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Décès de Jean Lapierre: des collègues sous le choc

Paul Arcand, animateur de Puisqu'il faut se lever,... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Paul Arcand, animateur de Puisqu'il faut se lever, l'émission du matin au 98,5 FM.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

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Jean Lapierre était l'un des chroniqueurs les plus influents au Québec, notamment en raison des nombreuses tribunes sur lesquelles il commentait chaque jour l'actualité politique. Hier, après la confirmation de son décès, ses collègues les plus proches lui ont rendu de vibrants hommages. En voici quelques-uns.

Paul Arcand: «C'est un coup de poing»

Lorsque le décès de Jean Lapierre a été confirmé à l'émission Montréal maintenant au 98,5 fm, hier, l'animateur Paul Arcand a été très émotif face à la perte de son collaborateur depuis 22 ans.

«On passe notre vie à couvrir des tragédies, des drames, mais on arrive à garder une distance. Cette fois-ci, ce n'est pas pareil. C'est personnel, c'est extrêmement difficile. Jean, tu vois, ça fait 22 ans [qu'on travaille ensemble]. Il est au rendez-vous tous les matins, dès 7 h. Demain matin [NDLR: c'est-à-dire ce matin], ce sera l'émission la plus difficile à faire, et je ne sais pas encore ce que je vais faire. Sincèrement... C'est bang, c'est un coup de poing», a affirmé l'animateur à son collègue Paul Houde.

«J'ai parlé à Jean lundi après-midi. Il était absent pour ses vacances, qu'il passait en Floride avec sa famille. Il m'a parlé du décès de son père. Il me disait en riant "Mon père me connaissait bien, il est mort une semaine où les deux Parlements ne siègent pas". Par la suite, il m'a raconté qu'il serait absent pour le reste de la semaine parce qu'il partait pour les Îles. Il était un peu inquiet de la météo, mais il disait "Je connais les Îles, je sais comment ça se passe"... Mais je le sentais inquiet», a poursuivi l'animateur.

«Quand je suis rentré à la maison en début d'après-midi, que j'ai ouvert l'ordinateur et que j'ai vu l'accident aux Îles avec un avion privé [...], j'ai eu une espèce de pressentiment. Je me suis dit "Ça ne se peut pas". Je l'ai texté. J'ai écrit "Es-tu OK? Je viens de voir la nouvelle sur l'accident." J'ai ensuite essayé de l'appeler, mais un moment donné, tu te rends à l'évidence», a raconté Paul Arcand.

Paul Houde: «Nous sommes dévastés»

Paul Houde fait de la radio depuis 41 ans et hier a été pour lui la journée la plus difficile de sa carrière. «J'étais touché au plus profond de moi-même», a expliqué l'animateur à La Presse.

«Jean, j'étais l'un de ses millions d'amis. Il y avait du monde qui l'haïssait, qui disait "c'est un maudit séparatiste", alors que d'autres disaient plutôt "c'est un maudit fédéraliste". Chaque fois, il répondait que les gens avaient le droit à leur opinion et que c'était surtout correct qu'ils s'expriment», s'est remémoré l'animateur.

«Nous sommes dévastés par l'amplitude de la tragédie. Nicole [la conjointe de Jean Lapierre], on la connaît. Moi, je pleure Nicole comme je pleure Jean. Je pleure aussi ses frères et soeur. On parle de huit personnes qui seront enterrées aux Îles-de-la-Madeleine, si l'on inclut le père de Jean, décédé après avoir combattu le parkinson. Comme dimension tragique, c'est aberrant», a affirmé Paul Houde.

Mario Dumont: «C'était un homme du peuple»

Mario Dumont connaissait Jean Lapierre depuis 26 ans. Pour lui, son collègue et ami était avant tout «un homme du peuple».

«Il aidait la population à mieux comprendre les enjeux politiques. Il était en contact avec le monde, il n'a d'ailleurs jamais connu la défaite en campagne électorale. Plus tard, quand il est revenu [dans les médias], il prenait un malin plaisir à écouter ce que les gens avaient à dire sur les politiciens», a expliqué l'animateur de LCN à La Presse.

«Ça fait 26 ans que je le connais. Au début, il était député libéral. C'était à l'époque de la création du Bloc québécois. Il ne voulait pas que le parti soit trop associé au Parti québécois et cherchait des nationalistes pas péquistes à Québec. Moi, j'étais chez les jeunes libéraux. Je répondais à cette définition», a poursuivi l'ancien politicien.

«Aujourd'hui, tout le monde louange le chroniqueur politique. Il était le chroniqueur le plus influent au Québec. En termes d'impact, certainement, mais aussi au nombre des tribunes qu'il avait. Tout le monde appréhendait ce que Lapierre avait à dire, tous les matins», a conclu M. Dumont, dont la chronique de ce matin dans Le Journal de Montréal est consacrée à Jean Lapierre.

La grande famille de TVA pleure l'un des siens

Les journalistes de TVA Nouvelles, où Jean Lapierre collaborait, ont appris la nouvelle du décès de leur collègue en direct, hier. C'est le chef d'antenne et journaliste Pierre Bruneau qui l'a annoncée aux téléspectateurs en fin d'après-midi. La vice-présidente aux communications du Groupe TVA, Véronique Mercier, nous a fait parvenir les réactions provenant de la salle des nouvelles.

«J'ai été l'un des premiers à l'accueillir à TVA. Jean était un homme tellement généreux. Il avait la générosité de donner et de recevoir. C'était un homme charmant, passionné et travaillant. Il avait toujours une pensée pour tout le monde et n'oubliait jamais nos anniversaires. Je me souviendrai toujours de Jean Lapierre comme un homme de coeur.» - Le chef d'antenne Pierre Bruneau

«J'ai beaucoup de peine, ce sera le bulletin de nouvelles le plus difficile que j'aurai à animer ce soir. Il y avait le Jean Lapierre en ondes et celui en privé. Personne n'a idée comment il a aidé les gens partout où il passait. Je n'ai d'ailleurs jamais vu quelqu'un aimer la vie comme lui. C'était aussi un homme très près de sa famille. Mes pensées sont bien sûr avec sa mère et ses enfants. Au niveau personnel, la vie vient de m'arracher un frère. Je remercie la vie de l'avoir côtoyé et de l'avoir eu comme ami, c'est un très grand privilège.» - Le chef d'antenne Paul Larocque

«La vie est trop brutale... On parle matin et soir des drames des autres et, un après-midi d'orage, au milieu d'une semaine de vacances qui célèbre la vie, on apprend la mort d'un collègue précieux et unique, dans les circonstances les plus inqualifiables. J'ai manqué de souffle en entendant la nouvelle. Comme tant d'auditeurs et de téléspectateurs fidèles, je n'y ai pas cru. Comment croire que cet infatigable bonhomme, analyste unique, curieux de tous ses semblables, fabuleusement bien branché, bon vivant, rigolo, éternellement souriant, ne soit plus devant nos yeux ou dans nos oreilles ? J'ai une peine immense, pour sa pauvre maman, ses proches, sa fille, son gendre, les collègues qui se traînent comme des âmes en peine aujourd'hui, dans combien de parlements, de bureaux d'avocats, de salles de nouvelles. Bon voyage, Jean. Ce n'était pas celui que tu avais prévu pour célébrer tes 60 ans cet été avec toute ta famille. Tu nous donneras les dernières nouvelles du ciel avec ton accent des îles si coloré, si beau...» - La chef d'antenne Sophie Thibault

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