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Une Québécoise sur les traces de Donald Trump

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S'affichant fièrement comme féministe, Elizabeth Plank ne considère pas que cette prise de position contrevient à l'objectivité exigée des journalistes. «Je suis une femme et je suis pour l'égalité, il me semble que c'est logique», répond-elle.

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(New York) Montréalaise d'origine, New-Yorkaise d'adoption, Elizabeth Plank couvre sa première campagne présidentielle pour le site Vox.com. Rencontre avec une journaliste qui carbure à l'adrénaline.

Elle a 29 ans et de l'audace à revendre. Arrivée dans la Grosse Pomme il y a trois ans avec en poche une maîtrise de la prestigieuse London School of Economics, diplômée de McGill, Elizabeth Plank vient d'être repêchée par le site d'information Vox.com, où elle anime 2016ish, une série sur la campagne présidentielle américaine.

Difficile à croire, mais la jeune femme n'avait absolument aucun plan de carrière lorsqu'elle est arrivée à New York pour suivre son amoureux de l'époque, de qui elle est séparée aujourd'hui. Ses débuts en journalisme, elle les doit à Mic.com, un site d'information qui débutait à peine lorsqu'elle y a été embauchée comme «blogueuse féministe stagiaire».

C'est chez Mic qu'Elizabeth Plank a lancé Flip the Script, une série de reportages vidéo sur des sujets à caractère social qui a connu un formidable succès pour une si petite boîte. «Nos 16 épisodes ont récolté 65 millions de vues, rappelle Elizabeth Plank, rencontrée aux bureaux new-yorkais de Vox il y a quelques jours. À lui seul, un des épisodes a été vu 16 millions de fois.» Ces chiffres - véritable monnaie d'échange dans le milieu des médias numériques - lui ont ouvert la porte des médias traditionnels. Plank est devenue correspondante à l'émission Shift Krystal Clear du réseau d'information continue MSNBC, en plus de participer ponctuellement à ABC, Fox News, Al Jazeera, BBC World, etc. 

«C'est allé très vite, c'était un peu épeurant.»

La méthode Plank? Donner une voix à ceux et celles qu'on entend rarement, prendre la nouvelle du jour à contrepied, traiter l'actualité avec originalité et un brin d'impertinence, une approche qui s'inscrit tout à fait dans la lignée des Michael Moore, Jon Stewart et autres, et qui résonne très fort auprès des «milléniaux», cette génération que les grands médias courtisent avec assiduité.

Parmi ses récents reportages, Liz Plank (c'est sous ce nom qu'elle s'est fait connaître aux États-Unis) a interviewé le premier ministre Justin Trudeau lors de sa visite à New York et a mené un vox-pop auprès de jeunes conservateurs américains en leur posant des questions farfelues du genre: préférez-vous manger du kale durant un an ou voter pour Donald Trump? On vous laisse deviner la réponse...

Au moment de notre rencontre, elle revenait du fameux dîner des correspondants à Washington et s'apprêtait à couvrir les primaires de l'Indiana, qui avaient lieu ce jour-là. «Les choses vont vite, je sens beaucoup de pression, mais en même temps, c'est une opportunité incroyable», note la jeune femme.

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Elizabeth Plank a interviewé Justin Trudeau lors de la visite du premier ministre du Canada à New York. 

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Féministe et objective

Une des forces d'Elizabeth Plank, c'est sa compréhension intuitive des réseaux sociaux, qu'elle utilise de façon hyperactive. Et elle ne se gêne pas pour y afficher ses couleurs. «J'ai toujours eu des opinions très fortes, je pensais travailler un jour pour une organisation où je pourrais les faire avancer, explique celle qui est à l'origine de plusieurs campagnes virales sur Twitter. Puis j'ai découvert les médias sociaux, et j'ai compris que c'était la meilleure façon de faire avancer mes idées.»

Parmi les causes qui lui tiennent à coeur: le féminisme. Son pseudo sur Twitter et Instagram: @Feministabulous. Que pense-t-elle de la fameuse objectivité qu'on impose aux journalistes? N'entre-t-elle pas en conflit avec ce féminisme fièrement affiché? «Je ne vois pas en quoi cela viendrait nuire à mon objectivité journalistique, lance-t-elle avec aplomb. Je suis une femme et je suis pour l'égalité, il me semble que c'est logique.» 

«J'ai lu récemment quelque chose que j'ai beaucoup aimé. Quelqu'un disait: on devrait arrêter de se dire féministe et on devrait plutôt dire des gens qui ne se disent pas féministes qu'ils sont sexistes. Je trouve que ça a beaucoup de sens...»

À propos des réseaux sociaux, Elizabeth Plank observe plusieurs changements depuis qu'elle est entrée dans le métier. À son avis, Facebook, qu'elle utilise surtout de manière professionnelle, va finir par supplanter YouTube pour la diffusion des vidéos. «C'est là que je rejoins les gens avec mes vidéos, et la réponse est excellente», dit-elle. Quant à Snapchat, elle n'en revient pas de sa popularité fulgurante. «Quand j'ai commencé à l'utiliser, il y a deux ans, c'était pour envoyer des vidéos à ma meilleure amie à Montréal. Sur mon Snapchat, je montre un autre aspect de ma personnalité. C'est 99 % personnel, c'est de la pizza, des amis, des choses folles que je me permets de faire parce que c'est éphémère. Mais c'est aussi devenu un média en soi [la fille du magnat de la presse Rupert Murdoch, Elizabeth, a annoncé il y a quelques jours son intention de lancer un média exclusivement sur Snapchat]. Les gens me reconnaissent dans la rue et me disent: "J'aime vraiment ton Snapchat." C'est un peu fou!»

Chez Vox.com, Elizabeth Plank fait partie d'une équipe de journalistes qui ont été modelés par une approche plus traditionnelle, plus vieille école. Vit-elle un choc des cultures? «Je ne vois pas d'inconvénient à être plus encadrée, assure-t-elle. J'aime travailler avec Ezra Klein, c'est quelqu'un qui vous pousse à plus de rigueur, et j'aime apprendre. Mes positions sont encore plus fortes et mon travail encore plus rigoureux si j'ai plus d'information et de données pour les appuyer.»

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