Voir renaît aujourd'hui

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Président du conseil du journal Voir, Alexandre Taillefer est fier de la maquette du nouveau mensuel qui est publié aujourd'hui.

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Les nouveaux propriétaires de Voir, Michel Fortin, Hugues Mailhot et Alexandre Taillefer, lancent aujourd'hui le nouveau magazine mensuel gratuit Voir qui remplace l'hebdo puis bimensuel créé il y a 29 ans par Pierre Paquet. Une renaissance ambitieuse marquée par un virage culturel et commercial qui vise à encourager l'économie locale du Québec.

Voir renaît aujourd'hui. Le journal gratuit qui avait connu tant de succès à Québec et Montréal avant la croissance de l'internet n'était plus que l'ombre de lui-même avec ses 16 pages. Quand Alexandre Taillefer et ses associés de XPND Capital l'ont racheté au printemps dernier, l'objectif était de le convertir en un mensuel imprimé qui compléterait de façon optimale le site voir.ca.

Voir renaît dans une formule magazine de 76 pages, sobre, papier glacé, nouveau logo Voir plus moderne, la fameuse une qui a fait sa renommée avec la photo pleine page, quelques signatures renommées (Monique Giroux, Franco Nuovo, Normand Baillargeon, Alexandre Taillefer), des dossiers de fond, l'actualité culturelle et des articles sur les restaurants du mois. Le tirage de départ est de 50 000 exemplaires à Montréal et de 25 000 à Québec.

Derrière la nouvelle maquette, il y a Simon Jodoin, le rédacteur en chef et directeur du développement web qui a également conduit la refonte du site voir.ca. Il signe dans ce premier numéro une chronique de style manifeste sur la nécessité de «résister» aux «deux ou trois fabricants de tablettes et de portables» et de continuer à encourager le média imprimé.

Marketing

Alexandre Taillefer considère le nouveau Voir comme «une dépense marketing», dit-il, afin de lutter contre les réseaux sociaux et le mal qu'ils font au commerce local et aux médias locaux. 

«On a vendu aux annonceurs de Voir qu'on était des irréductibles Gaulois et qu'on combat Facebook et Google avec les autres médias locaux, dit-il. Un peu comme les taxis contre Uber. On est tellement stupides que quand on parle d'une pièce de théâtre, le théâtre met ça sur Facebook pour faire la promotion de notre article alors que Facebook devrait être seulement de la référence d'amis.»

Le défi publicitaire sera intimement lié au marketing chez Voir. Dans le premier numéro, la pub est présente, mais pas surabondante. Plus de la moitié des 26 annonces proviennent d'organismes culturels (théâtres, salles de spectacles), de bars et de restaurants.

La chanteuse et mannequin Charlotte Cardin, qui a... - image 2.0

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La chanteuse et mannequin Charlotte Cardin, qui a failli remporter la première édition de La voix au Québec, a été choisie pour la couverture du premier numéro du mensuel Voir.

«On a vendu 100 % de l'objectif publicitaire qu'on s'était fixé.»

La vitalité du mensuel dépendra de la pub et du dynamisme de la Boutique Voir, ce concept créé sur le web qui désormais vendra des billets de spectacle et des abonnements pour augmenter les revenus culturels de Voir

Le mensuel va donc concurrencer la Vitrine culturelle. «On n'a pas le choix, dit Alexandre Taillefer. Aujourd'hui, le nerf de la guerre, c'est le marketing. Si on ne met pas d'argent dans le marketing, on ne générera pas de revenus de billets. Au Québec, on a tendance à ne pas faire suffisamment de marketing, surtout dans le domaine culturel.»

Le système de la Boutique Voir - qui vend à ses lecteurs des bons d'achat dans des commerces tels que bars et restaurants - représente 80 % des revenus du journal. «Si on n'avait pas ça, ce serait la fin des haricots, dit Alexandre Taillefer. Mais ça marche très fort. Les rabais partent toujours très vite, parfois en une minute! On va développer ce système de bons d'achat dans la culture, les institutions financières, les constructeurs automobiles et les câblodistributeurs pour que les lecteurs aient des réductions et que nos partenaires y gagnent en publicité.»

La culture d'ici

Pour l'homme d'affaires, il est important de soutenir le secteur culturel de même que l'économie locale, autant à Montréal qu'à Québec. «On veut encourager la culture d'ici et d'ailleurs, car ça ouvre les horizons, mais au niveau du commerce, on veut encourager le petit café, le petit restaurant et le petit marchand plutôt que Starbucks, Wal-Mart et Amazon, dit-il. Il en va de notre survie collective.»

Alexandre Taillefer pense qu'avec le «million de lecteurs de Voir chaque mois», le nouveau mensuel pourra se sortir de sa mauvaise passe financière grâce à la vigueur et à l'élargissement de la Boutique Voir, un concept qui pourrait être repris prochainement par d'autres médias locaux avec lesquels il veut s'associer.

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