Montréal dans l'oeil de Berlin

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Les responsables du magazine Flaneur, Grashina Gabelmann, Fabian Saul et Ricarda Messner, ont été invités à Montréal par Manfred Stoffl, directeur de l'institut Goethe (à gauche).

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Mario Cloutier

Montréal, son caractère créatif et cosmopolite, sera à l'honneur dans le prochain numéro du magazine berlinois Flaneur qui sortira en juin.

Ils sont cinq. Ils sont jeunes. Ils sont venus pour apprendre.

Les Berlinois du magazine Flaneur sont en ville pour capter des fragments de l'avenue Bernard et s'en inspirer pendant deux mois afin de recréer la rue et la ville pour leurs lecteurs. Leur leitmotiv: «Une rue est toujours plus grande vue de l'intérieur que de l'extérieur.»

Flaneur, c'est d'abord un concept: comprendre et rendre subjectivement ce qui fait d'une rue et d'une ville ce qu'elles sont. Comme son nom l'indique, ses concepteurs, tous dans la vingtaine - trois rédacteurs (Ricarda Messner, Grashina Gabelmann et Fabian Saul) et deux graphistes (Michelle Phillips et Johannes Conrad) - prennent le temps de «vivre» la rue avant de la restituer.

«Nous faisons la recherche après avoir choisi la rue, explique Fabian Saul. Notre approche, c'est de plonger dans une artère pour en découvrir la richesse et les histoires. Nous travaillons aussi avec des collaborateurs locaux [artistes, photographes, écrivains] qui ont aussi une vision très subjective du sujet. Le résultat est très fragmenté.»

Après Berlin et Leipzig, Montréal sera le sujet du troisième numéro de cette publication qu'on peut déjà trouver dans les grandes capitales: Paris, New York, Berlin et Londres.

Comme les rues qu'il fréquente, le magazine possède une facture unique, hétéroclite, très visuelle et graphique. Cela n'a rien à voir, toutefois, avec un guide touristique ou un reportage journalistique, en plus d'être à contre-courant dans le monde des médias avec son support papier!

«Nous croyons que notre concept est original. Il fonctionne surtout pour le papier, résume Fabian Saul. C'est un objet que les gens peuvent garder pour s'y référer ultérieurement.»

Pourquoi Montréal?

Mais pourquoi Montréal et l'avenue Bernard? C'est à l'invitation du directeur de l'Institut Goethe de Montréal, Manfred Stoffl, que l'équipe de Flaneur est venue ici. L'avenue Bernard s'est imposée d'elle-même. L'équipe y a trouvé un concentré étonnant et éloquent de Montréal.

«Les contrastes y sont frappants, raconte la fondatrice du magazine, Ricarda Messner. L'avenue Bernard change radicalement d'un bout à l'autre. Elle montre bien les visages francophone et anglophone de Montréal. Mais la rue ne relève pas d'une décision stratégique de notre part, c'est davantage intuitif.»

Avant de mettre les pieds dans l'avenue Bernard, les trois complices n'avaient qu'une idée approximative de la ville: les festivals, la scène musicale, dont Arcade Fire, l'identité anglo-franco et le fait que plusieurs Allemands considèrent Montréal comme la petite soeur de Berlin, d'un point de vue culturel.

Ce que leurs premières impressions n'ont pas tout à fait confirmé.

«Je ne crois pas que Montréal ressemble à Berlin, dit Ricarda Messner. On a le sentiment que des choses se passent ici, c'est vrai, mais Montréal est davantage réelle, plus naturelle. Berlin est un peu surestimée.»

«On va à New York et on connaît déjà la ville puisqu'on l'a vue tellement dans les médias et au cinéma. Ici, c'est différent, on se sent rapidement comme chez soi à Montréal. Et la question identitaire, linguistique et religieuse est vraiment fascinante», ajoute Grashina Gabelmann.

Facture unique

Le style de Flaneur n'est pas tout à fait journalistique, mais éminemment créatif et libre, fortement teinté de littérature, d'arts visuels, de design et de musique dans le but d'offrir un panorama kaléidoscopique d'une rue.

«Nous avons toujours des portraits de gens vivant ou travaillant dans la rue visitée, indique Grashina Gabelmann. Le magazine fourmille de fragments subjectifs, alors cette section permet d'être en contact avec l'humanité de la rue.»

Leur travail montréalais diffère quelque peu de ce qui a été fait à Berlin et à Leipzig, note-t-elle. Cette fois, les cinq collègues seront sur le terrain en même temps à Montréal.

«Nos échangeons beaucoup plus ensemble. Nous cherchons toujours à améliorer la publication et l'édition montréalaise sera différente des deux autres avec une utilisation plus grande du cinéma et de la musique, par exemple. C'est une oeuvre collective.»

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Le numéro 2 du magazine Flaneur est en vente chez Drawn & Quarterly, 211, avenue Bernard Ouest.

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Photo: David Boily, La Presse

L'avenue Bernard serlon les rédacteurs de Flaneur

DÉPANNEUR CAFÉ

> 206, avenue Bernard Ouest

Lieu de rencontre préféré des concepteurs de Flaneur, le Dépanneur Café séduit par son ambiance artistique et déglinguée.

Des artistes exposent sur ses murs, d'autres chantent au piano.

Excellent expresso et huit variétés de grilled cheese, dont le Débile Emmenthal.

Lors de la visite de La Presse, l'humoriste Adib Alkhalidey écrivait dans un coin.

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Photo: David Boily, La Presse

FLEURISTERIE DRAGON FLOWER

> 159, avenue Bernard Ouest

On ne peut pas manquer cette boutique avec ses cages d'oiseaux à l'extérieur. Une fleuriste, Tamey Lau, que tout le monde aime.

Quand le petit commerce a été ravagé par les flammes, l'an dernier, tout le quartier s'est donné le mot pour aider l'ancienne reine de beauté de Hong Kong et mère de famille monoparentale.

Une belle histoire comme les aime Flaneur.

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LE BARBIER DU VILLAGE

> 1307, avenue Bernard Ouest

Il a coupé les cheveux de René Lévesque, Robert Bourassa et Daniel Johnson fils. Yves Courtemanche est barbier depuis plus de 40 ans.

Il a beaucoup voyagé et ne se fait guère prier pour en parler. Parmi ses visites: le célèbre Check-Point Charlie, ancien poste-frontière entre l'est et l'ouest de Berlin avant la chute du Mur.

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BOULANGERIE CHESKIE

> 359, avenue Bernard Ouest

Véritable ruche cosmopolite de la fabrication du pain, la boulangerie Cheskie est la propriété d'un couple juif hassidique, mais y ont surtout travaillé des gens d'Amérique du Sud, du Sri Lanka et des Philippines.

Les règles casher y sont respectées à la lettre et les ostentatoires danoiseries au chocolat sont, paraît-il, exquises.

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ANTIQUITÉS LOFT 9

> 162, avenue Bernard Ouest

Où peut-on trouver à Montréal, entre autres, des lithographies signées Dalii et A.Y. Jackson, une sculpture du Français Louis-Jacques Guigues, un piano des frères Hazelton?

Flaneur a découvert un véritable coffre aux trésors dans cette boutique discrète. Comme quoi un magasin d'antiquités est souvent un lieu d'art et de culture.




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