Jeff Fillion s'en prend à Raif Badawi

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Jeff Fillion a provoqué bon nombre de controverses au cours de sa carrière.

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Raif Badawi ne peut s'en prendre qu'à lui-même pour ce qui lui arrive et il n'appartient pas au Canada de lui venir en aide, a affirmé hier l'animateur radio Jeff Fillion, sur les ondes de la station NRJ de Québec, ce qui a irrité Amnistie internationale qui voit «plusieurs problèmes factuels avec la position de M. Fillion».

«C't'un cave», a lancé l'animateur au début de son émission du midi. «Il s'est mis dans' marde, qu'il s'en sorte lui-même.»

Le blogueur saoudien a été condamné à 1000 coups de fouet, 10 ans de prison et 1 million de rials (plus de 300 000$) d'amende pour ses textes appelant ses concitoyens à réfléchir sur la place de la religion dans leur société.

Jeff Fillion considère que Raif Badawi connaissait les risques auxquels il s'exposait lorsqu'il a pris la plume. «Essayer de jouer au super-héros, essayer de remettre l'Arabie saoudite avec des valeurs occidentales, faut vraiment être toton.»

Amnistie internationale, qui milite pour la libération de Raif Badawi, soutient au contraire que «l'Arabie saoudite a grandement resserré la répression de toute liberté d'expression» depuis le Printemps arabe, a indiqué la responsable des communications de la section franco-canadienne de l'organisation, Anne Sainte-Marie.

«Raif, pas plus que son avocat, ne pouvait s'attendre à de telles réactions, et surtout à des peines d'une telle gravité», poursuit-elle. Elle ajoute que Riyad est signataire de la Convention contre la torture, «donc elle ne devrait pas avoir recours aux châtiments corporels».

Fillion s'explique

Le directeur général de la station NRJ de Québec, Patrick Côté, s'est porté à la défense de son animateur-vedette.

«Bien que la direction de NRJ 98,9 Québec ne partage pas la vision de Jeff Fillion au sujet de Raif Badawi, nous croyons qu'il exprimait une opinion en tant que chroniqueur et qu'il n'a pas commis de faute ce faisant», a-t-il écrit dans un courriel à La Presse.

Joint par La Presse, Jeff Fillion a nuancé ses propos, en disant trouver «extraordinaire que quelqu'un veuille changer son pays», mais que «la manière qu'il l'a fait, c'était sûr que ça allait finir dans le trouble pis il le savait avant. Ça, c'est cave!».

L'animateur explique qu'il critiquait d'abord le Réseau de l'information de Radio-Canada (RDI), qu'il accuse de parler abondamment de Raif Badawi pour tenter de «mettre dans le trouble le gouvernement canadien».

Jeff Fillion a provoqué bon nombre de controverses au cours de sa carrière. En mars dernier, il avait présenté ses excuses quelques jours après avoir déclaré, en ondes: «La Gaspésie, s'ils n'ont pas de jobs, soit qu'ils déménagent ou bien ils crèveront, c'est-tu assez clair?»

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