NRJ en plein virage rock

Dans le contexte où les groupes rock francophones... (Photo: Jeannot Lévesque, collaboration spéciale)

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Dans le contexte où les groupes rock francophones sont presque en voie de disparition au Québec, l'arrivée du groupe saguenéen Mordicus ravive la flamme pour de la musique qui ne s'enfarge pas dans les fleurs du tapis.

Photo: Jeannot Lévesque, collaboration spéciale

La formation saguenéenne Mordicus est le buzz NRJ du mois. Un groupe dont le premier album louangé par les critiques, Cri primal, suit les pas de Malajube, We Are Wolves et Galaxie. Du bon vieux rock, quoi.

Le buzz NRJ du mois? Vous avez bien lu.

Nous écrivions récemment un texte sur la cure de jeunesse de CHOM. Le directeur de marque André Lallier a alors attiré notre attention sur le «virage» rock de la station NRJ, qui appartient aussi à Bell Média.

Plusieurs écoutes ont confirmé que le virage rock du 94,3 FM est déjà bel et bien amorcé, sans être brutal. Nous avons entendu Alexandre Désilets, Sally Folk, Alex Nevsky, Arctic Monkeys, The National, Cage The Elephant et Half Moon Run.

Quand André Lallier parle de «virage rock», il inclut l'indie pop (Fun., Foster the People) et le folk-rock (The Lumineers, City And Colour).

Depuis trois semaines, exit Lady Gaga, Katy Perry, Avicii et autres produits dérivés de David Guetta. Le but de la direction de NRJ: se distinguer de ses compétiteurs francophones. «Avoir une identité propre à nous», dit André Lallier.

«Il y a un an et demi, le constat était que toutes les stations étaient relativement dans le même créneau pop», explique le directeur de marque pour CHOM et NRJ.

Avec Rythme FM et Rouge FM, qui voulaient rajeunir leur auditoire et la compétition féroce des stations anglophones pop de type top 40 (Virgin), NRJ se fondait dans la masse avec son rival CKOI. «Or, de par l'énergie de nos animateurs, on a un son assez masculin et on a toujours bien performé auprès des hommes. C'était naturel d'aller là et il y a un trou dans le marché... Reste que l'on constate que beaucoup de femmes nous écoutent aussi.»

Des chansons de Louis-Jean Cormier, Vincent Vallières et Karim Ouellet peuvent très bien s'immiscer entre les nouveautés de Pearl Jam, Kings of Leon, The Fray, Young The Giant, Arcade Fire et Imagine Dragons, explique André Lallier.

«Cette vague de nouveaux artistes francophones» se mêle également bien aux tubes francophones de Kaïn, Jean-Marc Couture et Éric Lapointe, ainsi qu'aux valeurs sûres du catalogue québécois (Colocs, Cowboys Fringants, Vilain Pingouin).

«Dans le fond, la musique francophone cohabite beaucoup mieux avec du rock anglophone qu'avec la pop de Rihanna et Lady Gaga», souligne André Lallier.

Résultat: vous pourriez être surpris d'entendre depuis peu sur les ondes de NRJ des classiques de Guns N' Roses, The Police, Pink Floyd, Metric, The Cure, Tom Petty, Franz Ferdinand, Bruce Springsteen et Tears for Fears. «On parle de hits ici, rappelle André Lallier. Ce n'est pas underground.»

NRJ demeure une station «grand public». «Les gens n'écoutent pas la radio pour s'éduquer, mais pour se divertir. Il faut donner aux gens ce qu'ils veulent entendre, mais en leur faisant découvrir des choses qu'ils n'entendent pas ailleurs. Tout cela se fait étape par étape. Tu leur fais découvrir Arctic Monkeys entre AC/DC et Avenged Sevenfold, puis un mois plus tard, tu leur fais découvrir Alex Nevsky après Arctic Monkeys.»

Pour la directrice musicale de NRJ (Geneviève Moreau) et les différents animateurs de NRJ (Claudine Prévost, Pierre Pagé, Tobie Bureau-Huot), c'est beaucoup plus naturel et dans leurs goûts de promouvoir du contenu rock, ajoute André Lallier.

Un virage attendu

Fred Poulin, cofondateur de la boîte de gérance et de promotion de Caféïne et Mordicus, attendait avec impatience le retour d'une tendance musicale générale plus rock que pop sur les ondes FM. «Ça fait longtemps que je l'espère, que j'ose le prédire.»

Caféïne a traduit des chansons de son dernier album, New Love, essentiellement en anglais. «Devant la compétition, les artistes sont prêts à s'ajuster. Sa chanson Electric joue en anglais à CHOM et en français sur NRJ», dit Fred Poulin.

«C'est très bien que le réseau NRJ ose se démarquer, cela offrira plus de diversité aux auditeurs, dit de son côté Étienne Roy, coordonnateur radio chez Audiogram (Alex Nevsky, Philémon Cimon). Cela dit, il manque toujours à Montréal une station francophone AAA, un format alternatif commercial. Ce type de programmation musicale permettrait à davantage d'artistes de se faire connaître et de pouvoir ensuite passer aux radios top 40.»

Pour un artiste, jouer à la radio constitue une source substantielle de revenus. Les droits d'auteur seront par ailleurs notre sujet de la semaine prochaine.

Mordicus: un groupe à découvrir

Dans le contexte où les groupes rock francophones sont presque en voie de disparition au Québec, l'arrivée du groupe saguenéen Mordicus ravive la flamme pour de la musique qui ne s'enfarge pas dans les fleurs du tapis.

Sorti tout récemment, son premier album, Cri primal, rappelle fortement Malajube et We Are Wolves. Normal, considérant qu'il porte la signature du réalisateur Ryan Battistuzzy, qui a travaillé avec «les jujubes» et «les loups». Au départ, le groupe de Max Desrosiers et Martin Moe devait travailler avec Olivier Langevin.

Mordicus nage en plein rock avec un son et un chant baveux, vifs et viscéraux, et il assume pleinement ses références. Avec certaines chansons, le groupe démontre néanmoins qu'il peut défricher son propre territoire.

Mordicus sera en spectacle au Quai des brumes, le 29 mars.




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