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Le CRTC impose des seuils de nouvelles locales aux télédiffuseurs

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e CRTC a publié mercredi un avis de consultation qui déclenche le processus de renouvellement de licences de télévision détenues par les grands groupes de propriété.

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La Presse Canadienne

Après des années de compressions et de réduction de temps d'antenne, la programmation et l'information locales à la télévision se voient donner un peu d'oxygène par les autorités réglementaires.

Le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a en effet annoncé mercredi qu'il imposera de nouveaux seuils minimaux de nouvelles locales aux télédiffuseurs et lance une consultation à cet effet, dès maintenant, en vue d'audiences publiques en novembre. Les décisions sur d'éventuels nouveaux seuils d'information locale seront connues au moment du renouvellement des licences des diffuseurs privés.

Le CRTC note que «l'émergence de nouvelles technologies a facilité l'accès (...) aux actualités provenant d'ici et d'ailleurs», mais il reconnaît du même souffle que les nouveaux médias n'ont ni les ressources ni l'expertise requises pour remplacer les nouvelles locales traditionnelles.

Or, les télédiffuseurs qui ont cette expertise ont vu leurs revenus de publicité péricliter au profit de ces nouveaux joueurs et ont conséquemment réduit la production et l'information locales.

La directrice du Centre d'étude des médias et professeur de journalisme à l'Université Laval, Collette Brin, estime qu'il est plus que temps d'intervenir.

«Il y a une diminution des ressources accordées à l'information locale. Certaines communautés sont vraiment plus affectées que d'autres, tous médias confondus, et on sait que les revenus (des médias) baissent», a-t-elle rappelé en entrevue avec La Presse Canadienne.

Dès maintenant, toutefois, le CRTC permet aux grands distributeurs privés comme Vidéotron de cesser de financer une télé communautaire à Montréal, où l'on juge l'offre locale suffisante, et de réduire de moitié le financement de ses télés communautaires dans les autres villes pour réorienter l'argent vers la production d'information locale dans les antennes de TVA en région.

«On permet aux grands groupes qui ont à la fois un distributeur et des stations locales de prendre l'argent alloué à leur canal communautaire pour le mettre dans vos stations locales commerciales», a expliqué en entrevue téléphonique le gestionnaire de la télévision francophone au CRTC, Guillaume Castonguay.

«Dans les grandes villes de plus d'un million, comme Montréal, les citoyens sont déjà très bien desservis en programmation locale. Donc le Conseil permet aux distributeurs de complètement réorienter l'argent à leurs stations locales», a-t-il ajouté.

«Dans les villes de moins grande taille, le Conseil a jugé que les stations communautaires servent au reflet local. Ce sont souvent seulement les stations communautaires qui couvrent le conseil municipal, par exemple. Donc, le Conseil a seulement permis la réallocation de la moitié des fonds de ces stations», a aussi précisé le porte-parole.

Le CRTC évalue à près de 67 millions les ressources qui seront ainsi libérées à travers le Canada.

Par ailleurs, le Conseil annonce la création d'un Fonds pour les nouvelles locales indépendantes, qui mettra quelque 23 millions à la disposition des stations indépendantes pour la production de nouvelles locales.

Au Québec, ce fonds appuiera les opérateurs indépendants - V-Télé, RNC Média et Télé Inter-Rives - à Montréal, Québec, Gatineau, Trois-Rivières, Sherbrooke, Saguenay, Rouyn-Noranda, Val d'Or, Rivière-du-Loup et Carleton.

Cet ajout de fonds servira aussi à déterminer le seuil minimum de nouvelles qui seront requises des télédiffuseurs locaux, a indiqué M. Castonguay.

«Il y aura discussion à l'audience de renouvellement des licences avec les diffuseurs pour voir à la lumière de leur niveau historique, mais aussi à la lumière des nouvelles ressources que le Conseil annonce, quelles vont être les exigences futures», a-t-il dit.

Du côté des télés communautaires indépendantes, le CRTC maintient le modèle actuel d'hébergement par les câblodistributeurs, qu'il qualifie de succès, mais il impose de nouvelles mesures pour assurer une programmation à contenu local et faire en sorte que la plus grande partie du financement soit dirigée vers la production plutôt que vers des coûts de fonctionnement.

Colette Brin salue l'initiative du CRTC, mais se garde une bonne dose de scepticisme.

«Pour l'instant, ce qui est proposé n'est pas très contraignant. On n'est pas encore très précis concernant la production de nouvelles ou de contenu d'information; on parle de programmation locale en général», note-t-elle.

«Le CRTC donne une petite carotte et montre un peu les dents. Il faudra voir ce que ça va donner concrètement au fil des prochains mois», conclut-elle.

Pour l'instant, le CRTC maintient à cinq heures par semaine la programmation locale exigée des télédiffuseurs en région, mais cette norme sera sujette à révision lors du renouvellement des licences des télédiffuseurs.

De leur côté, les stations de langue anglaise devront diffuser au moins sept heures de programmation locale dans les marchés régionaux et 14 heures par semaine dans les marchés métropolitains, dont celui de Montréal.

Pourtant, selon l'organisme, la moyenne hebdomadaire d'heures d'écoute des nouvelles canadiennes est de plus de 28 % du total d'heures d'écoute chez les francophones et de plus de 23 % chez les anglophones.

Le CRTC a publié mercredi un avis de consultation qui déclenche le processus de renouvellement de licences de télévision détenues par les grands groupes de propriété.

L'audience publique pour examiner les demandes des groupes de langue française, soit Bell, Corus, Québecor et Groupe V, aura lieu à partir du 22 novembre 2016 à Laval.

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