Dan Aykroyd fête le blues au Metropolis

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Donnie Walsh, du Downchild Blues Band, entouré des... (Photo fournie par le producteur Rubin Fogel)

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Donnie Walsh, du Downchild Blues Band, entouré des Blues Brothers: Elwood (Dan Aykroyd), à gauche, et Zee (James Belushi), à droite.

Photo fournie par le producteur Rubin Fogel

Alain de Repentigny
La Presse

Les Blues Brothers n'auraient jamais existé sans le Downchild Blues Band, affirme Dan Aykroyd. C'est pourquoi le célèbre comédien canadien ne s'est pas fait prier pour participer au concert du 40e anniversaire du groupe de blues torontois, ce jeudi au Métropolis. Conversation avec l'alter ego d'Elwood Blues.

«La première fois que John Belushi est venu me voir à Toronto, en 1973, -il faisait du recrutement pour National Lampoon Radio-, il m'a suivi au 505, un petit bar dont j'étais propriétaire et où jouait l'album du Downchild Blues Band, Straight Up, raconte Dan Aykroyd au bout du fil. L'instant d'après, nous discutions de la possibilité de former notre propre groupe. Nous étions inspirés à ce point! Plus tard, nous avons enregistré deux de leurs chansons: Everything I Need (Almost) et Shotgun Blues (sur l'album Briefcase Full of Blues des Blues Brothers).»

Participer au concert célébrant le 40e anniversaire du Downchild Blues Band, jeudi au Métropolis (et à Ottawa et Toronto, vendredi et samedi), c'est comme boucler la boucle pour Aykroyd: «J'encourage les jeunes, surtout les guitaristes, les batteurs, les bassistes, les claviéristes, à venir avec leurs parents voir des maîtres musiciens de calibre international. C'est une occasion unique de voir James Cotton, par exemple, le dernier représentant de la génération de joueurs d'harmonica électrique de Chicago.»

Outre Aykroyd et Cotton, le Downchild et leur leader Donnie Walsh auront d'autres invités de renom: le légendaire trompettiste Wayne Jackson des Memphis Horns, le guitariste Colin Linden, Nanette Workman, Bob Walsh et Jonas. Aykroyd sera le maître de cérémonie, mais il n'est pas exclus qu'il sorte son harmonica pour jouer du blues avec ses amis: «C'est leur 40e anniversaire, pas le mien, mais si Donnie le veut bien, je vais sûrement jouer une chanson, peut-être celle que je viens d'enregistrer avec eux (You Don't Love Me, sur l'album I Need a Hat).»

Un habitué de Montréal

Avant de connaître la gloire et la fortune à l'émission Saturday Night Live puis à Hollywood, Dan Aykroyd a passé sa jeunesse dans l'est de l'Ontario, entre Kingston et Ottawa, où il vit encore trois mois par année. Né d'une mère canadienne-française, Aykroyd, qui parle «le français de Hull, mais plutôt rouillé», a nourri sa passion du blues par de fréquentes visites à Montréal.

«J'ai vu James Cotton et Wilson Pickett à l'Esquire Show Bar -la boîte mythique de la rue Stanley- et Sam and Dave à l'Expo 67, dit-il. Ça a changé ma vie. Mon premier contrat comme acteur, c'était au Café André, rue Crescent. Je me suis toujours intéressé aux histoires criminelles de Montréal, je lisais Allô Police. J'étais à Montréal le soir où René Lévesque a été élu premier ministre; mes amis et moi sommes allés au défilé de la victoire.

C'était une soirée très vibrante, mais nous avions des sentiments partagés: on sait combien les Québécois sont fiers de leur culture, mais en tant que Canadiens d'Ottawa, nous étions inquiets parce que le Québec occupe une place importante dans nos coeurs. Je reviens souvent à Montréal, j'aime la façon dont on a retapé le boulevard Saint-Laurent et j'adore le Latini.»

Dan Aykroyd donne fréquemment des spectacles avec le Blues Brothers Formal Classic Revue. Le soir de l'Halloween, son Elwood Blues est monté sur la scène de la House of Blues de Las Vegas avec Brother Zee Blues, James Belushi, «le frère de sang de Brother Jake», le regretté John Belushi. Il prête son nom à une entreprise vinicole de la vallée de Niagara, une passion à laquelle il a été initié par le légendaire guitariste Steve Cropper. Il est également «consultant fondateur» de la chaîne de boîtes House of Blues, vendue à Live Nation en 2006, et son Elwood Blues anime depuis 17 ans la House of Blues Radio Hour.

Est-ce qu'on lui parle plus souvent des Blues Brothers ou de Ghostbusters, son autre grand succès hollywoodien? «Ça se vaut pas mal, mais il y a toute une génération de filles de 18 à 35 ans qui ne connaissent pas les Blues Brothers, les Ghostbusters ou les Coneheads, dit-il. Pour elles, je suis le papa de My Girl, le film avec Anna Chlumsky et Macaulay Culkin. C'est vraiment étrange!»

Aykroyd a rédigé le scénario d'un troisième film Ghostbusters, dont l'adaptation en jeu vidéo connaît un succès fou depuis 1986, et il n'attend que le financement pour lancer la production. «J'évalue nos chances à 80%», dit-il.

S'il a pu exploiter le filon des chasseurs de fantômes, c'est grâce à son arrière-grand-père qui a transmis sa passion pour les médiums et les séances de spiritisme aux générations subséquentes de la famille Aykroyd. À 87 ans, son père Peter vient tout juste de lancer un livre sur le sujet: A History of Ghosts: The True Story of Séances, Mediums, Ghosts and Ghostbusters, dont Dan signe la préface.

«La moitié des gens n'y croient pas, ils sont sceptiques et c'est très bien ainsi, dit Aykroyd. Mais l'autre moitié croit qu'il existe un univers invisible, comme le sont les ondes de la radio et de la télévision.

-Il paraît que votre mère fait partie des sceptiques?

-Oh absolument! Une bonne dame canadienne-française comme Lorraine Gougeon penche du côté de l'explication plus conventionnelle. C'est ce qui m'a gardé dans le droit chemin pendant toutes ces années avec elle.»

Le 40e anniversaire du Downchild Blues Band, au Métropolis, le 12 novembre, 20h.

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