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Pour le Pentagone, un reporter peut être un «combattant illégal»

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Le Pentagone indique «soutenir et respecter le travail vital fourni par les journalistes».

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Agence France-Presse
Washington

Le Pentagone se trouve sous le feu des critiques lundi pour avoir estimé, dans une récente série de recommandations, que les correspondants de guerre, comparés à des espions, pouvaient dans certains cas être traités comme des «combattant illégaux».

Ces recommandations étaient passées relativement inaperçues à leur parution en juin dans le nouveau manuel de Droit de la guerre du ministère de la Défense (Defense Department's New Law of War Manual).

Mais dans un éditorial lundi, le New York Times les a fustigé et demandé leur retrait, avertissant qu'elles pourraient rendre la couverture de conflits armés par les journalistes «plus dangereuse, lourde et sujette à la censure».

De manière générale, les journalistes sont des civils qui doivent être protégés, estime le manuel.

Mais dans certains cas dont les contours ne sont pas clairement définis, les journalistes peuvent être considérés comme des «combattants illégaux», catégorie qu'ils partageraient par exemple avec les membres d'Al-Qaïda.

«Écrire sur des opérations militaires peut être très similaire au fait de collecter des renseignements ou même espionner», spécifie le manuel.

«Un journaliste qui agit comme un espion peut être soumis à des mesures de sécurité et puni s'il est capturé. Pour éviter d'être confondus avec des espions, les journalistes devraient travailler ouvertement et avec la permission des autorités compétentes».

Pour le manuel, «les États peuvent avoir besoin de censurer le travail des journalistes ou prendre des mesures de sécurité pour qu'(ils) ne révèlent pas d'information sensible à l'ennemi».

Cette mise à jour du manuel ne constitue «pas une autorisation pour quiconque d'agir à l'encontre des journalistes», a expliqué lundi le lieutenant colonel Joe Sowers, un porte-parole du Pentagone.

«Ce n'est pas une règle et le manuel n'est par nature pas directif», a-t-il ajouté.

Mais pour le New York Times, il s'agit d'une «grave atteinte à la liberté de la presse».

«Les dirigeants autoritaires à travers le monde pourraient s'en servir pour montrer que leur traitement despotique des journalistes -- dont des Américains -- est largement en accord avec les normes érigées par le gouvernement américain», estime le quotidien.

Associer espionnage et journalisme, poursuit le Times, nourrit la propagande des régimes qui discréditent les journalistes occidentaux en les accusant à tort d'être des espions.

Des accusations rejetées par le Pentagone, qui indique «soutenir et respecter le travail vital fourni par les journalistes». «Leur travail de collecte et de publication d'informations est essentiel aux sociétés libres et à l'état de droit».

La Commission de protection des journalistes (Committee to Protect Journalists) avait également critiqué les recommandations le mois dernier.

«À un moment où le leadership international sur les droits de l'homme et de la presse est plus que jamais nécessaire», estimait le CPJ, «le Pentagone a publié un document qui sert ses propres intérêts et participe malheureusement à abaisser le niveau».

Le Pentagone, a expliqué M. Sowers, prendra en considération ces remarques, «au moment où nous cherchons à améliorer et clarifier les questions formulées dans le manuel».

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