• Accueil > 
  • Arts > 
  • Médias 
  • > Allégations de viol collectif: le Rolling Stone poursuivi 

Allégations de viol collectif: le Rolling Stone poursuivi

Le chapitre local de la fraternité «qui a... (PHOTO STEVE HELBER, ARCHIVES AP)

Agrandir

Le chapitre local de la fraternité «qui a vécu 130 jours à l'ombre du soupçon» a annoncé son intention de lancer «toutes les poursuites judiciaires possibles» contre Rolling Stone.

PHOTO STEVE HELBER, ARCHIVES AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Agence France-Presse
Washington

Le réputé magazine américain Rolling Stone a présenté lundi ses excuses et retiré de son site un article de novembre qui avait relayé des accusations non vérifiées d'une étudiante affirmant avoir été violée sur un campus universitaire, un faux scoop qui avait secoué les États-Unis.

À sa place, le bimensuel a mis en ligne un rapport de la prestigieuse école de journalisme de l'université de Columbia qui pointe les erreurs pourtant «évitables» des reporters qui ont conduit à ce fiasco retentissant du magazine icône de la pop-culture.

La confrérie étudiante Phi Kappa Psi de l'université de Virginie, mise en cause dans l'article originel, a annoncé pour sa part son intention de porter plainte contre le magazine.

C'est «l'histoire d'un échec journalistique qui était évitable, un échec qui englobe le reportage, la relecture, la supervision éditoriale et la vérification des faits», relève le rapport de 12 000 mots de Columbia, qui avait été commandé par le magazine, célèbre pour ses enquêtes détaillées.

Publié en novembre 2014, l'article de 8000 mots relayait des accusations portées par «Jackie», une jeune fille qui affirmait avoir été victime d'un viol collectif en 2012 à l'université de Virginie lors d'une fête dans une «fraternité», l'une de ces associations d'étudiants qui peuplent les campus américains.

Sa publication avait créé une onde de choc, provoqué des manifestations d'étudiants ainsi que la suspension des «fraternités» de l'université, ravivant un débat national sur les viols dans les campus et la sécurité des jeunes filles.

La police avait aussitôt ouvert une enquête.

Mais la véracité du drame avait été rapidement mise en doute après des enquêtes d'autres organes de presse, notamment du Washington Post.

Dès décembre, Rolling Stone avait concédé avoir eu tort d'avoir fait confiance à la version de la victime supposée.

Ce faux scoop tombait il est vrai à pic alors que des dizaines d'universités américaines font l'objet d'enquêtes fédérales sur la manière dont elles ont géré des plaintes pour violences sexuelles.

Et les journalistes de Rolling Stone comme leurs éditeurs voulaient tellement publier cet article que les règles «de base, voire routinières» du journalisme n'ont pas été respectées, pointe le rapport de Columbia.

«Déclin des principes journalistiques»

Fonder un article entier sur un seul témoignage est une erreur de jugement, insiste le rapport, pour lequel il n'est pas question de mettre cet échec sur le compte des réductions d'effectifs qui ont affecté le magazine comme tant d'autres médias en difficulté.

«Ce rapport était douloureux à lire, pour moi personnellement et pour nous tous à Rolling Stone», a reconnu le rédacteur en chef Will Dana, dans une note introduisant le texte.

Pour autant, Will Dana a annoncé au New York Times que personne ne serait sanctionné, soulignant notamment que le rapport ne faisait pas de cette erreur «le résultat des méthodes habituelles de travail» de la rédaction.

«Pour Dana, la publication de ce rapport est une punition suffisante pour ceux impliqués», écrit le New York Times.

Selon CNN, Jann Wenner, cofondateur du magazine, a jugé lui aussi que les erreurs commises dans l'article n'étaient ni intentionnelles, ni délibérément trompeuses.

Le chapitre local de la fraternité «qui a vécu 130 jours à l'ombre du soupçon» a annoncé lundi dans un communiqué son intention de lancer «toutes les poursuites judiciaires possibles» contre le magazine et estimé qu'il s'agissait d'un «triste exemple d'un déclin grave des principes journalistiques».

En mars, après cinq mois d'enquête, la police avait estimé n'avoir pas réuni assez d'éléments pouvant confirmer l'existence de ce viol collectif.

Le chef de la police de Charlottesville, Timothy Longo, avait expliqué qu'il «ne pouvait conclure qu'un incident a eu lieu dans la fraternité Phi Kappa Psi ou une quelconque autre fraternité» de l'université de Virginie.

«Cela ne veut pas dire que quelque chose de terrible n'est pas arrivé à Jackie, nous n'avons simplement pas été capables de réunir suffisamment de faits pour le déterminer», avait-il ajouté.

La fraternité concernée avait démenti la version de Jackie, soulignant n'avoir jamais organisé de fête le week-end lors duquel la jeune femme affirmait avoir été violée, ce qu'avait pu vérifier la police.

Aujourd'hui, la police a suspendu mais pas refermé le dossier, qu'elle pourrait rouvrir si des faits nouveaux apparaissaient.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires : Arts

Tous les plus populaires de la section Arts
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer