvenir sur scène? «Je n'en ai pas vraiment un. La plupart des musiciens s'intéressent à ce qui vient après. Si le concert de la veille a été génial, on veut que celui du jour soit aussi bon», dit le musicien.
L'année prochaine, les Rolling Stones fêteront leur 50 ans de carrière, mais le batteur se montre peu prolixe à ce sujet.
C'est «principalement la maison de disques» qui marquera le coup, peut-être avec un documentaire, avance-t-il.
«Je suppose que, si nous parvenons à nous réunir, nous ferons quelques concerts», mais «je doute que nous fassions une tournée», avertit-il.